Archives pour la catégorie carnet personnel

Ronde du 15 janvier 2019

Nouvelle année, nouvelle ronde !

Ce mois j’ai le plaisir d’accueillir la proposition originale de Franck :

https://alenvi.blog4ever.com/articles

pendant cet échange je suis aimablement accueilli par Dominique Hasselmann.

La Ronde fonctionne et tourne cette fois en ce sens :

chez Dominique Autrou https://ladistanceaupersonnage.fr/
… Hélène Verdier http://simultanees.blogspot.com/
Jacques d’A. https://jfrisch.blog/
Jean-Pierre Boureux http://voirdit.blog.lemonde.fr/
etc.

Observez puis écoutez, de la part de Franck !

Ronde de septembre 2018

Notre ronde épistolaire bimensuelle tourne ce mois-ci inspirée par le mot « arbre(s) ».

J’ai le plaisir d’accueillir sur cette page les réflexions originales libérées de Joseph Frisch   [ https://jfrisch.blog/] et pour ma part je suis aimablement hébergé chez Noël Bernard, du blog ‘le Talipo’ [http://cluster015.ovh.net/~talipo/]

Le gardien

15 septembre                                                                                                                                         La nuit même du départ de Marie, j’imaginai la trame de plusieurs romans, dont hélas le sommeil a consumé l’essentiel, me laissant entre les bras le charbon du rêve avec un goût d’inachevé, le sentiment que procurerait la lecture d’un indicateur d’horaires de train dont on ignore l’ancienneté ou les destinations, ou encore l’ incompréhensible dessin de pattes d’oiseaux sur un champ de neige. Au moins ce rêve n’est il pas un cauchemar.

Je me suis levé vers quatre heures, j’ai fait quelques pas autour du cèdre, aperçu, deviné, le vol de la hulotte qui s’est enfuie silencieuse et claire.

Au potager tout a séché; j’ai eu beau vider le puits, n’ai réussi qu’à ralentir l’échec.

17 septembre                                                                                                                                        Pas un seul visiteur ou si : quelques renards, dans le lointain au crépuscule. J’écoute du jazz sur le lecteur CD. Chaleur étouffante.

20 septembre                                                                                                                                 Dégagé à la main l’herbe qui poussait entre les osiers. Il s’agit de tenir chaque poignet d’herbe de la main droite et de sectionner de l’autre main la base de la touffe. Au bout de vingt mètres de ce travail j’avais la tête qui tournait, les oreilles qui sifflent. À l’est du champ, un peuplier foudroyé il y a des années semble refaire ses forces. Aucun visiteur depuis plusieurs jours, j’ai quand même allumé la radio vers sept heures. Il pleuvra demain, une journée de répit pour l’arrosage de la pépinière.

21 septembre                                                                                                                                           Il pleut comme prévu, je consacre la matinée à dormir plus tard. Le cri d’un faisan me réveille, on m’a dit que cette année on ne chassera que les mâles. Dans le pré derrière vu une mère et cinq petits.

22 Septembre                                                                                                                                       Feu avec le petit bois du figuier, qui date de l’an passé. C’est comme si son parfum se réveillait après un long sommeil.

23 septembre                                                                                                                                    Après plusieurs jours d’hésitation je suis descendu à Combes, oubliant que nous sommes dimanche. Il était si tôt que seuls la boulangerie et le café tabac étaient ouverts. J’ai eu envie de recommencer à fumer pour passer inaperçu, me cacher, comme j’ai toujours voulu faire (autrefois caché derrière un appareil photo). Personne ne me connaît pourtant; alors qui craindre ? Peut-être craindre ma réaction si l’un ou l’autre me parlait, ma colère, ma fuite, l’espèce humaine en général, les journalistes et les juges en particulier.

25 septembre                                                                                                                                     …les feuilles sont alternées, simples, grandes, presque aussi larges que longues (18 à 25 cm), palmées, divisées en trois à sept lobes plus ou moins échancrés, de consistance ferme longuement pétiolées ; elles ressemblent à celle des érables, qui, elles, sont opposés. (page 339)

26 septembre                                                                                                                                    Dans le foyer, outre une biographie de Montaigne hors d’âge ; un « Larousse des arbres » gonflé d’humidité comme s’il avait passé un mois dans une étuve , plusieurs polars (« J’étais Dora Suarez » de Robin Cook, « Manhattan transfer » dans une version illustrée, plusieurs livres de Simenon.

