Nous colverts de Troyes avons l’oeil…

Ce mardi matin sous un soleil radieux de mars, quelque part dans le fameux ‘bouchon’ et donc dans le coeur historique de la cité comtale, à quelques pas de la majestueuse et bien assise cathédrale Saint-Pierre

transept sud et nef de Saint-Pierre de Troyes

nef gothique de Saint-Pierre de Troyesje déambulai l’oeil aux aguets dans l’air vif des heures matinales.

M’interrogeant sur la propreté de la ville, j’eus bientôt la réponse : les badauds craignent les amendes depuis des siècles, ils ont la propreté qui préserve leur bourse

plaque d'ordonnance de police publique en 1706« …défense à toutes personnes de faire aucune ordure… …à peine de 100 sous d’amande… »

Sans doute une amande amère ? Toutefois j’étais fixé sur ce qu’il adviendrait en cas d’irresponsabilité, et que chacun en prenne conscience.

Alors propre comme un sou neuf je me suis attardé sur les reflets, ceux des eaux, ceux des façades ; quelques-uns ont spécialement retenu mon attention rue Linard Gonthier :

reflets de colombages sur verreet désargenté en quête je vous offre le revers de la médaille, à votre bon coeur, MsieurDame

Attaché à ce quartier parcouru en tous sens dans les années 80 lors d’un stage d’habilitation au Musée des Beaux-Arts, Saint-Loup pour les intimes, j’ai prolongé mes pas vers la Préfecture et la nouvelle place de la Libération qui a fourni aux archéologues de quoi remplir leurs carnets de chantier, leurs réserves, et satisfaire leur curiosité légendaire.

En effet ce lieu a fourni nombre d’indices et objets précieux entre époques antique et médiévale. Pour infos ce sera pour vous ici :

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Sites-archeologiques/p-938-Place-de-la-Liberation.htm

Laissons s’écouler ce temps d’Histoire et prenons le nôtre encore. Ce jour un couple de canards ‘colvert’, Anas platyrhynchos navigue sur le ci-devant « Saint-Jacques-aux-Nonnains ». Lui ne quitte pas la femelle d’une palme, qui cancane doucettement, devant Saint-Urbain impassible.

couple de colverts Ils viennent de quitter l’onde, se perchent à peine au-dessus. Ils ont forcément quelque chose en tête, quelque projet en vue. Mais quoi ?

Inquiet de cette soudaine ignorance j’essaie de suivre leur regard, en coin, puis tout à coup je perçois l’objet de leurs désirs, celui de leur émergence au monde aquatique qui leur ouvre des perspectives sur l’humanité que trop souvent ils côtoient sans la comprendre.

D’un coup d’un seul ils sont rassurés parce que l’innommable des canards n’existe pas, pas même dans la danse du même nom. Ils sont venus, ils ont vu et n’ont rien ni personne à vaincre, ils se suffisent dans la contemplation. En somme un peu comme nous.

sculpture de SuchetetEtais-je assez sot pour ne pas avoir saisi d’emblée leur quête, alors que le sculpteur, Auguste Suchetet (1854-1932) portait quasi un nom de palmipède, Suchetet pouvant fort bien être assimilé à un diminutif de souchet. Quoi qu’il en soit, ce « Rapt : le Triton et la Naïade » d’abord en bronze avant que l’ennemi ne l’enlève pour la fonte durant l’Occupation, maintenant dans le marbre offert par la Ville de Paris, trône sur l’onde de Troyes et nous libère momentanément de tout souci.

Venez vite dans cette ville où les petits bâteaux marchent sur l’eau et les canards sur terre, découvrez par vous-même les trésors qu’elle abrite en tant de lieux, cette face n’offrant après tout qu’un modeste aperçu des vertus de la cité.

Rapt ou le Triton et la Naïade

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