Archives pour la catégorie nature

Cossu ou Cossus cossus L., vraiment ? Oui mais ça se gâte.

On le dit d’ordinaire d’un appartement par exemple. Alors ce doit être vrai, examinons l’endroit.

Fourreau écolo dirait-on, peut-être de développement durable : des matériaux naturels, isolants, solides. Du vrai, pas vrai ? Quel architecte ? Ou je dirais même plus : quel architecte ! Construit en fonction de l’usage, sans esbrouffe, esthétique de surcroît ; en un mot de la belle ouvrage, comme en compagnonnage. A recommander décidément.           A l’intérieur visite libre puisque le précédent occupant a quitté récemment. Pourquoi, y aurait-il anguille sous roche ? Anguille non, mais…. Le promoteur me donne ses coordonnées, confidentielles évidemment. Je téléphone.

… »Ah, oui, très bien ce loft d’inspiration industrielle et futuriste mais au bout de plusieurs mois, je me sentais à l’étroit là-dedans : pas de visite possible. Au début je croyais avoir affaire à un appart de bon module, du reste j’avais mis la main à la pâte pour édifier, choisissant avec l’architecte les meilleurs matériaux. Ensuite ça c’est gâté, de jours en jours, jusqu’à ce que je sorte de mon cocon et m’aperçoive de la supercherie : j’étais comme un Japonais dans sa conque de plastique pour une nuit d’hôtel de célibataire. Mais moi j’aime voler de mes propres ailes, voir la lumière du jour, du ciel, des feuilles que je cisèle. Alors j’ai tout quitté, refait ma vie pour quelques semaines. »

-Si je vous suis, vous me parlez de cocon, de voler… et si vous étiez vous-même ce cossus, bien plus encore que votre logement ?

Un esprit non initié à la culture savante scientifique n’identifie nullement un groupe de mots tel que nom latin + adjectif + L. (pour Linné, à l’origine de cette terminologie). Il lit d’abord en sens commun français et voit en « cossus » le pluriel de cossu. Cet adjectif semble provenir de ‘gousse’, sous-entendu gousse de légumineuses et plus on en a plus on est ‘cossu’. On voit ici la difficulté ressentie par tout pédagogue qui doit se mettre à la place de l’apprenant d’abord, s’il ne veut pas parler dans le vide. Mais revenons à la bête.

Et bien oui, je suis le Cossus cossus L. en latin = ver qui ronge le bois, et en langue courante le Gâte-bois car ma chenille qui peut mesurer jusqu’à 10 cm de long creuse de larges galeries dans les bois qu’elle occupe jusqu’à sa sortie après nymphose. Cette mutation peut prendre trois ou quatre années.

L’an passé vers octobre j’aperçois quatre chenilles rougeâtres se hâtant sur la route et subodore le Gâte-bois. Voici l’une d’elles :

&chenille de Cossus cossus L.

J’en place deux dans une boîte d’élevage et en juin dernier découvre le cocon, des vestiges de chrysalide et le papillon nouveau né hélas dévoré par un parasite.

Voici le cocon :

cocon de Cossus cossus ou gâte-bois

Ici le cocon a été fabriqué à partir de l’environnement immédiatement disponible. Parfois la dernière mue a lieu sous l’écorce de l’arbre.

Autre cocon trouvé le 22 août 2012 dans une bûche coupée en avril 2012 ; la dernière mue (exuvie) de laquelle s’est extrait le papillon adulte est contenue à l’intérieur de ce cocon. Sur la photographie elle a été sortie du cocon et figure donc à gauche à côté de ce lui-ci :

exuvie et cocon de Cossus gâte-bois

Ci-dessous l’une des magnifiques planches du XVIIIe s. par A. J. Rösel von Rosenhof, où l’on peut voir évoquer la vie de ce parasite de nos bois. Reproduite Planche 40 dans les Insectes édités par Citadelle-Mazenod, 1988

Planche d'insectes de R. von Rosenhof

La chenille qui se prend pour un lama et crache n’est pas une fantaisie de dessinateur mais une réalité. Et en plus cela sent le bouc !

