Archives mensuelles : septembre 2010

Paissy et les Journées européennes du patrimoine

Essai réussi dans ce village où nous souhaitions partager avec nos visiteurs nos découvertes depuis 2002. Que montrer en effet devant et au pied de la falaise lutétienne qui borde bien des côteaux en bordure du Chemin des Dames ? Selon les groupes et l’inspiration du moment Nicole et moi avons abordé la géologie, l’environnement, l’histoire et la littérature. Le thème de l’année a été évoqué à l’intérieur de ce schéma directeur, notre modeste village de 70 habitants ne pouvant avoir hébergé suffisamment de grands hommes pour  remplir intégralement notre présentation :

affiche des journées du patrimoine 2010

journées européennes du patrimoine Paissy

programme partiel de la visite

un groupe de visiteurs

Adapter le discours à l’auditoire et capter son attention. Montrer et démontrer, faire toucher presque. Ici pas de tableaux de maître, pas de mobilier précieux, pas de tympans ciselés : de la roche grossièrement excavée, adroitement adaptée à des épisodes de vie quotidienne souvent difficile et parfois tragique. L’histoire révèle l’ordinaire de la vie sous terre, la littérature émeut le visiteur sous la plume d’Alain ou de Teilhard de Chardin qui ont illustré magiquement ces lieux (voir nos notes des 14 avril 2008, 16 mars 2009, 13 mai 2009 et 7 octobre 2009).

     Le paysage reflète tantôt l’âpreté des combats, tantôt la quiétude d’un sous-bois où jaillissent, apprivoisées, les eaux vives, où gîtent les blaireaux incivils (voir par exemple les notes des 30 juin et 24 octobre 2008). Le guide se veut émoustilleur culturel qui place l’humour comme vertu d’échange avec ses visiteurs : ils n’ont pas vu les 45 minutes annnoncées devenir 60 ou 100. Magie des lieux et du verbe.

Amis de passage (139), si vous souhaitez voir figurer ici l’une ou l’autre de vos photos, envoyez-les nous !  

Merci à l’office de tourisme du pays de Laon pour la gestion des visites.

http://www.tourisme-paysdelaon.com

Vitré : anno Domini 1513

De passage à Vitré, l’oeil attentif aux lumières et aux formes, j’ai retenu dessinés dans le bois, dans la pierre quelques appels signifiants. L’un d’eux portait gravé dans la pierre comme il aurait pu l’être cursivement noté sur un parchemin une lettre, trois lettres puis quatre chiffres. Assez pour rappeler la fuite du temps aux passants du futur, en l’esprit du propriétaire qui n’imaginait pas sans doute qu’en 2010 encore quelqu’un lirait son message… Puis-je moi-même savoir si en 2507 cette pierre sera en place ? Non mais j’espère seulement qu’il en sera ainsi et qu’en 2013, tout près de nous donc, certains fêteront le demi millénaire. Assez écrit, de quoi s’agit-il ?

maison 1513 à Vitré

Au premier regard vous pensez être devant une toile abstraite. Il n’en est rien, que du concret mais abrégé. Il faut lire en effet, selon l’habitude des temps médiévaux : A(nno) D(omi)ni 1513 et ces signes sont gravés sur une pierre bien apparente d’un hôtel particulier que voici dans son entier :

hôtel particulier 1513

Un autre encore, à peine éloigné, jetait dans le ciel d’août une bien curieuse tourelle et des brillances d’ardoises fantastiques et même fantasmagoriques car elles m’ont fait penser aussitôt à l’un ou l’autre de ces lavis rouillés que Victor Hugo a tant aimé laisser à l’imagination de ses lecteurs.

Hôtel du Bol d'Or à Vitré

Un dernier appel encore, en bout de rue, en fin de parcours, laissait entendre qu’après le repas je pourrais reprendre ma quête de signes et de sens dans cette ville riche en inattendues demeures alors que dans ma mémoire ne restait apparemment inscrites que les lignes structurantes de son château, assez connu pour que je ne livre ici que deux photos ‘souvenir’.

vieilles maisons de Vitré

cour intérieure du château de Vitré

façade du château de Vitré

 

Comme nous le fait judicieusement remarqué Jeandler, ami du web (http://jeandler.blog.lemonde.fr) ces toitures de Vitré sont probablement sorties de quelque rêve. Et bien oui et c’est à Victor Hugo que j’ai pensé en les photographiant car qui mieux que lui sait illustrer des rêves par les mots ou par le dessin, le lavis ; ces encres diluées se meuvent dans les volutes cérébrales de ses lecteurs et l’emmènent en songe. Ainsi, retrouvant sa Juliette en des circonstances agitées que nous relate fort précisément et avec talent M. Jean-Pierre Montier dans « Deux voyages amoureux en Bretagne, Victor Hugo » ; Ed. Ouest-France, 2009 ; notre écrivain a profité de son séjour breton pour crayonner et j’ai extrait du livre de M. Montier une ‘plume et encre brune du Vieux saint-Malo’ où les toits surgissent :

 

 

vieux Saint-Malo

Il m’a semblé que les maisons et toitures de Saint-Malo ancien et disparu vues par Victor Hugo ont un air de parenté certain avec celles du Vitré d’aujourd’hui, restaurées et bien vivantes. Rien que pour cela quittez donc l’autoroute et parcourez les vieilles rues de Vitré. Graphitez, lavissez vous aussi !