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Vailly-sur-Aisne et le soldat Robert Whalen

R. Whalen est né à Sheffield (Illinois) le 22 janvier 1924. Il s’engage dans l’armée américaine à 18 ans et fut tué à Vailly le 28 août 1944.

Au travers de son histoire récente la Ville de Vailly-sur-Aisne a toujours tenu à manifester annuellement sa reconnaissance à ses libérateurs et spécialement au soldat Robert Whalen (4th Cavalry reconnaissance squadron mechanized)  par des cérémonies officielles.

Archives Ville de Vailly
archives Ville de Vailly

A partir de 1953 une stèle à sa mémoire a été érigée puis déplacée en 2020 pour des raisons de sécurité routière. Les Conseils municipaux successifs depuis cette date ont recherché en vain des descendants du soldat R. Whalen. Il a fallu la parution en 2018 du roman de Pierre Commeine « Chemins d’absence » et l’aide hasardeuse de l’internet pour que la rencontre de la famille Whalen et notre Ville puisse avoir lieu en ces jours anniversaires de la Libération de Vailly. Robert Whalen a été tué la veille de la Libération mais la date officielle retenue est le jour de cette Libération de Vailly. L’armée US qui se développait en suivant la route parallèle à l’Aisne depuis Soissons avait besoin de connaître l’état de la défense ennemie à Vailly, en particulier depuis l’accès sud, devant l’Aisne et son canal latéral, devant les ponts de franchissement de ces voies d’eau. C’est là qu’eut lieu l’accrochage avec la défense allemande qui coûta la vie à notre libérateur.

Nous connaissons le tragique épisode qui mit fin à la vie de Robert Whalen par quelques témoignages judicieusement recueillis et transmis par Michel Bergé, historien amateur local, auprès de quelques témoins oculaires*. Ils sont postérieurs aux événements mais se recoupent et sont à considérer comme authentiques et véridiques une fois mentionnée la déformation inévitable du souvenir dans le temps. Le témoignage principal est celui de la tenancière de l’établissement « La Guinguette », Emilia Delmasse, qui a également récupéré ce dit jour le casque du soldat. Suivons-là :

« Le 28 août 1944, 10 heures, le sol était détrempé, il avait plu. Une jeep venant de Chassemy, traverse le canal sur le pont en bois. Un canon allemand, positionné place du 306, en enfilade, touche le véhicule qui s’enflamme. La jeep est stoppée entre le canal et la rivière à la hauteur du monument élevé en l’honneur de Robert Whalen. Le corps de Robert Whalen, mortellement touché, reste dans la jeep qui brûle. Le corps du soldat sera déposé à l’église. Les Américains sont rentrés le lendemain matin à Vailly. Le casque a roulé dans le talus côté petit large, c’est là que je l’ai ramassé ».

Nous confronterons ultérieurement ce témoignage avec les rares autres dont nous disposons.

En cette occasion de commémoration et de souvenir nous présentons la copie numérique d’un film d’époque.

FILM « La Libération de Vailly-sur-Aisne » : 29 août 1944, suivi de la parade militaire du 8 juin 1945. Tourné à Vailly par Georges Vernet.

Origine du document :

Le film a été tourné à Vailly le 29 août 1944, jour de la Libération de la Ville par un détachement de l’armée des USA, la 3e D.I. L’auteur, Georges Vernet, établi dans un atelier d’horlogerie-bijouterie rue Alexandre Legry  était par sa femme un cousin germain de mon père Louis Boureux, droguiste rue Alexandre Legry à Vailly. A cette date mon père était prisonnier de guerre, Stalag II B et /ou III C dans un camp de Poméranie orientale.

Ce film a été tourné dans le format 9,5 mm et m’a été confié dans les années 1960 par G. Vernet afin que j’en fasse une copie dans le format alors en usage courant, le 8 mm. La présente version numérisée au format mp 4 est la copie de ce film dans le format 8 mm.