Si vous voulez en savoir plus sur cet insecte original allez-voir et lire les commentaires de M. André Lequet, naturaliste passionné qui sait si bien raconter des vies ordinaires d’insectes : (recherchez alors le gâte-bois dans l’index)

http://www.insectes-net.fr 

 gravure sur bois de Cossus Gâte-bois

reproduction d’après gravure extraite de : F. Depelchin, Les forêts de France, Tours, Mame et Fils, 1886

Alors la prochaine fois que vous direz ou entendrez : « ça se gâte ! » pensez au bois, aux arbres qui n’apprécient que modérément notre hôte du jour…

Suzanne, vous connaissez ? Ou Thunbergia alata, sexy en diable

Connaissez-vous Suzanne, celle qui a les yeux noirs ? Laquelle, me direz-vous, elles sont au moins deux ? En effet, elles sont deux et permettez-moi de vous présenter la plus enjoleuse, la plus fatale. Celle qui ne vous lâchera pas de sitôt, vous agrippant, vous entortillant, vous…, telle une liane, qu’elle est. On la dit africaine, on la sent brésilienne. Une latinos pas farouche. Gagne sa vie en participant à des séances photos où Eros l’observe. Elle sait y faire, surtout avec le photographe qu’elle trompe habilement par des métamorphoses infimes, soignées, évocatrices, semblant imperceptiblement passer en un clin d’oeil d’un genre à l’autre. Une pose en rondeur, en courbes, en ondulations. La belle fait chavirer notre photographe, l’oeil rivé au viseur.                                                                                                                                 pièce florale après floraison

Le miroir bascule et, coup d’oeil suivant, il en perd la raison ses sens le trompant. Les courbes laissent place à une certaine ligne directrice qu’il connaît. Bouleversé il demande à la belle de lui dévoiler son intimité.

Thunbergia en fruit

Graines dans leur enveloppe finement velue. Lors de la dessication celle-ci éclate tout d’un coup et bruyamment, s’ouvrant en deux et laissant ainsi s’échapper les graines

fruit en coupe avec graines

Quelques jours suffisent pour, d’une belle parée de tant de charmes, voir poindre la rose de Ronsard. Sic transit gloria mundi. Allez vous rhabiller dit le photographe amoral qui ne tilte qu’en présence de jeunes épanouies.

traces étoilées du décollement du fruit

Alors il comprend tout, revient sur terre en botaniste accroché à sa terre. Ce qu’il avait rêvé autre n’est qu’un ensemble reproducteur en fonctionnement étalé dans le temps. Comme toujours chez les plantes et dans la nature. Par manque d’observation on néglige souvent cet aspect des choses.

Venons-en à sa carte d’identité. Notre belle Suzanne a bien sûr un nom, qui est une dédicace. Mais puisqu’elles sont deux il faut choisir l’élue. Est-ce Thunbergia alata ou est-ce Rudbeckia hirtaMa préférence, bien que peu argumentée, va à Thunbergia alata parce que Rudbeckia hirta me semble entrer plus récemment dans la célébrité, en 1918 précisément lorsque cette fleur devint alors l’emblème du Maryland. Le fait me paraît un peu récent pour avoir contribué à nommer.  Quant à l’appellation elle-même de « Suzanne aux yeux noirs » elle pourrait venir du titre d’une nouvelle de Thomas Holcroft publiée en 1803 dans ‘Tales of Mystery’, selon une information que j’ai lue sur le forum de Futura-sciences.

fleur de Thunbergia alata

A l’oeil noir auréolé de soieries nacrées, légères, éblouissantes ; au comportement de liane évoqué d’entrée, je l’identifie désormais de loin. Quelle étrange beauté, d’une si grande simplicité, toute en noir et blanc !

Thunbergia alata au comportement de liane

Elle semble décrite pour la première fois sous cette appellation en 1825 dans Bot. Mag. 52 t. 2591 ainsi que dans le Curtiss’s Botanical 52. Ce nom qui est un prénom et une qualité a fait fortune puisqu’on le trouve employé et traduit en espagnol, anglais, allemand et français, pour le moins.  La prochaine fois que vous la verrez, appelez-la par son prénom et faites-lui un clin d’oeil : elle aime.

Pavie, 1525 et l’amertume. Ou 1664 et le « Strisselspalt » ?

     En 1531 les Etats-Généraux réunis à Bruxelles offrent à l’empereur Charles-Quint une tapisserie tissée d’après les cartons de Bernard van Orley. La tenture composée de sept tapisseries est destinée à commémorer la victoire de Pavie contre François Ier le 24 février 1525. 

     Naguère les écoliers français connaissaient la teneur de la lettre que le roi de France, fait prisonnier lors de la bataille, écrivit à sa mère Louise de Savoie :

« Madame pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m’est demeuré que l’honneur et la vie qui est sauve ».

