Archives mensuelles : janvier 2011

De Reims tous les chemins… via Monte-Carlo

Si ‘tous les chemins mènent à Rome’ depuis Reims on y accède parfois aussi par Monte-Carlo. J’y songeais précisément hier soir où, à ma fenêtre sans double-vitrage ouvrant sur la rue Cérès (tiens donc !) les vroum-vroum des vrombissements me tenaient en alerte encore vers 21 h 30.

voiture du Rallye Reims-Monte-Carlo 2011

Le site internet et la presse m’avaient informé, pas de surprise donc, d’autant que ma rue est depuis quelques siècles située sur le decumanus et à deux pas du cardo, ces deux axes majeurs qui constituent trame et chaîne du tissu urbain de notre chère cité qui fut alliée de Rome et se croisent désormais Place Royale, tout près du Forum où cette année se donnait le départ de la course.

Reims cité romaine

 

départ du Reims-Monte-Carlo Place du Forum Reims

vous en saurez davantage sur le site de la Ville de Reims qui a publié cette photo  http://www.ville-reims.fr/index.php?id=185 

Cette année 2011 le Rallye Historique Monte-Carlo rend hommage au « Rallye Automobile Monte-Carlo » qui fête ses Cent Ans. Le départ a été donné à Varsovie ce vendredi 28 janvier à 12 h. GMT, ainsi qu’à Glasgow, Marrakech, Barcelone et Reims ; ces deux dernières pour les véhicules de collection ou les petites cylindrées.

Le site internet de FR3 Champagne-Ardenne donne le détail des événements depuis Reims qui seront également l’objet d’un reportage vidéo dans l’après-midi sur cette chaîne régionale : http://champagne-ardenne.france3.fr/info/le-rallye-monte-carlo-historique-a-reims-66994184.html

photo du rallye historique Monte-Carlo

photographie copiée sur le site FR3 Champagne-Ardenne et provenant du site de l’Automobile-Club de Monte-Carlo où vous trouverez quantité de détails sur ce  quatorzième Rallye Historique Monte-Carlo :

http://www.acm.mc

Parmi les autres usagers de la route en centre-ville les véhicules du Rallye s’ouvrent une voie impériale très incertaine, mais ce n’est qu’un début. Bonne route donc aux pilotes et accompagnateurs jusque mardi 1 février !

voiture du Rallye Reims-Monte-Carlo rue Cérès à Reims

On n’oublie pas qu’ont été organisées sur le territoire de Gueux, dans la proximité de Reims, de 1926 à 1957, un grand nombre de courses automobiles ; une association maintient vivante la mémoire du lieu. Vous trouverez une documentation ici :

http://www.amis-du-circuit-de-gueux.fr

 

 

 

 

 

 

De la chaise à porteurs de Versailles, au mobile, en passant par Google Earth…

Louis XIV appréciait ses promenades fréquentes dans le parc de Versailles qu’il effectuait jeune à pieds, âgé en chaise à porteurs. Il a lui-même rédigé un livret afin de proposer à ses invités une visite descriptive de ses jardins dont voici un court extrait :

« …On ira à la montagne, on fera un demy tour dans la petite allée qui tourne devant que d’entrer dans le centre de l’Etoille, et quand on y sera, on fera un tour de la montagne.

 On ira après à Cérès pour aller au théâtre, on verra les changements, et l’on considérera les jets des arcades »

L’argent offrant toute possibilité de création quelle que soit l’époque, Mademoiselle de Scudéry a bien noté l’effet du pouvoir royal sur la nature, et nous le signale dans son opuscule : « la promenade de Versailles » écrit en 1669 :  « …Je n’ai qu’à vous dire que ce n’est pas une affaire pour lui [Louis XIV] des changer des étangs de place… ….on dirait à vous entendre parler, dit Glicère, que le roi change aussi facilement des étangs de place, qu’on change les pièces du jeu des échecs. »

les jardins de Versailles d'après Google Earth en 2010

Infiniment moins riche que les puissants de ce monde, qui oserait cependant m’interdire un vagabondage planétaire depuis ma tablette, mon mobile, mon Ipad ? Serai-je alors égaré, perdu, désorienté ou bien plutôt, ne trouverai-je pas quelques analogies de formes entre le parc du Roi Soleil, les composants électroniques du circuit assemblés en ordre et des coins de notre planète entrevus lors d’un survol virtuel et réel tout à la fois ? Humm, voyez plutôt, si vous ne me croyez :

montage électronique d'un combiné cellulaire

plaque d’assemblage d’un combiné téléphonique

Abu Dhabi d'après Google Earth en 2010

Abu Dhabi, complexe en aménagement via Google Earth revisité

Revenons sur terre. L’avais-je quittée ? Que nenni mais l’errance profite au rêve et l’enrichit, c’est pourquoi il faut savoir revenir sur le plancher des vaches pour dépenser l’acquit des songes. Voici donc « le coeur des pierres » -ainsi avait décidé de titrer le peintre Guillaume Corneille (Cornelis van Beverloo, 1922-2010, l’un des fondateurs du Mouvement CoBrA, acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) cette huile sur toile de 91,5 x 73 cm, datée de 1955, suspendue aux cimaises d’un ami :