1er octobre                                                                                                                                          C’est parce que les autres sont mes semblables que je les supporte mal.

3 octobre                                                                                                                                        Quatre mois exactement que j’ai quitté la prison de Béthune, le départ était une simple formalité ; la porte qui s’ouvre et j’entre avec douleur dans un monde qui me fut familier. Tous sont devenus des étrangers.

5 octobre                                                                                                                                                 Je vais d’un endroit l’autre de l’arboretum, beaucoup d’arbres ont commencé à perdre leurs feuilles, dans la soirée sur un petit monticule au dessus de l’étang on voit au loin un front de peupliers blancs éclairé par le soleil couchant : blancs ? non, vert beaucoup plus pâle que les saules puis derrière en arrière-plan, l’allée des cèdres.

7 octobre                                                                                                                                                 Je suis redescendu en village tout aussi nerveux que la dernière fois, J’ai l’impression de marcher comme une araignée, sans arrêt sur mes gardes. A retour pendant deux heures j’ai rêvé sur une carte du Japon, suivant le dessin des côtes avec le stylo, je lisais des noms qui n’ont plus cours puis je traversais le détroit de Corée, j’imaginais-les îles, etc.. Je voyage très bien sans avion. Relire La Folie Almayer.

Ai arrosé la pépinière.

10 octobre                                                                                                                                                Il ne suffit pas que l’erreur judiciaire soit reconnue ; Il faut ensuite réparer tout le temps qui a été ôté à une vie, mais personne ne s’y attaque c’est trop difficile. L’avocat dit qu’il y aura une compensation financière : la belle affaire ! Erreur non !! FAUTE JUDICIAIRE… Naufrage.

… la femelle se fixe sur les rameaux comme une sorte de verrue violacée ; autrefois récoltées, ces cochenilles, désignées sous le nom de grains d’écarlate, servaient à la fabrication d’une très belle teinture rouge; le mot kermes apparu pour la première fois en notre langue chez Rabelais en 1546 sous la forme al kermes est lui-même une transcription de l’arabe al–qirmiz, d’origine persane car ce sont les Persans qui utilisèrent les premiers cette teinture. (page 381) …

13 Octobre                                                                                                                                         Cette fois je suis descendu à vélo, par Combes jusqu’à Revières et autour du lac en bas, jusqu’à la frontière française, j’ignore s’il y a eu des visiteurs, mais le portail de l’arboretum était resté ouvert. Les champs resplendissent de l’or des hêtres.

15 Octobre                                                                                                                                    Fausses accusations, emballement de ces ordures de journalistes, faits divers : toutes les nuits malgré les mois passés il y a un moment où le jour de l’arrestation revient, avec des variantes sur le lieu, la lumière, etc. mais chaque fois c’est précédé d’une sorte de crissement de cigales qui l’annonce. Reçu une courte lettre de Marie qui revient dans une semaine.

J’aime ce travail loin des gens, dans la solitude, sauf qu’à y réfléchir je suis moi aussi devenu le gardien d’une petite foule, d’arbres certes et libres si on veut.

17 Octobre                                                                                                                                                Il est tard dans la saison et cependant sur un des ronciers près de l’étang il y a encore une quantité de mûres que j’ai cueillies. Quelques abeilles butinent encore, la lumière est plus franche maintenant que l’air du soir fraîchit. J’ai lu à haute voix, un vieil article de journal, après quelques essais il m’a semblé arriver à un résultat correct. Çà me rappelle les exercices d’il y a trois ans avec les élèves du groupe de théâtre.