     Observant la reproduction partielle de l’une de ces tapisseries je constate qu’un cheval a les yeux bleus et qu’une grande liane de houblon serpente sur l’un des troncs d’arbre entre lesquels se cachent ou passent les soldats. Sans doute ce houblon est-il figuré volontairement. Serait-ce en raison de l’amertume dans laquelle était plongée l’armée française par référence à la même amertume que procure cette plante à la bière ? Peu probable. Serait-ce parce que ses tiges piquantes et agrippantes enserrent leur support, le rendant de la sorte prisonnier ? Peut-être, mais sans doute s’agit-il plutôt d’un écho à l’usage pharmaceutique du houblon qui est antispasmodique.

     Voici le fragment de la tapisserie tel que je le reproduis à partir d’un article de Céline Lefranc, intitulé « La revanche de François Ier » et publié dans la revue ‘Connaissance des Arts’, n° 565, octobre 1999, p.60-63 :

tapisserie de la Victoire de Pavie et houblon

houblon

     Le houblon, Humulus lupulus, liane de la famille des cannabinacées, commune le long des bordures humides de bosquets et bois clairs, présente des pieds mâles et des pieds femelles aux fleurs différentes. Les fleurs mâles sont disposées en inflorescence rameuse tandis que les femelles forment des cônes ou strobiles globuleux ; ce sont elles qui sont ajoutées à la bière et qui lui donnent son goût propre.

cône de fleurs femelles du houblon

cône du houblon = fleurs femelles

fleurs mâles du houblon

fleurs mâles du houblon

      Soudain, à la lecture de mon quotidien préféré me vient un doute. Le 2 septembre dernier ‘Le Monde’ publie un écart publicitaire de ‘Fred et Farid Advertising’ vantant les mérites 5 étoiles, à l’image du ‘Negresco’, du houblon « Strisselspalt » employé lors du brassage de la bière ‘Kronenbourg 1664’. Alors je ne sais plus trop si s’agissant des pieds de houblon qui envahissent le revers de ma haie et le ravin du Mourson, je dois retenir 1525 ou 1664. Autrefois un petit voisin ayant trouvé une capsule de ‘1664’ pensait avoir en mains une antique ferraille. Moi je nage dans la mousse, heureux de découvrir cette variété « Strisselspalt ». Et je trinque à la bonne vôtre, avec mon voisin.

publicité pour la bière 1664

     Déjà un peu d’alcool a exité mes cellules nerveuses. Derrière les arbustes de la haie défilent des dizaines de lansquenets et autres mercenaires de toutes nations, ils se faufilent en criant des harros, des montjoie, cherchant le panache blanc, le cheval à l’oeil bleu. Leurs bannières portent 1664 et 1525 et même 2009. O tempore, O mores !

Songe d’une nuit d’été.

Shakespeare, oui. Acte III, scène 1 ; nous allons y venir.

Des écrivains de théâtre, de contes, ont repris bien souvent cette vision du ‘Songe d’une nuit d’été’, de même que quelques peintres dont Marc Chagall (une de ses toiles sur ce thème est visible au Musée de Grenoble). En Grande-Bretagne, lors de la période victorienne dans laquelle un courant pictural d’inspiration féérique se développe, des peintres tels que Francis Danby et John Simmons ont traité également ce point de vue nocturne estival.

Shakespeare donc.

Songe d’une nuit d’été, Acte III, scène 1 de W. Shakespeare. Traduction  du site : http://www.inlibroveritas.org  QUATRIÈME FÉE.—Où faut-il aller ?
TITANIA.—Soyez prévenantes et polies pour ce seigneur : dansez dans ses promenades, gambadez à ses yeux ; nourrissez-le d’abricots et de framboises, de raisins vermeils, de figues vertes et de mûres ; dérobez aux bourdons leurs charges de miel, et ravissez la cire de leurs cuisses pour en faire des flambeaux de nuit que vous allumerez aux yeux brillants du ver luisant pour éclairer le coucher et le lever de mon bien-aimé ; arrachez les ailes bigarrées des papillons, pour écarter les rayons de la lune de ses yeux endormis. Inclinez-vous devant lui, et faites-lui la révérence
. …
     On lit que Titania ordonne d’allumer des flambeaux de cire aux yeux du ver luisant… Certes il ne s’agit pas des yeux mais du ventre, Shakespeare n’était pas nécessairement naturaliste. Toujours est-il que John Simmons peint une jolie Titania aux ailes qui me semblent celles du Grand Paon de nuit, approchant une allumette du ventre d’un lampyre. Cet insecte est correctement représenté. Nous savons que c’est la femelle lampyre qui pour attirer le mâle agite dans la nuit le dessous de son ventre dont les annelets terminaux sont porteurs de luciférine qui sous l’action de l’énergie et de l’oxygène émet un rayonnement de couleur verdâtre. Le mâle et les oeufs sont également porteurs de cette singularité, de moindre effet cependant. Notre ver n’est donc pas un ver mais un insecte. Je vous présente la femelle, vue de dessus et de dessous et vous constaterez ainsi que l’extrêmité de son abdomen montre des sections terminales différentes des autres, elles apparaissent de couleur claire et ce sont elles qui brillent dans la nuit, offrant parfois aux herbes des talus un scintillement étoilé des plus agréables. L’insecte hélas, perturbé par la clarté artificielle et excessive de nos cieux ne trouve plus guère sa femelle et n’y voyant goutte dans la nuit éclairée décline inexorablement ; ainsi peut-on dire que le lampyre broie du noir à cause du lampadaire qu’il jalouse. 

