Archives mensuelles : novembre 2010

La révolution de Madame Lagarde

Madame la Ministre de l’Economie de notre nouveau gouvernement vient de comparer le remaniement ministériel à une révolution :

« totalement révolutionnaire », avec un « tour complet à 36O degrés » marqué par un retour « à l’impératif de la solidité (et) du professionnalisme ».

Madame Lagarde est dans le sens physique, géométrique et cosmographique du terme, celui qui ne vient pas en premier lorsqu’on énonce ‘révolution‘ puisqu’en politique le terme fait référence à un changement radical . Elle laisse entendre que ce gouvernement revient en fait au point de départ de 2007 ou alors à un point non établi. Laissons-lui ses propos imagés.

De fait très grande est la difficulté d’illustrer en schémas une idée politique, un concept. J’ai tenté dans le cadre d’une fonction d’enseignement de l’histoire-géographie en lycée d’aborder ce thème au sujet de la Révolution française et j’ai ainsi proposé une lecture singulière de l’une de nos principales références nationales.

Intitulé : Idéographie didactique de la Révolution française, un site internet constitué de graphes évolutifs propose l’analyse synthétique et rapide de la Révolution. En voici un bref aperçu, je ne développe pas ici :

idéographie de la Révolution française

 

des formes en idéographes

idéographe d'un renversement

le mouvement s'est opéré et dessine des cercles

Si vous êtes intéressé par la suite vous pourrez la trouver soit ici : http://jpbrx.perso.sfr.fr/1789/index.htm

soit là : http://membres.lycos.fr/ideo1789 avec de légères variantes.

En classe il était curieux de voir la satisfaction ou le rejet par des élèves de cette nouvelle manière de les faire réfléchir à une question déjà largement présentée en primaire et collège. Certains envisageaient de prolonger  mes graphes ou d’en inventer de nouveaux, d’autres ne comprenaient vraiment pas où je voulais en venir.

Ce qui m’a le plus intrigué ou fait sourire fut le fait qu’un éditeur scolaire avait voulu publier cette recherche dans des documents spécifiques au corps professoral. Un vote du conseil d’administration ne donnait toutefois pas la majorité absolue au projet, des collègues ou inspecteur le jugeant par trop « révolutionnaire« . Et oui l’enseignement en France n’est novateur que par touches homéopathiques, dans une classe éventuellement mais pas dans l’ensemble du système. Et sûrement pas au sujet d’une question aussi chargée de symboles.

Pourtant que fut grande ma surprise de recevoir un jour un mail de l’Université de l’Etat du Victoria en Australie demandant mon accord pour l’emploi de ce site, ou un autre jour, une demande analogue émanant d’un collègue de la faculté de Rabat au Maroc. Ces collègues trouvent plaisante et vivifiante la progression logique de ces graphismes qui parcourent d’un trait les premières années de la Révolution, renforcés par un commentaire approprié et court, à base d’images et de textes très courts. Des collègues français, à titre individuel me signalent parfois utiliser ce site, ce qui implique de leur part un court apprentissage de l’entrée en matière.

Merci Madame la Ministre de m’avoir rafraîchi la mémoire à un moment où je vagabonde en d’autres sphères qui se font, se défont, s’imbriquent et jouent à ma guise. Que seraient les jeux de l’esprit s’ils n’avaient aucun écho dans l’enseignement et que deviendrait l’enseignement si de temps à autre il ne quittait des chemins balisés et sécurisés mais sans rêves d’évasion créateurs d’inventivité ?

Le Monde des blogs : retour dans leur univers

Une précédente note affichait une colère justifiée eu égard au temps considérable passé à rédiger nos notes de blog et suggérait de dénommer ‘Le Monde’ : ‘Lieudit’. Je n’enlève rien à ce que j’ai écrit mais constate toutefois depuis deux jours que le problème semble résolu ou en voie de l’être grâce au concours des techniciens informatiques qui ont dû avoir fort à faire et longuement travailler pour venir à bout de cet accident de parcours.La planète des blogs gravite donc à nouveau dans une lévitation enjouée, du moins dans la plupart des cas semble-t-il selon une maigre vérification personnelle à partir de blogs amis qui ne vaut généralité.

