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Printemps vert et rouges touches

     Cette fois on y est, le vert éclate, renforcé par les pluies continues. Cliché normal que je me garde de décrier : le printemps est d’abord vert. Vert des mousses, vert des pousses, pas de doute. Le vieux mur détruit par la guerre, les rosettes d’Orchis purpurea, les jeunes feuilles du pied-de-veau salies de taches noirâtres et jusqu’au pissenlit qui attend de jaunir ses capitules encore enfouis.

            

mur moussu en ruine

        abri pour mustélidés

rosette d\\\\'orchis purpurea

     Oui vous êtes dans le vrai tout est vert en quantité de surfaces colorées à disposition sous nos yeux. Secondairement vous allez bien trouver du jaune, celui des giroflées par exemple, ou encore celui des onagres et forcément celui des forsythias introduits en grand nombre dans notre flore, à les croire indigènes comme tant d’espèces rapportées l’espace de trois ou quatre siècles.

  

fleurs de giroflée

   

fleurs d\\\\\'onagre

Et même le soleil s’en allant dormir dore le calcaire des creutes de ses feuilles carrées d’or battu que le doreur à la feuille vient de poser, le geste habile abrité derrière un coussinet en vessie de porc, car tel est le printemps du monde d’avril renaissant :

plaques d'or sur paroi calcaire du soir d'avril

coussin de doreur

coussin à dorer et feuille d’or utilisés par mon grand-père dans les Années Trente

     Parfois certes un violet d’aubriette, un bleu violacé de violette contraste en complémentarité chromatique avec tout cet or. Mais ce n’est pas là que je souhaite vous entraîner mais bien vers la complémentaire du vert.

     En effet, à y regarder de plus près voyez comme rougissent à partir de l’oeil les folioles de rosiers, comme flamboient les tisons ardents des pivoines surgissant de terre :

pousses rouges du rosier

pivoines sortant

     Ces touches rouges ici et là tranchent vivement sur l’océan de vert qui désormais gronde dans la ramure, s’essouffle sur les rochers moussus tandis que les nuages floconneux courent partout dans les cieux. Le groseiller égoutte ses grappes florales : pas de doute le printemps est là.

fleurs du groseiller à fleurs

 

 

Au Poil !

     En ces jours où le printemps tarde l’embellie d’une heure m’a entendu dire : « au poil ! Je sors au grand air, respirer, reprendre du poil de la bête après cet hiver mou qui traîne ».

L’oeil aux aguets comme d’ordinaire, stupeur, que vois-je ? Des poils partout. Ceux des feuilles de noisetier naissantes

 poils sur feuilles de noisetier

 et ceux itou des feuilles du chévrefeuille des bois

poils sur chévrefeuille des bois

     Saurai-je compter tous ces poils ? Certes non, pas même à un poil près, surtout s’ils sont aussi nombreux que ceux des jeunes feuilles de marronnier, à peine dégagées de leur gangue cireuse tant appréciée des butineuses qui en tirent la propolis

poils sur feuilles de marronnier

     Quelques pas plus loin, cette fois c’est à y perdre mon latin, que vois-je ? Une sorte de gélatine à poil perchée sur un tronc mort de sureau. Tout botaniste distingué vous dira que rien n’est plus normal car vous êtes en présence d’une colonie d’Auricularia auricula-judae que ceux qui ont tout perdu du latin nomment  ‘Oreille de Judas’ et qui est comme qui dirait la cousine du champignon noir des Asiatiques :

oreille de Judas

     Et même sur la terre du chemin, même chose -ils vivent donc tous à poil ici ! Une pézize s’étale nonchalamment, la perverse, peut-être Peziza badia ?

pézize

     Enfin, comme il en est tout au long de ces jours et de quoi me mettre de mauvais poil si un optimisme naturel ne me mettait sitôt de bon poil, des flocons tout ronds, drus comme on aime, se mirent à recouvrir d’un coup d’un seul les fleurs étonnées du forsythia qui firent aussitôt de cette aubaine une fête, couvrant leur chef d’une magnifique capeline immaculée

neige sur forsythia

Comme quoi hiver ou printemps c’est  bonnet blanc et blanc bonnet.

 C.Q.F.D.

Joyeuses Pâques 2008 !

Chers lectrices et lecteurs,

     Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes de Pâques, quand bien même le printemps ne serait pas au rendez-vous, ce qui sous nos latitudes est un grand classique de ce temps pascal, y compris lorsque Pâques arrive fin avril. Fin observateur et habile plume, Julien Gracq a très bien décrit le phénomène :

     « …Pour moi c’est le printemps qui me mine et me désunit de fond en comble : l’aigre printemps de France, acide, mordant, quinteux, giflé de grêle et d’orages. »

Carnets du grand chemin, José Corti, 1992, p. 152

     Joyeuses Pâques à tous !

oeuf gravé et peint

     Pour prolonger le mystère et pourquoi pas la fête je vous propose de vous rendre à l’adresse suivante pour visualiser un message en diaporama :

http://boureux.fr/Oeuf2Pak_fichiers/frame.htm