femelle de lampyre vue de dessus

femelle lampyre de dessous

lumière du monde, état off, -pour M. lampyre (Lampyris noctiluca L.)

luminescence du lampyre femelle

luminescence biologique, état On. (iso 3200, 1/10e s)

luminescence avec appoint artificiel

     Fragment de date du journal « Le Monde » éclairé par « La Lanterne » magique du lampyre, un monde ! (iso 3200, 1/20 s. et appoint lumineux par lampe de poche faible)

 Quand autrefois , non pollués d’éclairage artificiel les ciels et les nuits des peintres étaient peut-être plus féconds, à l’image des nuits des lampyres, alors ils avaient loisir de rêver et peindre. Ainsi John Simmons en 1866.

Simmons J., Songe d\\'une nuit d\\'été

Simmons, Songe...gros plan

Simmons, Songe d’une nuit d’été, « Titania »

Merci à Christopher Finch et aux Editions Abbeville, qui en 1994 ont publié le tableau de Simmons conservé à Bristol (Museum and Art Galery). Il s’agit d’une aquarelle sur papier de format 34,3 x 26,7 cm, reproduite p. 141 de l’ouvrage : « l’aquarelle au XIXe siècle » qui m’a été offert par mon amie Jeanne Buttner en souvenir de son mari Raymond, peintre amateur talentueux, fin connaisseur des maîtres qu’il m’a fait apprécier.

     Il faut encore que je vous dise que notre lampyre ne vit pas seulement d’amour et d’eau fraîche, comme vous vous en doutez, mais qu’il apprécie tout comme nous l’escargot ; non au beurre mais liquide à souhait, grâce aux enzymes qu’il injecte dans le corps du cornu après l’avoir anesthésié par quelques rapides morsures. Vous le savez bien la nature c’est toujours prédations et inventions. Et comme vous connaissez maintenant les moindres de mes manies vous avez tout de suite le réflexe d’aller voir chez … ? J.-H. Fabre comment vit notre bête du jour et sur le net, qui ne vaut cependant pas le livre de chevet, c’est ici :

http://www.e-fabre.com/e-texts/souvenirs_entomologiques/ver_luisant.htm

     « Nous sommes tous des vers…. Mais je crois que je suis un ver luisant. »

Winston Churchill, dans un extrait de conversation avec Violet Bonham-Carter. Citation trouvée sur le site ad-hoc : http://www.evene.fr.

Bonne nuit d’étoiles lampyriques ! Accompagnée par Mendelssohn ?

Complément documentaire ajouté le 3 juillet 2018 :

Hier soir sur pelouse étincelle un point jaune verdâtre. Un quart d’heure après ce rapide aperçu je décide de recueillir l’insecte pour le photographier. Suprise : le piège brillant a fonctionné, ce sont deux individus que je récolte. L’accouplement vient d’avoir lieu et la femelle baisse d’un ton le luminaire des étoiles. De ce fait j’ai la satisfaction de découvrir le mâle qui lui, peut-être, ne sera pas ravi de cette mise en scène plutôt réservée aux stars.

accouplement des lampyres, profil et dessus

En dessous d’ailes : papillonnons !

     Selon les années, le temps qu’il fait, nous voyons plus ou moins de papillons. Cet été est favorable à certains, à ceux que l’agriculture des trente dernières années a laissé en vie en dépit de la restriction considérable des étendues végétales variées d’antan. Alors ne boudons pas notre plaisir d’observer des dessous d’ailes affriolants sans doute pour les ressortissants de cette cohorte ailée.