Ce mois notre ronde évolue suivant ce mouvement :

Marie-Noelle Bertrand
chez Joseph Frisch https://jfrisch.blog
chez J Pierre Boureux http://voirdit.blog.lemonde.fr
chez Noel Bernard http://cluster015.ovh.net/~talipo/
chez Hélène Verdier  http://simultanees.blogspot.com
chez Franck Bladou https://alenvi.blog4ever.com/articles
chez Giovanni Merloni https://leportraitinconscient.com
chez Marie Christine Grimard https://mariechristinegrimard.wordpress.com
chez Dominique Autrou https://ladistanceaupersonnage.fr
chez Dominique Hasselmann https://hadominique75.wordpress.com
chez Guy Deflaux http://wanagramme.blog.lemonde.fr
chez Marie Noelle Bertrand http://ladilettante1965.blogspot.com

 

 

Ronde de juillet 2018

Dans le cadre de notre ronde j’ai le plaisir d’accueillir sur cette page Céline Verdier rédactrice du blog ‘mesesquisses‘ qui vous livre ses réflexions sur le mot ‘désert(s).

désert oasis

Le désert est une vague
Qui nargue les amarres larguées
Dans le creux
Tandis que l’âme algue
Laissée
Nage en eaux troubles
Enlisée

Le désert silencieux
Avance sa vue sèche
Bèche
Le rien pernicieux
En rafales de vents
Grains dans les yeux
Mèches de folies
Rouillant l’horizon
Enseveli

Le désert ruminant
Ouvre et ferme sa gueule
Aux mirages lassants

Quand l’esprit seul
Éveille le calme d’un allié
Aux résistants des rages
Le désert puise une force
Discrète et confidente des sages

Le nomade devenu poète
Se met alors en quête
De l’eau de sa soif.

Dès lors l’oasis trouvée
Les pas assurés et patients
Il ne cherche plus ses traces,
Mais l’avancée
Sans bruit
Vers l’ici.

Ce désert tranquille
Acceuillant les latences
Les semis et le temps
Que lâchent les aiguilles
Que tout repère fasse
Du désert une danse
Un souffle où se transe
La poésie des sens

Au poète alors d’en saisir l’espace.

Notre ronde tourne cette fois dans ce sens :

chez

Braine : Festival des correspondances des arts

Du premier au trois juin 2018 Braine fut la ville d’accueil de son premier « Festival des correspondances des arts ». Judicieux choix événementiel autour de ‘Debussy en son temps’ mis en scène, en sons et en images par Jean-Yves Clément et les décideurs politiques départementaux et communautaires.

Ces correspondances d’expressions artistiques plurielles s’expriment ces temps derniers en plusieurs lieux et événements en France. Braine y a toute sa place, riche d’un passé bien souvent mis en valeur par les arts. Celte, carolingien puis capétien le terroir brainois a connu ses heures de gloire aux XIIe et XIIIe  siècles, ainsi qu’au XVIIIe siècle : un frère de roi, une abbatiale d’architecture quasiment expérimentale au tournant du gothique naissant, une comtesse cultivée, voilà en effet bien de quoi mettre en solution pétillante des gouttes de lumières, des sons vibrants frottés, pincés et frappés et des volumes préhensibles ou estimables pour titiller nos sens plusieurs heures d »affilée.

Braine

tour lanterne de l’abbatiale prémontrée Saint-Yved de Braine

Alors peuvent éclabousser la nef de Saint-Yved les touches très colorées des vastes toiles de Jean-Marc Brunet, quand les deux séries de sept toiles de Bernard Bouin offrent aux visiteurs des formes et couleurs en opposition ou symétrie que soutient une réflexion profonde issue de textes poétiques, littéraires et philosophiques. Alors peuvent sonner sous les voûtes de riches sonorités des cordes frottées et pincées du subtil et précis Quatuor Akilone propulsées par quatre jeunes dames enthousiastes un moment rejointes par l’éclatant pianiste Vassilis Varvaresos pour un quintette puissant de César Franck. Ces cordes, curieusement, tendaient leurs peaux vers celles alignées sur les céramiques en forme imaginaire d’instruments spécialement créées par l’artiste céramiste Hubert Dufour. Il arrive que la raison résonne.

