Archives mensuelles : avril 2018

In Memoriam Charles Petit par l’un de ses anciens élèves.

Pourquoi lui ? Ils furent quelques rares à marquer pour toujours ma mémoire et donc à réveiller et vivifier des souvenirs, enfin à engendrer cette forme de reconnaissance.

Lui, Charles Petit, compte parmi ce panthéon des maîtres admirés. Il aimait les jeunes que lui confiait chaque rentrée l’Education Nationale, au lycée de garçons de Soissons « les Cordeliers » lorsque je l’ai rencontré la première fois en 1956-1957, sans jamais oublier depuis à un moment ou un autre cette admirable personnalité pourtant si discrète.

Interne j’aimais me rendre pendant toute ma scolarité secondaire qui fut longue, à son cours officiel de dessin, mais plus encore dans les multiples clubs ou ateliers qu’il animât :  ébénisterie, poterie, vitrail, photographie, cinéma… Toute activité de l’Homme mettant en pratique la main et la pensée furent son terrain privilégié d’expérimentation et il excella dans divers arts, les Arts Décoratifs n’étant que la part visible de ses multiples talents. J’ai en mémoire des heures où le toucher soyeux du bois poli, où le filé de la terre sur le tour accompagnaient sa voix douce et patiente dans la transmission d’un savoir livresque et vécu, pratiqué, diffusé qui enchantait mes soirées potaches. Oubliées alors les matières enseignées, les rudes jeux adolescents, seule cette expression spécifique d’humanité mise en scène et en oeuvre emplissait toute mes préoccupations du jour.

clavecin entièrement réalisé de ses mains Attention : il s’agit ici d’une aquarelle, technique détournée ici dans le rendu de cette nature morte

Lorsque tout récemment j’appris son décès et l’hommage que lui rendent par une bien modeste exposition la Ville de Soissons, des associations et sa famille, je me suis empressé de me rendre dans la chapelle Saint-Charles. Là sont prégnants les témoignages matériels de ces susdits multiples talents. Ses créations exposées -on en voudrait davantage, permettent de se rendre compte de l’extrême minutie accordée à chaque expression artistique et artisanale pour parvenir à une sorte de perfection dans le résultat obtenu. J’ai pensé à nouveau par exemple et entre autres, à un premier essai de fabrication d’un clavecin à la suite d’une année consacrée à la réalisation d’instruments de musique simplifiés dans la forme, aux céramiques que nous attendions avec impatience lors de l’ouverture du four. Il avait le feu sacré de la transmission, les élèves attendaient le maître, apprenaient peu à peu l’Homme. Sa simplicité, sa modestie et sa patience ont participé à ce que je suis devenu, jamais je n’oublierai.

Charles Petit, 14 novembre 1919, Choisy le Roi – 15 août 2017 Chivres-Val. Professeur de dessin au lycée de Soissons de 1956 à 1979.

Chapelle Saint-Charles : http://www.ville-soissons.fr/loisirs-culture-sport/un-musee-sur-deux-sites-dexception-histoire-collections-expositions-activites/les-expositions-temporaires-1796.htmlPhoto de classe 1959-1960 Charles Petit, 6ème à droite quelques céramiques

 

Je pube* : idées de sorties culturelles dans l’Oise

Le Musée Archéologique de l’Oise, où donc ? Mais à Vendeuil-Caply,, mais encore ?  -Oups ! près de Breteuil dans l’Oise, çà y est, je l’ai cette fois sur ma carte…

Le M.A.O donc use des technologies de pointe, du 3D, de vos 5 sens -plutôt 4 ou 3 – et parfois de vos 10 doigts pour vous égarer les sens. Incrédules, pas dupes,  vous êtes venus dans l’Oise, histoire de satisfaire votre curiosité.

Déjà au Musée Départemental de l’Oise à Beauvais, tout contre la cathédrale et sa célèbre flèche trop forte en gueule qui s’est retrouvée le bec dans l’eau pour avoir trop nargué le ciel, vous vous êtes laissé emporter par la magie du livre -ringarde technologie aviez-vous estimée, et par la créativité exceptionnelle de l’éditeur Bernard Dumerchez.

Et voici qu’au M.A.O vous survolez les siècles, des Celtes à notre présent, par l’habileté des artisans d’art, des artistes de la beauté du monde. Peut-être qu’à la suite de nos ancêtres vous vibrerez aux ondes caressantes issues des gradins du théâtre reconstitué, des sculptures et des bijoux antiques, qui, tels des sirènes sont toujours ravis d’extirper l’humain des pesanteurs du présent.

Présentation sur une idée de l’ex conservateur M. Adrien Bossard, mise en oeuvre par Mme Valérie Kozlowski, actuelle Conservatrice du Patrimoine et Directrice du M.A.O.

titre de l’exposition sur les vitres d’entrée et reflets

Pour ma part j’ai flashé sur les entrelacs superbement organisés d’une plaque de harnachement découverte à Paillart (descriptif sur le site, rubrique « objets du mois, juillet 2015 »), j’ai ânonné sur les lettres ciselées d’une dédicace trouvée à Nizy-le-Comte (prêt du musée   ) et suis tombé raide amoureux du minois en marbre de Diane, un prêt du musée départemental de l’Arles antique.

plaque de harnais, métal cuivreux et émail, 1er siècle apr. J.-C.

Inscription sur pierre calcaire (0,80 ; 0,42 ; 0,14 cm) découverte en 1850 à Nizy-le-Comte (Aisne), prêt du Musée de Soissons.

NUM.AVG.DEO.APO./LLINI.PAGO.VENNECTI./PROSCAENIVM.L.MAGIVS.SECVNDVS.DO//NO.DE.SVO.DEDIT.

A LA DIVINITE DE L’EMPEREUR. AU DIEU APOLLON, AU PAGUS VENECTIS LUCIUS MAJUS SECUNDUS A SPONTANEMENT FAIT DON D’UN PROSCAENIUM.

Traduction dans : Ben Redjeb Tahar. Une agglomération secondaire des Rèmes Nizy-le-Comte (Aisne). In: Revue archéologique de Picardie,
n°1-2, 1987. pp. 33-60;
doi : 10.3406/pica.1987.1509
http://www.persee.fr/doc/pica_0752-5656_1987_num_1_1_1509

Tête de Diane, marbre blanc, Musée de l’Arles antique

Pendant ce temps quelques arrêts sur images me révèlent au-devant, dans un lointain de contre-jour un peu trop vif, les gradins et l’agencement général du théâtre, l’érection froide de la tymélée, et à l’arrière la vacuité enveloppante et toute pascale d’un sacellum  abandonné par son dieu. Venez et voyez !

projection de la restitution en 3D

sacellum (niche abritant la statue du dieu)

salle d’exposition permanente au M.A.O

Et demain, me direz-vous, que voir encore ? Et bien Gerberoy, pourquoi pas, en ses ruelles et ses pans de bois, ses maisons de maître aussi et le souvenir visuel d’Henri Le Sidaner ? Ou bien encore l’intemporelle Noyon et la médiévale Senlis, ou encore les impériales Compiègne et Pierrefonds qu’encadreraient et Champlieu et Morienval ? Euh, un week-end suffira-t-il ?

site internet du M.A.O = http://www.m-a-o.org/

*puber, non pas terminologie latine ici, mais, au choix, néologisme boureusien non enregistré ou bien slogan à lire sur une banderole du futur Centre de la Francophonie à Villers-Cotterêts = faire de la réclame pour une pub ou de la pub pour une réclame.