     Le plus brillant représentant de la famille, sous nos latitudes, est probablement le Machaon (Papilio machaon),  Grand Porte-queue remarquable, qui avec son cousin « le Flambé » apprécie hautement le vol à voile alentours des collines orientées au sud. Les naturalistes décrivent l’action ainsi : « hill-topping ». Chez moi ils se contentent de parader, planer, virevolter de capitules en épis floraux. Des jaune, azur et orange, ainsi que d’autres couleurs, emprisonnées entre des lignes noires de sertissage, comme le seraient des émaux cloisonnés, magnifiques et qui, soudain, s’animeraient. Pour moi son retour annuel évoque les jours d’été de l’enfance quand, alors nombreux, les machaons et leurs alliés ailés comblaient de satisfaction mes escapades à « l’Abondin », colline sacrée vaillysienne. Là, de grottes en savarts, d’histoire guerrière en observations pré-naturalistes, je tentais passionnément de comprendre le monde. Si ce lieu fut en quelque sorte initiatique pour quelques gamins de Vailly-sur-Aisne, il le fût parce qu’il présente un paysage lié à la Grande Guerre et que de ce lieu on voit bien : un « mirabeau », un « mons mirabilis ». Pour moi il était de plus lié à toute bête des savarts et les grottes voisines servaient de terrain d’expérimentations diverses. Vincent, un ami correspondant l’a évoqué ici, dans un projet de vidéo : http://sites.google.com/a/excentric-news.info/sous-le-clavier/accueil/horizontalite

     Je comprends mal pourquoi de nos jours, la soif de connaître puis le bonheur de goûter qui s’en suit, semblent avoir déserté nos campagnes et nos villes. Il me semble pourtant que dans cette évolution néfaste l’histoire a moins souffert que l’histoire naturelle. C’est pourquoi ces jours-ci j’apprécie d’autant mieux la lecture des lignes de M. Yves Delange, éminent naturaliste botaniste qui s’est dernièrement intéressé à la quasi disparition de l’enseignement des sciences naturelles : « Plaidoyer pour les sciences naturelles » … , introduction par Richard Moreau, chez l’Harmattan, 2009.  A méditer pour s’engager à inverser la tendance autant que faire se pourra !

dessus et dessous d'ailes du Machaon

     Une migration abondante de Vanesses Belle-Dame (Vanessa cardui) nous vaut la présence d’une multitude de ces papillons actuellement. Ils sont si nombreux à la mi-journée sur les buddleia (voir plus bas) que j’entends le froissement de leurs ailes en un froufroutement gracieux dans les senteurs miellées que le zénith solaire avive. Ces Vanesses nonchalantes, comme les Vulcains et les Paons du Jour de leur cour, aiment se poser au sol de temps à autre et ployer leurs ailes en lents battements qui recueillent la chaleur et la renvoient vers le thorax.

Vanesse Belle-Dame

lumière arrière comme s’il s’agissait d’un vitrail

dessous de Belle-Dame

dessous d’appas autrement mis en valeur, et en dessous, le feu du Vulcain (Vanessa atalanta) enflamme les coeurs, alors que les dessous d’un Azuré laisseraient de glace ? :

dessous du Vulcain

dessous d'aile d'un Azuré

et le Demi-deuil (Melanargia galathea) alors, ferait-il tout à demi, lui qui a de quoi satisfaire le verrier ?

dessous du demi-deuil

     Quant au Citron (Gonepteryx Rhamni), reconnaissable à sa couleur et à la délicate découpe de ses ailes, il préfère généralement ne montrer que ses dessous, agrémentés de deux points orangés. Sans doute l’avez-vous déjà rencontré au printemps avec ses compères du jaune, le Soufré, le Souci et le Fluoré.

papillon Citron

     D’autres encore présentent des dessous plus discrètement colorés,notamment parmi les membres de la famille des Nymphalidae. Leur détermination passe souvent par l’examen de leurs dessous. Je ne peux déterminer par la photographie les deux exemplaires ci-dessous (Myrtil et Tabac d’Espagne, avec grande réserve ?)

Tabac d'Espagne ?

     J’espère que cette longue présentation des dessous d’ailes, accompagnée de noms parfois curieux tant en français qu’en  latin, vous donnera, qui sait ? l’envie peut-être un jour ou l’autre, de mettre un nom sur ces insectes aimés des enfants et qui animent tant nos journées estivales. Les plus motivés pourraient du reste participer à l’opération de comptage dirigée par le Muséum National d’Histoire Naturelle et Noé Conservation, qui vise à mieux quantifier la présence de nos papillons les plus répandus, en nombre d’espèces limité, et accessible à tout un chacun. Y prenant part je peux vous signaler que le plus grand nombre de Vanesses Belle-dame rassemblé simultanément en un seul lieu en juillet fut de 28.

C’est ici : http://www.noeconservation.org/index2.php?rub=12&srub=31&ssrub=98&goto=contenu

Et pour conclure cette note : pages blanches ou pages jaunes ?