quatuor Akilone

quatuor « Akilone » en quintette avec le pianiste Vassilis Varvaresos

V. Varvaresos pianiste, Jean-Marc Brunet

en « toile de fond » une peinture de Jean-Marc Brunet

Bernard Bouin

toiles en correspondances de Bernard Bouin

Des intermèdes aussi dont l’émouvant extrait du Livre des Morts lu par Bernard Noël qui renvoyait aux douleurs de la Grande Guerre ou bien, plus divertissants mais tout autant peuplés de sens, des poèmes proclamés avec fougue par Nicolas Vaude qui cherchait parfois du regard des diables sous les arcs gothiques et les clés porteuses d’anges. Il était alors aisé de laisser vagabonder ses sens. Un tel fera surgir depuis le clavier des images de tournois, tel autre s’amusera du retour en sa mémoire des vers de François Villon (la reine Blanche comme lis qui chantait à voix de sirène… cf. ici Brassens) depuis le violoncelle quand un troisième puisera dans l’évocation de la guerre de quoi ressusciter les seigneurs du lieu depuis leurs spectaculaires lames de bronze émaillées naguère placées là où nous posons nos pieds. Correspondances infinies qui auraient mérité davantage de motivation à venir  de la part d’un public un peu trop clairsemé ces heures-là, il ne sait pas ce qu’il a perdu.

Bernard Noël ce soir lecteur

Nicolas Vaude

Nicolas Vaude déclame, prononce, susurre, gambille….

VIVEMENT L’AN PROCHAIN POUR LA SUITE !

sur l’abbatiale mon précédent article de ce blog :

Braine : En son couronnement, en son assomption Notre-Dame veille, et saint Yved..

 

 

Ronde de mai 2018

Dans le contexte de notre échange épistolaire devenu coutumier j’ai le plaisir d’accueillir les réflexions de Franck Bladou, « à l’envi » sur le thème du ou des souvenirs.

J’ai l’honneur d’être accueilli chez Hélène Verdier, simultanées et notre mouvement d’ensemble évolue dans ce sens :

Marie-Noëlle Bertrand, ​Éclectique et Dilettante 
chez Elise, Même si
chez Giovanni Merloni, le portrait inconscient
chez Serge Marcel Roche, chemin tournant
chez Dominique Autrou, la distance au personnage
chez Franck, à l’envi
chez Jean-Pierre Boureux, Voir et le dire, mais comment ?
chez Hélène Verdier, simultanées
chez Noël Bernard, talipo
chez Marie-Christine Grimard, Promenades en ailleurs
chez Marie-Noëlle Bertrand
Lisons Franck :

L’intérieur feutré du souvenir

Lettre de Thadée Natanson à Mallarmé sur l’atmosphère des vacances familiales au bord de la mer en 1900: « Ici, on se travaille fiévreusement à ne rien faire. Un programme méticuleux distribue les heures à la bicyclette, au tennis, aux petits chevaux, aux cartes, aux potins de plage et aux repas. (…) On s’étourdit et enveloppe son ennui et tout souvenir dans le flot des distractions. (…) A peine quelques mioches et deux ou trois nageuses célèbres font trempette tout habillées, sautent sur les galets, plongent ou se secouent pour la joie des toilettes venues au spectacle, et des kodaks, de tous modèles, avalant d’un petit coup sec des provisions de motifs qu’on pourra faire admirer. »

Les mêmes à la campagne, près de Fontainebleau. Vuillard est là, qui regarde et croque, ou clic sur son polaroid à soufflet, ces morceaux épais de bonheur de vivre qu’il transcrit sur des toiles plus tard dans son atelier. A Valvins, sur les bords de Seine, le poète, les écrivains, les peintres, les femmes, les enfants, les notes de piano de Misia, le vent dans les peupliers et le bourdonnement des frelons, un dimanche à la campagne.

A Paris, dans l’appartement de sa mère, où l’horloge égrène les heures de couture appliquée à la lumière de la fenêtre.