La première partie de ce court film illustre le stationnement bref et le passage d’un corps de régiment des USA le 29 août. La séquence filmée est typique des événements enregistrés : brève expression de joie populaire, distribution de produits consommables, embrassades et montée sur chars au centre de la ville, Place Herriot . Un autre aspect, tourné à l’angle du Jeu de Paume, Boulevard Pierret et Rue de Sommecourt, exprime la puissance matérielle de l’armée US par le nombre et le rapide défilement des véhicules dans un virage à angle droit.

* je remercie dans ce contexte MM. J.-M. Martainneville et S. Véron (Associations des Anciens Combattants et Victimes de guerre de Vailly) pour la teneur des documents qu’ils me confient depuis des années et leur participation à la vie de l’Association Patrimoine et Environnement vaillysiens.

Trois images de qualité médiocre extraites du film :

Jeep place de l’Hôtel de Ville
boulevard Pierret 29 août 1944
Programme des journées d’août 2021

« Carnets nomades » de Guy Féquant

« CARNETS NOMADES » de Guy FéquantCarnetsNomadesCouvA

Guy Féquant, érudit marcheur qui écrit, publie un troisième ouvrage chez l’éditeur Anfortas, après un roman, « Albane », et des récits de voyage dans « Le passant du soir ». Ce nouveau livre, « Carnets nomades, 2014-2019. Préface de Renaud Lamkin, mars 2020, 172 p. », peut être considéré comme une suite du Passant, mais ceux qui connaissent l’auteur parce qu’ils l’ont lu ou le fréquentent y trouveront aussi comme l’écho assourdi d’une dizaine d’autres écrits publiés antérieurement.

Si vous pensez lire un guide de voyage, passez votre chemin. Pour autant des lieux sont décrits précisément et vous trouverez son itinéraire sous vos pas lors d’une prochaine excursion. Ces endroits cependant, inscrits dans la géographie quand ce n’est pas dans la morphologie et la géologie, perdent vite en leurs paragraphes, leur immédiate existence temporelle. L’Histoire y est dévoilée en partie, éventuellement datée, du passé proche ou lointain elle surnage. Vous cheminerez par exemple dans le passé colonial de l’ïle Bourbon aussi bien que dans le moyen-âge laonnois ou l’antiquité romaine là où elle est encore lisible. Cette Histoire n’est qu’un support mémoriel qui se désagrège bientôt vers d’autres piliers de soutènement du récit. En effet avec Guy Féquant le vagabondage cérébral est permanent et de nombreuses images ainsi que des incursions très fréquentes chez des écrivains de toutes époques (une quarantaine de citations) vous empêchent de prendre racine ici plutôt que là. Tant mieux.

Qui plus est, il suffit d’un traquet motteux ou d’un busard de passage, une rosalie des Alpes ou un machaon, ou même un souffle dans la ramure de maints arbres nommés pour que la symphonie naturaliste -déjà en attente sur ses portées dans les notes précises noircies dans le carnet ‘Moleskine’ toujours à portée de mains, éclate.

Dans les lignes de Guy Féquant éclats de nature et touches colorées (Ah, les bleus !…) fulminent ou stridulent ; entre ces lignes tout cela est transfiguré, tantôt par le bonheur ressenti, tantôt par l’extase approchée. C’est que l’auteur, qui s’efforce de sortir de sa glaise originelle, qui veut ne plus être ce qu’il fut naguère, cherche dans sa marche le moyen de s’élever et y parvient. L’ensemble du récit recèle une sorte de douce mélancolie qui accompagne, sinon les pas de l’auteur, certains de ses arrêts. Alors il nous attire dans ses traces où nous plaçons nos pieds pour atteindre en sa compagnie des sommets depuis lesquels s’ouvrent de vastes horizons. Attention : votre esprit peut s’embuer dans les vapeurs d’un champagne, un Irancy ou autre cépage, voire même vous placer face à face avec une « fille à tête de femme viking ».

Ces carnets ne se referment jamais parce que l’Enigme que Guy poursuit empêche des fermoirs de clore l’aventure humaine enchâssée dans leurs pages. Profitez donc des pages entrouvertes pour vous glisser dedans et apprécier de par vous-même le contenu.

Vous pouvez commander chez votre libraire ou directement chez l’éditeur, coordonnées présentes sur les deux illustrations jointes.