Archives mensuelles : mai 2012

Vendeuil-Caply : des dessins au Musée Archéologique de l’Oise.

Jusqu’en mars 2013 le Musée Archéologique de l’Oise présente une exposition sur un thème peu souvent abordé dans les musées archéologiques, celui du dessin en archéologie, du chantier à la publication.

Le nouveau musée de Vendeuil-Caply est situé sur le territoire de Vendeuil (canton de Breteuil et Communauté de Communes de Breche-Noye et il est notamment lié aux fouilles archéologiques de ce lieu qui ont mis en évidence un vaste habitat gallo-romain dont le théâtre est encore bien inscrit dans le paysage à quelques pas de cet établissement.

théâtre de Vendeuil-Caply

disposition actuelle du théâtre de Vendeuil-Caply après les fouilles et la restauration du siècle dernier

relevé des structures archéologiques de Vendeuil-Caplyplan des structures archéologiques relevées à Vendeuil-Caply

Tous détails sur la gestion et l’organisation du musée dont la direction est assurée par Madame Esclarmonde Monteil vous sont donnés sur ce site : http://www.m-a-o.org ; vous pouvez également téléphoner au 03 64 58 80 00

Tel un navire échoué en plaine picarde le musée navigue le plus souvent entre périodes celte et mérovingienne, principaux ports enfouis qu’il a fréquentés. Une bibliothèque, une salle pédagogique, des salles techniques et un espace d’exposition complété d’un coin vidéo sont les ponts que vous pourrez utiliser en fonction de vos besoins.

L’archéologue donc, dessine. Parfois pour le plaisir mais le plus souvent pour enregistrer les traces de ce qu’il découvre, les analyser et les mettre en valeur. En somme pour accentuer un point de vue, ce que ne fait ni la photographie, ni l’ordinateur ou les deux associés. Ce qu’il découvre ce sont des structures et des niveaux, en plans et en coupes, ainsi que du ‘matériel’ de toute nature, fabriqué par l’homme pour lui être utile ou pour satisfaire sont goût du beau et de l’esthétisme. En dessinant l’archéologue comprend mieux, en dessinant le fouilleur explique ou éclaircit ce qu’il a compris de la fonction d’un lieu ou d’un objet. Le fait n’est pas nouveau et d’entrée le visiteur admire ce que nos ancêtres nous ont transmis par le moyen de splendides peintures, lithographies, dessins… ainsi par exemple ces planches admirables des ‘albums Caranda’ , connus des spécialistes et nommés à partir d’un lieu-dit du Tardenois, après les fouilles de Frédéric Moreau :

Des fragments d’enduits colorés seront éventuellement restitués par le dessin, ce que ne permet pas l’examen visuel direct de la fresque; ainsi ce Pégase analysé par C. Allagh et Ph. Sestret

fibules mérovingiennes

photographie et dessin de fibules mérovingiennes de petite taille trouvées à La-Croix-Saint-Ouen, OIse.

Mais venez bien plutôt vous rendre compte par vous-même des prouesses artistiques, des compte-rendus techniques, des publications et des animations que proposent les archéologues en la matière. Cette exposition présentée dans la contrainte matérielle du lieu ne saurait évidemment épuiser le sujet mais sa mise en scène permet à tous de comprendre le pourquoi et le comment de l’activité cérébrale et manuelle de l’archéologue lorsqu’il dessine.

Les meubles de présentation appropriés aux besoins du jeune public autorisent largement l’exploitation pédagogique de cette exposition dans le cadre d’activités réfléchies en commun entre les enseignants et le service d’animation du musée :

le frottis exécuté à partir d'un relief est généralement apprécié des enfants. Ici ce relief permet également aux mal-voyants de se rendre compte par le toucher de certains éléments de l'exposition.

Chercher des clochettes à Soissons lors du premier mai

Agréable entre deux averses la cueillette de brins de muguet réserve toujours des surprises.

L’idée est-elle bonne d’en chercher là où chacun jette un oeil ici et là au cours de sa promenade ? A vérifier. Nous voici d’abord en un lieu cher aux Soissonnais et à d’autres aussi, un lieu et monument quasiment emblématique de la ville après le vase, les deux étant brisés : Saint-Jean-des-Vignes. Sa façade découpée captive toujours les regards, reliée au réfectoire qui lui est contemporain ; cet ensemble étant édifié autour des années 1220.

façade est de Saint-Jean-des-Vignescontre-jour sur la face est de la façade de l’église et sur le grand cloître

décor très abondant et naturaliste sur la façade, petit portail sud

intérieur du massif de façade de St-Jean-des-Vignes selon la prise de vue de M. Vincent Zénon ; cf son commentaire plus bas

le grand cloître de Saint-Jean-des-Vignes

cellier du cloître de Saint-Jean-des-Vignes

travée ouest du cellier, photographie de Guillaume Dhuicq

et vos clochettes alors ? en voici :

fleurs en clochettes du portail sud de l'église de Saint-Jean-des-Vignes

et d’autres encore dans les voussures des arches du grand cloître :

clochettes muettes du grand cloître

Pas assez pour un bouquet ? cherchons encore ailleurs :

trop sombre la crypte de Saint-Léger ?

plus haut dans la lumière des arches du cloître :

fleurs en clochettes dans le cloître de Saint-Léger

celles-ci encore sont certainement de muguet. En résumé :

à gauche St-Jean, au centre St-léger, à droite St-Jean

La période de mise en place de ces sculptures est dans la fourchette 1200-1220. Les fleurs peuvent être celles du muguet, ce qui est le plus probable, avec éventuellement la possibilité pour les sculpteurs de s’être inspirés des fleurs de fritillaire.

Par la pureté de sa couleur blanche et de son parfum le muguet a fréquemment été figuré par les peintres qui ont mis en scène des récits relatifs à la vie de la Vierge. La coutume d’en offrir au premier mai semble remonter à Charles IX.

Dans la continuité des deux dernières notes de ce blog j’ajoute encore une référence à Alan Seeger : « Vous qui aimez les fleurs acceptez celles-ci. Leurs fragiles clochettes ont frisonné au choc des obus explosant et dans les nuits obscures, lorsque, furtifs, les ennemis avancent, elles ont été éclairées par la lueur pâle des fusées qui, au-dessus des champs ravinés et des anciennes cités jetées bas, tracent de leur clarté blafarde les braves frontières de la France. » 22 mai 1916, Poèmes, Bellinglise, II.