Jules Renard, Histoires naturelles, le papillon :

         « le billet doux, plié en deux, cherche une adresse de fleur. »                        Ed. FR Gallimard, 1967, p.117   

     Les aurait-il chassés ?  Sisley a peint cette scène élégante que j’ai photographiée depuis un calendrier édité par la Compagnie Electro-Mécanique en 1973. Ludique plus que prédatrice sans aucun doute, sur fond musical de Schubert peut-être (« der Schmetterling ») ou de Debussy ou encore Chausson inspirés par Théophile Gautier.  A vous de voir, d’écouter ou de lire.

Sisley, chasse aux papillons 

               

Verts d’été.

     En été on oublie vite que le vert est partout alentour, parfois tout au plus tempéré par le bleu du ciel. A l’ombre, près de la mare qu’une algue verte mystérieuse a envahie, quelques fruits de gouet ensanglantent les scolopendres aux feuilles nouvelles vert anglais.

Scolopendres et fruit de gouet

     Sur l’eau s’affrontent les insectes piqueurs : un bourdon malencontreusement tombé est victime des gerris, ceux qui marchent sur l’eau grâce aux poils huilés de leurs pattes. Belle est leur gesticulation dans l’éclairage rasant.

gerris et bourdon

ronde des gerris

gerris posé sur l'eau

     Sur la pellicule d’algues inconnues d’étranges traces témoignent de marches nocturnes volontaires ou non.

traces lisibles mais par qui ?

     J’attends le déchiffreur de cette écriture, propositions attendues de vous chers lecteurs et lectrices. Tout près de l’eau, impassible une splendide aeshne (A. juncea ?) dépose ses oeufs dans la mousse portée par une pierre de rive. Merveilleux spectacle, splendide adaptation du vivant. Hélicoptère blindé et museau monstrueux, inutile lecture d’aventures de science fiction.

     grande aeshne des joncs ?

     Sous-bois quitté, en pleine lumière, juchée sur une touffe de chardons-Marie, s’expose la sauterelle verte, la bien nommée.

grande sauterelle verte

      Même le garenne, d’une rare abondance cette année, contemple toute cette verdure, à en manger, à en rêver. Il sait sans doute que ce n’est pas cette espèce qui est consommable, tout comme l’a exprimé Apollinaire dans « Alcools » :

« Voici la fine sauterelle,

La nourriture de saint Jean,

Puissent mes vers être comme elle,

Le régal des meilleurs gens. »  

Apollinaire, Alcools,  NRF, 1920.                                                                               

   garenne réfléchissant

     Il ne craint ni la halebarde qui protège des feuilles au lait âcre, ni la cétoine qui vient d’aterrir sur les pétales d’une rose de la haie du jardin pour en croquer quelques étamines. Craintif et malin il est tout à son aise car il sait que le renard qui d’ordinaire le guette a été éliminé par les chasseurs.

épines en hallebarde

cétoine atterrissant sur une rose

cétoine

    Saoûlé de vert, même métallisé et même bleu, à en avoir la nausée, je vous laisse au souvenir des belles vertes et des belles bleues des nuits du 15 août à venir, après celles du 14 juillet advenues et perdues dans les cieux d’été. 

 

Ne file pas, va de travers : l’araignée-crabe

     Je vous l’ai déjà montrée, en ombre chinoise ou plutôt portée, sur une feuille ; c’était dans une note relative aux lumières et ombres en art, le 28 janvier 2008.

     Il est exact qu’elle marche de côté et qu’elle aime étendre latéralement ses pattes antérieures un peu comme un cormoran séchant ses ailes. Et si j’ajoute qu’elle ne file pas de toile pour piéger ses proies mais préfère se poster à l’affût et fondre au dernier moment sur sa victime qu’elle paralyse d’un coup de crochet, alors vous penserez peut-être, avec raison, à l’araignée-crabe, Misumena vatia.

araignée-crabe

vue de dessous

     Rien de tel qu’une série de profil, de côté, du dessus et de l’arrière pour vous présenter le sujet, de telle sorte qu’en la voyant un jour sur un végétal quelconque vous vous souviendrez de l’avoir déjà rencontrée quelque part.

araignée-crabe de profil

araignée-crabe de dessus

     Serait-elle un peu raccoleuse, au point d’attirer le regard et la pensée du géographe et démographe qui croit lire sur le postérieur renversé la figure d’une pyramide des âges ?

araignée-crabe de l'arrière

     Vous vous doutez bien que notre merveilleux observateur que fut Jean-Henri Fabre l’a décrite (cherchez Thomise ou araignée-crabe dans la table). Je donne ici seulement le passage étonnant où il met en scène la dispersion des jeunes que vous pourrez lire en entier dans la Série IV, chapitre V des Souvenirs entomologiques, édités par Robert Laffont, T.II, 1999, p. 703-708.