 

Et n’oubliez pas qu’entre Louis XIV et ses allégories partagées avec Le Nôtre et bien d’autres, la richesse aménageuse des émirs et autres princes du monde, votre connexion urbi et orbi, l’imaginaire cornélien, le Koru new-zélandais et votre serviteur = même combat pour le rêve et tourne la planète !

aménagement en terre rapportée

quelque part en Nouvelle-Zélande des hommes ont pris et transporté de la terre, comme ont procédé des seigneurs d’occident des Xe-XIIe siècles avec leurs mottes, basses-cours et autres aménagements de terre, pour mettre en scène un symbole.

Le château de sable édifié à l’âge adulte, n’est-ce pas ?

Heureux parcours, douces rêveries à toutes et tous, le monde en a besoin (également) !

Kodachrome : 1935-2010 = nostalgie

« Le Kodachrome est mort dans le Kansas » titre M. Michel Guerrin, un article étoffé et synthétique publié dans « le Monde » des 1-3 janvier 2011. Ainsi se manifeste l’influence des technologies dans le développement, l’essor et la mort des entreprises, dont ‘Kodachrome’, qui n’a pourtant démérité en rien. Simplement un changement de support qui rend peu à peu obsolète une technique qui s’était pourtant répandue sur toute la surface de la planète ou peu s’en faut. Ce faire-part a réveillé en moi des souvenirs qu’un bain dans les sels d’une enfance revisitée réactive. Laissons apparaître ces reflets d’antan. Des images dont je n’étais pas l’auteur avaient déjà fixé dans les années de l’après-guerre, entre autres ilustrations propres à résurgence, nos galopades insouciantes de cow-boys ou indiens des steppes :

au détour des années 50 des cow-boys en herbe

Mais très vite la passion de l’image me vint, elle commença je crois vers 1958 avec la boîte en bakélite toute carrée qui se nommait « Kodak Brownie Flash » et utilisait des rollfilm de 6×6. Au début surtout en noir et blanc, puis peu à peu en couleurs ; ainsi s’ébauchèrent sur le papier mes premières révélations d’une image que j’aimais aussi voir apparaître à la surface de la cuve, en une magie sombre à peine réveillée d’une lueur rouge. Tout un monde ! Les deux photographies suivantes témoignent de cet éveil à l’art photographique et l’on voit d’ailleurs que c’était presque une agence qui oeuvrait alors dans cette expérience qui prit fin en 1961, du moins avec cet appareil.

Kodak Brownie en bandoulière vers 1960

des apprentis photographes avec Kodak Brownie

L’intérêt de cette photographie est, outre son renvoi vers un passé connu de moi, de montrer ce qui reste aujourd’hui de l’une de ces photos enregistrées alors sur film 6×6 positif (peut-être un Agfachrome ?) et placée entre deux minces feuilles de verre dans un support destiné aux projections de diapositives qui allaient connaître une grande vogue dans les années 60.  J’ai encore de nombreuses diapositives de cette catégorie, certaines ont assez bien résisté à l’épreuve du temps (en gros 50 ans !), d’autres, à l’image d’un caméléon que je fréquentais alors, sont passées par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

En 1961 ou 1962, bénéficiant du concours d’un frère alors ‘sous les drapeaux’ en Algérie, secteur de l’Oranais, je m’équipe de mon premier reflex, un « Savoyflex Royer », objectif ‘Berthiot’ 50 mm – 1/2.8, svp !

appareil reflex Savoyflex

Dès lors des milliers de diapositives dont nombre de ‘Kodachrome’ se sont accumulées en boîtes rectangulaire plastique d’origine, en boîtes rectangulaires métalliques de rangement, en boîtes cylindriques de projection. La plupart sont répertoriées numériquement, beaucoup sont en excellent état de santé, quelques-unes ont un teint blafard virant au bleu, au verdâtre, ou même présentent des attaques de rougeole et autres ponctuations diaboliques et éruptives de maladies de peau.

diapositive Kodachrome des années 60

L’une de ces « diapos » du début des années 60 ; le fabricant, prudent, a bien imprimé sa marque. Si la photo se perd, au moins l’inscription survivra. Un temps.

Pour notre ‘Kodachrome’, 75 ans d’existence est déjà une longue vie, et radieuse : ce support disparaît en pleine possession de ses moyens.

Clic-clac. L’Histoire retiendra.

Il résulte de tout cela que la fin des choses et des êtres est inscrite dans leur commencement et que l’évolution fait naître, souvent à la marge, d’autres choses et êtres qui contiennent, dissimulés, les gènes tueurs de leurs géniteurs. Entrepreneurs souvenez-vous en, inventeurs prenez-en de la graine, révélez-vous !