Je remercie ces techniciens de leur précieux concours et accepte avec compréhension les nouvelles demandes d’excuses formulées par le PDG du Monde interactif, M. Philippe Jannet. Il eut été fâcheux que Le Monde ne se soit montré à la hauteur de sa réputation en cette circonstance.

Dans le cas contraire il serait évidemment utile et précieux au repos de l’esprit d’adopter en toute circonstance l’attitude de Thérèse d’Avila et de bien d’autres chrétiens, mais justement tout le monde n’est hélas pas de cette trempe :

« Ne pensez point aux fautes d’autrui, mais aux vertus seulement et à vos propres fautes et défauts ».

Un Monde sans blog ? sans blague !

En l’espace de deux jours les malheureux auteurs de blogs du Monde ont vu leur oeuvre gravement touchée par la suppression accidentelle de nombre de fichiers images et sons.

Je prie donc mes lecteurs de bien vouloir m’excuser pour des pages aux images absentes alors que l’essentiel de mes élucubrations passe par l’image.

Le Monde a-t-il admis les blogs pour faire comme les autres quotidiens ? S’est-il soucié suffisamment de la maintenance technique de ce support ? Nous autres auteurs et lecteurs sommes en droit de nous poser la question. S’il s’agissait de désinvolture ou d’une forme de marketing ordinaire alors il serait plus opportun de changer le nom de notre quotidien préféré « Le Monde » et de le nommer par exemple, « Le Village » ou « Le Hameau » ou encore « Le Lieudit ».

Espérons que la direction du Journal puisse trouver une solution optimale pour résoudre définitivement cette affaire qui va sans doute faire un peu de buzz dans les jours à venir .

22/11/1890 – 09/11/1970 Qui ?

La seconde date, plus connue de nous, devrait vous mettre sur la voie, surtout ce jour.

Il s’agit en effet de Charles de Gaulle, né à Lille le 22 novembre 1890 comme l’annonce ce faire-part parental reproduit d’une collection particulière :

 

faire-part de naissance de Charles de Gaulle

Vous savez toute la suite et ce n’est pas ici que vous apprendrez aujourd’hui quelque chose de nouveau sur cet illustre Français.

Je l’ai vu et entendu un jour de juin 1964 à Soissons où j’étais alors un élève de dix-huit ans pensionnaire au lycée de garçons des Cordeliers. Assez âgé donc pour me souvenir de quelques impressions très ordinaires. Très chaude journée. Ayant quitté clandestinement le lycée vers midi je me suis rendu Place de l’Hôtel de Ville où le général devait prononcer un discours. Foule très dense et police de même dans les rues, exclamations favorables et spontanées, tendance bon enfant. Comme un camarade de classe m’avait remis le matin même une boîte de cartouches longues « 22 long rifle » , je l’avais en poche. Par précaution, ayant déjà eu à entrer en contact avec des représentants de l’ordre, il m’a semblé nécessaire de m’en défaire provisoirement dans un canal d’écoulement d’un dauphin d’une rue proche, ce qui fut fait et ce qui a sans doute contribué à enregistrer l’événement historique dans ma mémoire. Je suis ensuite parvenu à me faufiler jusqu’au niveau du cinquième rang de la foule environ et le Président de la République m’est apparu tout à fait conforme aux images des journaux télévisés, des hebdomadaires et des livres d’histoire : Le verbe haut, tout comme la stature, les bras mobiles et le visage animé. J’étais heureux d’être là, de partager des émotions avec une foule bruyante peuplée d’inconnus et ce fut la première fois de ma vie que j’ai approché d’aussi près un personnage d’importance. Aujourd’hui je ne saurais rien dire de plus, sinon d’ajouter : « j’étais là », autrement dit de certifier le fait volontaire d’avoir vu et entendu de près l’un de ceux qui ont fait l’histoire de ce pays.