     « …C’est alors sur la cime de la broussaille, un jet continu de partants, qui s’élancent pareils à des projectiles atomiques, et montent en gerbe diffuse. A la fin, c’est le bouquet d’un feu d’artifice, le faisceau de fusées simultanément lancées. La comparaison est exacte jusque dans l’éclat. Flamboyant au soleil en ponctuations radieuses, les petites Araignées sont les étincelles de cette pyrotechnie vivante. Quel glorieux départ, quelle entrée dans le monde ! Agrippé à son fil aéronautique, l’animalcule monte dans une apothéose. »

     Le vocabulaire employé dans ce texte me renvoie aux années 1960 lorsque, adolescent imaginatif il m’arrivait, avec le soutien réel et l’émulation supposée de mes frères, de concevoir quelques engins pyrotechniques et balistiques. Alors je songe à ces recettes semblables à celles du grimoire ci-dessous publié en 1859 qu’il nous fallait recopier à une époque où nul secours ne pouvait venir d’internet, ce qui du reste augmentait plaisir de la recherche et satisfaction de l’expérimentation. 

Traité de pyrotechnie 1859

Montez, montez haut dans l’azur, fusées d’enfance et ne retombez jamais, fusez rouges feux de bengale et continuez à illuminer nos rêves ! Ceux qui ont fabriqué et ceux qui  ont vu savent, ceux qui ont entendu dire, croient, imaginent et embellissent. Alors vous aussi croyez à la magie verbale qui consiste à rendre merveilleux l’univers de la nature, comme au temps de l’enfance !

 

Ordinaire jour de mai

aubépines

     Au-delà du ravin du Mourson moutonnent blanches les aubépines, ponctuation placée en lisière du vert sous-bois, comme des notes qui égaient le jaune colza à l’odeur fade. De près leurs bouquets blancs et roses se hérissent d’étamines à tête fauve qui ignorent l’épine.

bouquet d'aubépines fleurs d'aubépine

     Franchissons la bordure, entrons. Les Orchis purpurea abondent, haut perchés,  labelles veloûtés, dans la prestance pourprée d’un empereur byzantin. Voyez de près l’élégance du tissu, pailleté de fins crochets distribués en pluie. Ils dodelinent au vent, fiers de montrer du doigt leur trop discrète voisine blafarde car privée de chlorophylle – une néottie nid-d’oiseau, à laquelle les circonvolutions du rhizôme ont donné nom.

hampe fleurie d'Orchis purpurea

gros plan sur label d'O. purpurea

Neottie nid-d'oiseau

néottie nid-d’oiseau et, à son pied, aspérules odorantes

     Encore de rares senteurs de muguet finissant et au-dessus, qui s’enhardit à monter de l’humus gorgé d’eau, la fragrance tenace des aspérules odorantes, les bien nommées, avec lesquelles les Alsaciens ont coutume de produire un « vin de mai » parfumé.

fleurs d'aspérule

     De mémoire il me semble que jamais je n’aie vu pareille fructification des ormes. Le sentier est parsemé de leur graînes en majesté dans l’auréole ivoire et nacrée qui les tient prisonnières quelques heures, depuis leur chute du ciel qu’elles colorent par plaques offensant la verdure de ces jours.

fructification de l'orme

graînes de l'orme

     Du pied de la falaise tapissé d’un somptueux édredon de géranium des bois aux discrètes fleurs roses, aux encore plus timides éclaboussures rouges des pétales et des tiges frêles et cassantes,

fleur de géranium des bois

voltigent piérides et tircis qui se coursent mutuellement dans un vagabondage enfantin. Je m’amuse de leurs allers et venues à tire-d’ailes de velours et de nacre.

tircis

Tircis (Pararge aegeria L.)

     Plus haut, en plein soleil, diffusant un subtil parfum, un pied de giroflée jette de l’or sur la pierre creusée d’antiques boulins, sans doute pour le plaisir des pigeons qui roucoulent d’aise dans une cavité voisine abritée.

giroflée devant boulins

fleur de giroflée

     Me manquent déjà ici la fraîcheur du sous-bois, la musique du ruisseau et l’éclaboussure des gouttes devant la cascade où des scolopendres en leur jeune et renouvelé costume montent la garde.

ruisseau et cascade

cascade

gouttes d'eau au 1/1000e de s.

C’était un jour ordinaire de mai.