Vuillard est le peintre de l’intérieur, le peintre de son quotidien donc du souvenir. Dans ses toiles, le mobilier est noyé dans la trame du papier peint chargé, les nappes et rideaux sont colorés, la lumière tamisée. L’ambiance est calme, le sentiment douillet, cosy, où règne le vrai sujet de ses tableaux, le silence attentif, l’attention retenue. Vuillard est le peintre de l’intériorité, le peintre de ce que j’appellerais l’intérieur feutré du souvenir. Dans cette toile exposée au Metropolitan Museum à New-York, tournant le dos à un vaste rectangle d’ombre, sa mère, absorbée, faufile et coud inlassablement et pour l’éternité. Juste derrière elle, dans l’ombre floue émergent pensées, souvenirs, regrets, peines et joies passées qui ont fait une vie. Il ne peint pas sa mère qui coud, mais le silence décoré des pensées d’une femme qui laisse vagabonder sa mémoire au rythme répétitif et hypnotisant de l’aiguille qui faufile et file.

Vuillard égrène le souvenir d’un quotidien non pas vide, mais silencieux, où flotte sans substance le passé qui décore le présent.

In Memoriam Charles Petit par l’un de ses anciens élèves.

Pourquoi lui ? Ils furent quelques rares à marquer pour toujours ma mémoire et donc à réveiller et vivifier des souvenirs, enfin à engendrer cette forme de reconnaissance.

Lui, Charles Petit, compte parmi ce panthéon des maîtres admirés. Il aimait les jeunes que lui confiait chaque rentrée l’Education Nationale, au lycée de garçons de Soissons « les Cordeliers » lorsque je l’ai rencontré la première fois en 1956-1957, sans jamais oublier depuis à un moment ou un autre cette admirable personnalité pourtant si discrète.

Interne j’aimais me rendre pendant toute ma scolarité secondaire qui fut longue, à son cours officiel de dessin, mais plus encore dans les multiples clubs ou ateliers qu’il animât :  ébénisterie, poterie, vitrail, photographie, cinéma… Toute activité de l’Homme mettant en pratique la main et la pensée furent son terrain privilégié d’expérimentation et il excella dans divers arts, les Arts Décoratifs n’étant que la part visible de ses multiples talents. J’ai en mémoire des heures où le toucher soyeux du bois poli, où le filé de la terre sur le tour accompagnaient sa voix douce et patiente dans la transmission d’un savoir livresque et vécu, pratiqué, diffusé qui enchantait mes soirées potaches. Oubliées alors les matières enseignées, les rudes jeux adolescents, seule cette expression spécifique d’humanité mise en scène et en oeuvre emplissait toute mes préoccupations du jour.

clavecin entièrement réalisé de ses mains Attention : il s’agit ici d’une aquarelle, technique détournée ici dans le rendu de cette nature morte

Lorsque tout récemment j’appris son décès et l’hommage que lui rendent par une bien modeste exposition la Ville de Soissons, des associations et sa famille, je me suis empressé de me rendre dans la chapelle Saint-Charles. Là sont prégnants les témoignages matériels de ces susdits multiples talents. Ses créations exposées -on en voudrait davantage, permettent de se rendre compte de l’extrême minutie accordée à chaque expression artistique et artisanale pour parvenir à une sorte de perfection dans le résultat obtenu. J’ai pensé à nouveau par exemple et entre autres, à un premier essai de fabrication d’un clavecin à la suite d’une année consacrée à la réalisation d’instruments de musique simplifiés dans la forme, aux céramiques que nous attendions avec impatience lors de l’ouverture du four. Il avait le feu sacré de la transmission, les élèves attendaient le maître, apprenaient peu à peu l’Homme. Sa simplicité, sa modestie et sa patience ont participé à ce que je suis devenu, jamais je n’oublierai.

Charles Petit, 14 novembre 1919, Choisy le Roi – 15 août 2017 Chivres-Val. Professeur de dessin au lycée de Soissons de 1956 à 1979.

Chapelle Saint-Charles : http://www.ville-soissons.fr/loisirs-culture-sport/un-musee-sur-deux-sites-dexception-histoire-collections-expositions-activites/les-expositions-temporaires-1796.htmlPhoto de classe 1959-1960 Charles Petit, 6ème à droite quelques céramiques

 

Je pube* : idées de sorties culturelles dans l’Oise

Le Musée Archéologique de l’Oise, où donc ? Mais à Vendeuil-Caply,, mais encore ?  -Oups ! près de Breteuil dans l’Oise, çà y est, je l’ai cette fois sur ma carte…

Le M.A.O donc use des technologies de pointe, du 3D, de vos 5 sens -plutôt 4 ou 3 – et parfois de vos 10 doigts pour vous égarer les sens. Incrédules, pas dupes,  vous êtes venus dans l’Oise, histoire de satisfaire votre curiosité.

