Archives mensuelles : août 2011

Braine : En son couronnement, en son assomption Notre-Dame veille, et saint Yved..

ne pas vous faire lanterner

Perfection géométrique de la tour-lanterne de Saint-Yved de Braine

 s’approcher en douceur

Saint-Yved depuis la route de Fère-en-Tardenois

paisible coup d'oeil la-haut, en montée vers 'La Folie'

Saint-Yved de Braine

nef raccourcie, flèche absente mais quelle présence !

Entrons enfin, car là est notre contentement

l'oeil parcourt l'espace agréablement flatté par la douce harmonie d'ensemble

Que Dieu vous bénisse !

Christ bénissant de Braine

Christ bénissant à la clé de la chapelle des fonts

et Marie de même, avec Jésus :

Notre-Dame de Braine

Vierge à l'enfant assise, en pierre, avec traces de polychromie, dernier quart du XIIe siècle, sauf la tête de la Vierge qui est moderne

cependant que les anges encensent :

ange thuriféraire de Braine

la fumée d'encens lancée par l'ange nuit à la netteté de la photographie mais embaume l'espace de la chapelle mariale de Braine. Habile sculpteur qui anime pour toujours la pierre.

Malicieux, le sculpteur a presque caché un autre ange décorant la clé des voûtes du choeur :

ange caché dans une boule de végétaux à Braine

inattendue exubérance végétale, dont a profité l'oiseau pour son nid et qui cache encore un peu plus un ange blotti là

tandis qu’un autre devient portefaix au tympan, à moins que, les anges étant asexués, elle ne soit cariatide. Traces de polychromie verte et pourpre :

ange supportant une charge, Braine

et que vibrent les couleurs mises en scène par Jacques Gruber à la fin des Années Vingt et jusqu’en 1934:

vitrail des béatitudes à Braine par Jacques Gruber

toutes les verrières de Braine ont été composées par le peintre verrier Jacques Gruber dans un style allant de l'Art Déco le plus vif à une figuration plus sage en référence aux imagiers du XIIIe siècle

rose du transept sud de Braine par Jacques Gruber

Notre-Dame de Braine vue par Jacques Gruber dans la rose du transept sud illustrant les Vertus de Marie

sculptures XVIe s Braine

sculptures du XVI e siècle, ayant sans doute orné une poutre de gloire, de nos jours dans la chapelle des fonts

vie de Marie par Jacques Gruber dans les verrières de Braine

deux scènes illustres inscrites dans un quadrilobe et une mise en scène toute médiévale pour les verrières de la chapelle mariale de Braine par Jacques Gruber

et maintenant retournez-vous, sortez en esprit et voyez :

tympan de Braine, le couronnement de la Vierge

comme si vous étiez dehors contemplez cette scène du Couronnement de Marie par le Christ, scène remontée à Braine en 1970 et présentée avec d'autres éléments au revers de la façade actuelle

Dormition de la Vierge au tympan de Braine

Dormition de la Vierge au tympan de Braine, sur le linteau, en vis-à-vis d'une Assomption aujourd'hui disparue

Cette trop courte présentation de l’abbatiale Saint-Yved de Braine devrait vous inciter à venir sur place observer l’un de ces joyaux médiévaux qui sont la renommée du Soissonnais et du Laonnois, en dépit des énormes destructions de 1914-1918. Elevée vers la fin du XIIe siècle ou le tout début du XIIIe siècle, l’abbatiale des ex-chanoines prémontrés de Braine fondée en ce lieu vers 1130 doit une part de sa splendeur à la richesse des initiateurs de la nouvelle église dont la tradition donne la date de 1216 pour sa consécration. Elle découle de la volonté d’Agnès et de Robert de Dreux, frère du roi de France Louis VII. Elle servit ensuite de nécropole à cette famille de Dreux et présentait dans l’église de splendides tombeaux de bronze émaillé dont nous n’avons conservé que des dessins aquarellés qui en disent assez la richesse et la dextérité d’exécution. Bâtie selon les proches modèles de Soissons et de Laon, elle inspira Saint-Michel en Thiérache, Notre-Dame de Trêves et la Sainte-Chapelle de Dijon. Malmenée lors des guerres du XVIe siècle elle fut vendue en 1793 et heureusement restaurée en grande partie sous la Monarchie de Juillet.

plaque marquant l'emplacement de l'ancienne façade de l'abbatiale

Utilisée chaque semaine lors des offices, elle est généralement ouverte au public lors des après-midi d’août et lors des Journées Européennes du Patrimoine en septembre (merci à celles et ceux qui assurent ces animations).