Ce sont des mots qui font exister les deux, et l’Histoire et le Pays. Des mots du jour je n’ai aucun souvenir, sans doute furent-ils assez anoduns pour ne pas inscrire Soissons ce jour-là dans l’Histoire. Alors je me borne, ou plutôt m’ouvre l’esprit dans la citation de deux passages des « Mémoires d’espoir », ouvrage que je me suis procuré le 7 octobre 1970, ne sachant nullement que l’auteur ferait définitivement partie de l’histoire le mois suivant. Quant au livre, plus de cent mille exemplaires ont été vendus en deux jours ! Les première phrases sont toute gaulliennes évidemment : « La France vient du fond des âges. Elle vit. Les siècles l’appellent. Mais elle demeure elle-même au long du temps. »

J’en extrait une autre citation relative aux ‘allocutions à la nation‘, du chapitre ‘le chef de l’Etat‘ :

« Toujours je leur parle beaucoup moins d’eux-mêmes que de la France. Me gardant de dresser parmi eux ceux-ci contre ceux-là, de flatter l’une ou l’autre de leurs diverses fractions, de caresser tel ou tel de leurs intérêts particuliers, bref d’utiliser les vieilles recettes de la démagogie, je m’efforce au contraire de rassembler les coeurs et les esprits sur ce qui leur est commun, de faire sentir à tous qu’ils appartiennent au même ensemble, de susciter l’effort national. »

Charles de Gaulle, Mémoires d’espoir, * Le renouveau 1958-1962, Plon, 1970, p.302.

A ce moment de ma vie ce Président n’était pas pour moi « l’Homme du 18 juin », ni le Libérateur de Paris, épisodes que je n’avais pas vécus mais celui qui avait permis à la France de sortir tout récemment du bourbier algérien, quel qu’en fut le coût pour lui, militaire d’abord. Alors pour cela entre autre j’étais gaulliste.

Rubans, vignettes et paillettes d’or d’automne

coucher de soleil novembre Paissy      Ce jour à la recherche de la lumière changeante de novembre me voici attrapant ces paillettes que les feuillages et la roche dérobent au soleil quand il daigne émerger des sombres nuages pourtant somptueusement colorés.

coucher de soleil novembre Paissy

un ruban d’or flotte au-dessus des falaises

feuillages d'or de  novembre

or et bronze des feuillages

ou bien des post-it sont déplacés au fil des heures sur la roche, dedans et dehors :

éclats végétaux et éclats solaires

projections solaires sur la roche

projections solaires au-dedans

pustules de lichens sur écorce de frêne

Vers quelle représentation en image, en peinture, orienter ma mémoire visuelle en référence à ces coloris métalliques d’automne ? L’évidence est de se tourner vers une scène automnale et nous y cédons plus bas. Mais avant cela nous souhaitons échapper un peu au tout prêt et avons pensé à une scène angélique toute parée d’or. Il s’agit d’une Annonciation exposée au Petit-Palais d’Avignon. Elle est l’oeuvre de Gherardo Starnina, de l’Ecole de Florence au tout début du XVe s. et appartient au style gothique international. Le fond doré à la feuille convient tout à fait à nos ors du moment.

Annonciation par Gh. Starnina, Avignon

Annonciation de Gh. Starnina, AvignonAnnonciation de Gh. Starnina, AvignonJean-Pierre Boureux, d’après G. Starnina, huile sur toile marouflée sur panneau et dorure à la feuille

Fermons la journée par une chasse interprétée par Claude Monet, 1876, huile sur toile de 170 x 137 cm publiée dans « Caillebotte au jardin » de Pierre Wittmer, Editions d’Art Monelle Hayot, 1990, p. 39. (original de collection privée)

une chasse vue par Claude Monet

une chasse par Claude Monet