Longpré, qui fut prieuré.

Situé à environ 5 km au nord-ouest de Villers-Cotterêts à l’écart du village de Haramont l’ancien prieuré de moniales de Longpré, de l’ordre de Fontevraud, fondé en 1180 par Aliénor de Vermandois, n’était plus que ruines dans les années cinquante et suivantes. Devenu exclusivement une ferme durant le XIXe siècle il a subi au cours des siècles toutes sortes de modifications architecturales et a brûlé en partie en 1946. Seul un bâtiment initialement destiné à l’aumônier des religieuses et édifié au XVIIe siècle a été relativement préservé bien que passablement remanié au XIXe siècle. Quant à l’église n’en subsistent que des parties en demie élévation vers le choeur qui correspondent à l’édifice ancien toutefois plaqué de neuf au XVIe siècle.

En ce lieu l’historien ne trouve pas totalement son compte de véracité immobilière, ni de satisfaction dans le décryptage de documents anciens : quantité de reprises au cours des siècles, de plus le site n’est pas ou très peu documenté par les archives. Y serait-il pour autant en déplaisir ? Certainement pas. L’intérêt du site est déjà dans son implantation paysagère. Sans doute clairière dans la forêt dans ses origines il est toujours voisin d’une sylve bien présente, ouverte sur des pâtures et des étangs en chapelet, initiateurs de lignes horizontales qui structurent agréablement l’espace. Voilà pour le cadre général, temporel et géographique.

Longpré surgit d’un coup d’un seul au long du chemin : l’enchantement visuel occupe l’espace. Comme un rideau qui s’ouvre sur la scène de théâtre les arbres ont glissé à droite et laissé place à un tableau que l’on dirait de Poussin. Tout s’ordonne en une subtile élévation qui depuis l’eau rejoint le ciel en une habile perspective qui habille la nature apprivoisée de vêtements ajustés sobrement. Là réagissent ensemble constructions venues d’entre Moyen-âge et Renaissance et jardins strictement conduits.

LongpréLes photographies qui suivent sont une incitation à découvrir par vous-même. L’endroit ne gagne pas à être longuement commenté mais s’apprécie par sentiments, il devient le miroir flou que peuple l’empreinte d’un passé riche de sens. Une procession de moniales accompagne votre déambulation, ici dans le cloître, là dans la salle capitulaire et ailleurs au travers des portails et jusque la surface de leurs pierres tombales. La restitution des volumes intérieurs ouverts à la visite ne choque pas, elle fut assez réfléchie pour cela. Sans elle ce serait un désert, avec elle acceptons le décor nouveau qui s’offre à nous. Toute restauration est un casse-tête alors une restitution ! …. Louons alors l’oeuvre immense accomplie, jamais finie cependant et remercions nos hôtes de partager un peu avec nous ce sauvetage et sa mise en scène.

vestiges de la nef et du choeur de l'église du XVIe siècle

formation d'un tuf sur la fontaine

quand l'ordre géométrique crée de l'esthétisme

Pour en savoir plus sur l’histoire du site et pour connaître les modalités de visite :

http://www.prieuredelongpre.com

http://www.parcsetjardins.fr/picardie/aisne/prieure_de_longpre-1357.html

un élégant guide de visite (payante, libre et fléchée) de quatre pages avec illustrations et plan est donné à l’entrée, il suffit pour la compréhension de l’ensemble.

N.B. : photographies de l’auteur publiées ici avec l’aimable autorisation des propriétaires

2 réflexions au sujet de « Longpré, qui fut prieuré. »

    1. voirdit Auteur de l’article

      à Hécate,
      Comme votre commentaire me fait plaisir : ce « passé qui s’enchante dans la fraîcheur de la nature« , convenez que je ne pouvais guère espérer meilleure formule pour qualifier ces notes inspirées souvent par l’Histoire -une passion et profession, et la nature -un délassement souvent approché de manière humoristique mais autant que faire se peut scientifiquement exacte. Quant à la fréquence de vos visites elle s’accorde par nécessité à votre propre exigence de blogueuse car vos propres travaux exigent tant de recherche et lecture que vous ne sauriez gambiller ici et là en permanence sur la toile. Les créateurs ne peuvent être au four et au moulin, des choix s’imposent et moi-même regrette beaucoup de ne pas vous être non plus bien assidu en vos lignes justes et précises sur la littérature et tout à fait dignes d’une fréquentation régulière.

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