Dans un style proche on rencontre à proximité les églises de Mons-en-Laonnois, Orbais l’Abbaye et le souvenir de l’ancienne église détruite de Mont-Notre-Dame. Des vestiges de son tympan sont présents au Musée Saint-Léger de Soissons et des fragments de ses vitraux dans la cathédrale de Soissons.

Pour en savoir plus lire par exemple l’excellente synthèse rédigée par M. Dany Sandron dans :

Dany Sandron, La Picardie gothique, Autour de Laon et Soissons, l’Architecture religieuse, Paris, A. et J. Picard, 2001, p.110-119.

 

Taille de guêpe

L’homme aime beaucoup rendre perceptibles ses déclarations en accentuant ses propos à l’aide d’images, de comparaisons et certaines d’entre elles sont si prisées qu’elles deviennent locution. Ainsi en est-il de la forme du corps de la guêpe et autres hyménoptères de même allure qui montrent une quasi rupture entre thorax et abdomen.

Le mot ‘guêpe’ au sens figuré au XIXe siècle désigne une personne à l’esprit fin et rapide, d’où l’expression : « pas bête la guêpe ». S’en suit un relatif oubli, puis en 1939 Arletty, dans le film  » Circonstances atténuantes » remet à l’honneur notre insecte avec la nouvelle expression : « pas folle la guêpe » encore conservée aujourd’hui.

Quant à la taille fine, très à la mode vers les années 1880, elle prend en anglais l’appellation de ‘wasp wait’ = taille de guêpe‘ depuis la création de la ‘Gibson Girl‘ par Ch. Gibson en 1887. Mais n’oublions pas que le mot guêpière trouve son origine au XVIe siècle en France, [guespière]mot désignant une sorte de corset serré à la taille et la faisant ressortir. L’habit ne faisant pas le moine, venons-en cependant à l’insecte lui-même.

Il se trouve que cette année, à l’été d’abord précoce avant que d’être frais et humide en juillet, certaines espèces d’hyménoptères, dont certaines guêpes ont été favorisées par ce type de climat. Ainsi ai-je pu photographier; à cause d’une destruction hélas nécessaire car en un lieu de passage obligé, le nid de l’espèce Dolichovespula media. En voici quelques images.

coupe d'un nid de Dolichovespula

on observe les étages successifs enveloppés à mesure dans des couches isolantes, hauteur 20-30 cm

Dolichovespula media, alvéoles

de la régularité dans le travail

larve de Dolichovespula media

larve de Dolichovespula en phase tardive

reine de Dolichovespula de profil

reine de Dolichovespula media, légèrement plus grande que les ouvrières

Cette espèce, à la différence de la guêpe commune, Vespula vulgaris, construit à l’extérieur. Elle mesure environ 15 à 22 mm de long contre 11 à 19 mm pour l’espèce commune. Elle peut présenter sur son clypeus tout jaune (entre yeux et mandibules) de face, un bâtonnet vertical noir.

face de Dolichovespula media

entièrement jaune comme ici (reine) ou bien avec bâtonnet vertical

le thorax de la Dolichovespula media ressemble fort à celui du frelon

Dans le nid dont il est question étaient rassemblées environ 200 individus et plusieurs dizaines de larves réparties sur les étages d’alvéoles empilées.

Cette guêpe que piquante vous craignez, qu’à taille de guêpe et esprit subtil vous louez, vous raillez, vous… voyez-là ci-dessous telle qu’illustrée dans l’excellent blog graphiste : ‘Design et Typo le Blog‘ à partir de la revue « L’essentiel de la Mode« , année 1943, juin.                                                                   http://paris.blog.lemonde.fr/2011/08/01/l%E2%80%99officiel-de-la-mode-les-archives-de-la-mode-depuis-1920-publication-2/  

couverture de l'officiel de la Mode, juin 1943

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