Ombres et lumières dernièrement approchées en photographie nous orientent vers la perception puis le rendu par tout artiste. La coquille d’oeuf précédemment photographiée peut être évoquée au crayon ou tout autre médium. L’idée est de ne retenir que l’essentiel, le minimum nécessaire à donner l’illusion de la présence. Les contours qui cernent disparaissent dans les « passages », anneaux et foulards de l’artiste magicien.

dessin JPB
La concentration de l’enfant appliqué à son devoir d’écriture, l’idée que l’on a de cet exercice et la présence du gosse sont traitées magistralement par Israël Sylvestre (XVIIe s.) : on ne peut rien retrancher, on ne doit rien ajouter à cette splendide gravure.

coll. part.
Saisi par la circulation de la lumière dans les élégants volumes architecturaux de l’abbatiale de Cruas j’ai tenté de rendre par le lavis cette impression première que je venais d’enregistrer différemment par la photographie. Cette dernière capte tout, le premier élimine avant tout. Grande différence qui ramène les données saisies à presque rien mais dont la soustraction rend toujours aussi bien compte du tout.

Le sculpeur, lui, choisit son matériau en fonction de ses goûts, du sujet à traiter et du rendu qu’il en attend par rapport aux effets physiques de la lumière sur sa création. Le fer ne sera pas abordé de la même manière que le marbre, la pierre que le cuivre.

héron de fer par Maurice Belvoix

artiste inconnu, coll. part.

dinanderie de Gladys Liez

chevêche par JPB, pierre calcaire du Soissonnais
Le contraste est grand entre réflexion partielle et absorption ; l’artiste réfléchit et tire profit de l’une et de l’autre. Dans tous les cas la réduction de la quantité de données retenues est essentielle à l’expression finale. Julien Gracq avait déclaré : « le roman ne doit jamais faire voir, il est lui-même vision ». Cette pensée vaut me semble-t-il pour toute production artistique.









