Archives mensuelles : juillet 2010

Maternité : constantes et surprises.

Au niveau de l’espèce quoi de plus banal qu’une naissance. Elle perpétue tout en modifiant légérement, elle est sensée adapter en permanence l’individu à son environnement global par le processus évolutif. En somme rien que de la normalité.

A titre personnel elle est événement, suscite les émotions. Les artistes l’ont en permanence représentée, dans tous les domaines du sensible. J’en retiens trois en peinture. Deux que l’on peut qualifier de ‘classique’ et une plus inattendue dans le traitement de la scène. La plus simple, sobre en moyens est extraite de l’oeuvre de Mary Cassatt : une pointe sèche de 1891, 23,5 x 17,6 cm, des collections du MMA de New-York que j’ai copiée dans Jay Roudebush, Mary Cassatt, Flammarion, 1989, p. 66

mère et enfant par Mary Cassatt 1891

A peine plus complexe d’apparence, des traits à la pierre noire et quelques notes colorées au pastel, nous vient du talent de Whistler : ‘Mother and Child, the Pearl’. Pastel sur papier gris-brun de 18,4 x 27,7 cm, v. 1880-90, conservée à la Freer Galery of Art de Washington. Elle est publiée dans James Abott McNeill Whistler, pastels, par Robert H. Getscher (trad. Pierre Janin), ed. Anthese, Arcueil, 1991, p. 150.

Whistler, mère et fille, la perle.

‘Mère et Fille, la Perle.’

La dernière, sobre mais délicatement réfléchie, est une sanguine rehaussée de blanc qui révèle immédiatement son auteur, Auguste Renoir. Elle mesure 92 x 73 cm, exécutée sur toile préparée. Présentée au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg elle figure dans l’ouvrage récent (2009) édité chez Hazan : Renoir, Pastels, crayons, sanguines, aquarelles par Emmanuelle Amiot-Saulnier, pl. 30 p. 119.

Auguste Renoir, Maternité

deux petits portraits du bambin, comme apparitions dans un nuage, s’accrochent  discrètement dans les volûtes de craie blanche. Des anges en langes ?

Evénement, émotions.

Simone de Beauvoir va jusqu’à écrire quelque part dans ‘le deuxième sexe’ que :

« le mystère de l’incarnation se répète en chaque femme ; tout enfant qui naît est un Dieu qui se fait homme ».

Joie et allégresse pour nous grands-parents de découvrir Benoît le premier jour de sa vie ce 17 juillet 2010. Nous lui souhaitons tout le bonheur du monde, toutes découvertes et tous émerveillements. Exceptionnellement nous dévoilons à nos lecteurs deux images de sa présence parmi nous.

« Lorsque l’enfant paraît… » vers toujours d’actualité…

Benoît

 

Benoît et sa maman

 

s’il pleure je lui ferai entendre Schubert : Mille cherubini in coro

Dormi, dormi, sogna, piccolo amor mio

Dormi, sogna, posa il capo sul mio cor.

De la proximité d’Orléans et de Fontaine-sur-Ay

Si Orléans est connu de tous il n’en est pas de même de Fontaine-sur-Ay modeste village viticole sur les pentes sud de la Montagne de Reims, à proximité d’Ay et d’Epernay.

Le fait de lire ‘viticole’ serait un indice de proximité certain, les vins ayant bonté en rives de Loire et en celles de Marne et même de Livre. Tout vigneron sait cela. J’avais même noté naguère qu’un archevêque de Reims avait fait venir des cépages de Loire et d’Orléans vers la fin du XIV e siècle ; toutefois mes notes étant rémoises et mon séjour paissois je n’ai pas cette assertion sous les yeux et complèterai peut-être un jour prochain. Quoi qu’il en soit je me trouvais tout dernièrement, le 10 exactement, à Fontaine en compagnie d’amis dont certains ont des attaches tant fontainoises qu’orléanaises mais cette privauté n’a pas à tenir lieu de proximité dévoilée.

Alors que reste-t-il à trouver ? Et bien ce que je vis dans l’église de ce village de Fontaine. Quand vous saurez qu’elle a pour patron saint Aignan en personne alors vous serez sur la voie d’Orléans. En effet saint Aignan fut évêque de cette cité aux tous premiers temps du christianisme gaulois. Il serait né vers 358 et est mort en 453. Or dans l’église de Fontaine figure un tableau du XIXe siècle où l’on voit ceci :

siège d'Orléans par Attila

Attila tient haut les cornes, diantre !

Les historiens disent que la scène se déroule en 451 devant Orléans assiégée. L’évêque Aignan échange avec le roi des Huns tandis qu’au-delà des remparts de la ville (vus par des yeux et l’imagination d’un peintre d’autrefois) on devine l’armée d’Aétius le général Romain et celle de Théodoric venues au secours de saint Aignan qui était allé demander leur aide à Arles peu auparavant. Une nuée tempétueuse anime les cieux comme il est fait mention dans les récits d’alors.

Toujours est-il qu’Orléans fut épargnée en partie et que Aignan trouva là le chemin de la gloire (bien que peu fréquente en Champagne la dédicace de plusieurs lieux en France et le patronage de quelques églises ne font pas de doute sur la renommée d’Aignan et sa sainteté dès l’époque mérovingienne) et même celui de la sainteté comme il en fut aussi pour d’autres évêques négociateurs avec Attila, ce dernier n’était point celui derrière lequel l’herbe ne repousse plus -comme les maîtres d’école nous enseignaient jadis, mais un prince des steppes tout aussi cultivé que ses interlocuteurs gaulois et romains ou encore wisigoths et francs.

Où l’on voit donc qu’une proximité bien réelle existe bien entre Fontaine et Orléans mais qu’il était sage de  la démontrer car son chemin n’est pas celui de fer et de certitude qui firent de la ligne Paris-Orléans l’une des premières liaisons régulières de France vers 1840 peu après l’établissement de la compagnie qu’évoque la médaille d’argent ci-dessous gravée en 1838 par Bovy :

Compagnie de Chemin de fer de Paris à Orléans

la Seine et la Loire pour le Chemin de Fer

Aucune nécessité n’impliquait cette illustration sauf à considérer que tous les chemins, même de fer sans doute, mènent à Rome comme l’a assez suggéré ici Aignan dans ses saintes préoccupations pour ses ouailles.