Déjà au Musée Départemental de l’Oise à Beauvais, tout contre la cathédrale et sa célèbre flèche trop forte en gueule qui s’est retrouvée le bec dans l’eau pour avoir trop nargué le ciel, vous vous êtes laissé emporter par la magie du livre -ringarde technologie aviez-vous estimée, et par la créativité exceptionnelle de l’éditeur Bernard Dumerchez.

Et voici qu’au M.A.O vous survolez les siècles, des Celtes à notre présent, par l’habileté des artisans d’art, des artistes de la beauté du monde. Peut-être qu’à la suite de nos ancêtres vous vibrerez aux ondes caressantes issues des gradins du théâtre reconstitué, des sculptures et des bijoux antiques, qui, tels des sirènes sont toujours ravis d’extirper l’humain des pesanteurs du présent.

Présentation sur une idée de l’ex conservateur M. Adrien Bossard, mise en oeuvre par Mme Valérie Kozlowski, actuelle Conservatrice du Patrimoine et Directrice du M.A.O.

titre de l’exposition sur les vitres d’entrée et reflets

Pour ma part j’ai flashé sur les entrelacs superbement organisés d’une plaque de harnachement découverte à Paillart (descriptif sur le site, rubrique « objets du mois, juillet 2015 »), j’ai ânonné sur les lettres ciselées d’une dédicace trouvée à Nizy-le-Comte (prêt du musée   ) et suis tombé raide amoureux du minois en marbre de Diane, un prêt du musée départemental de l’Arles antique.

plaque de harnais, métal cuivreux et émail, 1er siècle apr. J.-C.

Inscription sur pierre calcaire (0,80 ; 0,42 ; 0,14 cm) découverte en 1850 à Nizy-le-Comte (Aisne), prêt du Musée de Soissons.

NUM.AVG.DEO.APO./LLINI.PAGO.VENNECTI./PROSCAENIVM.L.MAGIVS.SECVNDVS.DO//NO.DE.SVO.DEDIT.

A LA DIVINITE DE L’EMPEREUR. AU DIEU APOLLON, AU PAGUS VENECTIS LUCIUS MAJUS SECUNDUS A SPONTANEMENT FAIT DON D’UN PROSCAENIUM.

Traduction dans : Ben Redjeb Tahar. Une agglomération secondaire des Rèmes Nizy-le-Comte (Aisne). In: Revue archéologique de Picardie,
n°1-2, 1987. pp. 33-60;
doi : 10.3406/pica.1987.1509
http://www.persee.fr/doc/pica_0752-5656_1987_num_1_1_1509

Tête de Diane, marbre blanc, Musée de l’Arles antique

Pendant ce temps quelques arrêts sur images me révèlent au-devant, dans un lointain de contre-jour un peu trop vif, les gradins et l’agencement général du théâtre, l’érection froide de la tymélée, et à l’arrière la vacuité enveloppante et toute pascale d’un sacellum  abandonné par son dieu. Venez et voyez !

projection de la restitution en 3D

sacellum (niche abritant la statue du dieu)

salle d’exposition permanente au M.A.O

Et demain, me direz-vous, que voir encore ? Et bien Gerberoy, pourquoi pas, en ses ruelles et ses pans de bois, ses maisons de maître aussi et le souvenir visuel d’Henri Le Sidaner ? Ou bien encore l’intemporelle Noyon et la médiévale Senlis, ou encore les impériales Compiègne et Pierrefonds qu’encadreraient et Champlieu et Morienval ? Euh, un week-end suffira-t-il ?

site internet du M.A.O = http://www.m-a-o.org/

*puber, non pas terminologie latine ici, mais, au choix, néologisme boureusien non enregistré ou bien slogan à lire sur une banderole du futur Centre de la Francophonie à Villers-Cotterêts = faire de la réclame pour une pub ou de la pub pour une réclame.