« …ce qui me semble, à moi, le plus haut dans l’Art (et le plus difficile), ce n’est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d’agir à la façon de la nature, c’est à dire de faire rêver. … »

Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet, 1853

dans Flaubert, Correspondance, Choix et présentation de Bernard Masson, Folio, 1998, p. 257.

Sons d’avril.

     Bien difficile de décrire les bruits qui nous entourent. De l’entrée d’une creute j’entends, très proche, le chuintement aigu d’une chauve-souris à l’abri d’une crevasse et immédiatement au-dessus de la falaise les pépiements d’appel d’un couple de mésanges bleus occupé à charrier de la mousse pour remplir une cavité, suivis de l’éclatement soudain d’une trille flûtée d’un troglodyte. A quelques pas le martellement d’un pic à l’intérieur d’un vieux tronc de frêne anime le sous-bois d’un tambourinement continu et rapide distribué en salves courtes. La présence de l’oiseau m’était signalée en outre par la projection au sol d’une multitude de copeaux lancés à la volée.

copeaux qui trahissent la présence du pic

     A quelques centaines de mètres des pics noirs communiquent par code connu d’eux seuls, dans un crépitement puissant, très au-dessus de celui du pic-vert qui, tout d’un coup passa sa tête empourprée et s’élança dans le sous-bois qu’il salua de son habituel rire inimitable. Dans le vallon le claquement d’une porte de benne provoqua le coup de klaxon du faisan auquel fit écho un cageolement de geai des chênes * et plusieurs hullulements de hulotte. Dans les hautes ramures rousses aux lourds bourgeons gonflés de sève, un couple de ramiers ronronne et un écureuil voltige. Surpris de me voir il s’agace, observe en tournant autour d’une branche maîtresse et secoue violemment sa queue déployée en panache rouillé. En colère il crachouille un peu comme un lérot puis disparaît d’un saut habile sur un baliveau proche. Des merles font bruire des feuilles mortes au pied d’un érable et signalent ainsi leur présence tandis qu’une linotte pousse la chansonnette bec grand ouvert, bientôt suivie du répertoire mélodieux et varié d’une fauvette à tête noire. Ce matin le concert est magique, en pleine stéréophonie, chargé des promesses d’un printemps tardif et toujours enchanteur.

printemps jaune et bleu

     Sur la pierre à usage de banc, auprès de la cascade, l’envie me prît, non d’enregistrer ces sons, mais d’évoquer par le trait et les mots cette magie annuellement mise en scène. Une malhabile entreprise de haïku et quelques touches de pastel gras sur le carnet de croquis suffisent à dire en peu de mots, en peu de traits, le retour toujours attendu du printemps.

mots et couleurs d'avril dans le sous-bois

* Le geai des chênes, que l’on sait beau parleur me dit : « tu veux ma photo ? » Non, répondis-je, je l’ai déjà, avec bien d’autres portraits d’oiseaux photographiés par Gaston Gast et Patrick de Korte, dans « Au plus près de l’oiseau« , paru aux éditions VM en 1999. Je vous la livre, tronquée, vous incitant par ailleurs à vous rendre parmi ces pages qui offrent de splendides cartes d’identité d’oiseaux.

portrait d'un geai

Deux poids, deux mesures

     Et oui, c’est comme cela, que cela nous plaise ou non la nature n’a aucun état d’âme, aucune morale. Elle n’est qu’un état évolutif de l’univers, à peine modifié par l’homme. Alors le titre de ce billet ne doit être considéré que pour ses mots et leur sens physique. 

     Ainsi dernièrement l’absence de vent, la température négative et un brouillard particulier ont provoqué la formation et la chute de paillettes ou bâtonnets de glace, qui n’étaient ni du givre, ni du grésil, ni non plus des cristaux organisés en flocons neigeux. Il fallait vraiment se pencher pour voir, soupeser les toiles d’araignée qui les ont accueillis  pour découvrir le phénomène. Et prendre la loupe pour distinguer leur forme.

paillettes de glace sur toile d'araignée

     Ces menues barrettes glacées ont recouvert toute surface, mais l’effet produit étant quasi identique à celui de la neige il était plus facile d’être trompé sur la nature véritable du phénomène que de le percevoir, comme on peut le constater sur ce tronc de noisetier :

tronc de noisetier et paillettes de glace

     Ainsi dernièrement la glace s’étant développée dans certaines fissures de la roche par condensation a agi comme un coin, fait pression sur des lits de calcaire de composition variée et a entraîné la chute de quelques tonnes de blocs.

     Dans les deux cas un seul phénomène responsable : le gel, mais des effets de masse et de poids bien différents. Dans le premier cas il convient de s’approcher délicatement au plus près pour découvrir avec plaisir, dans le second il convient de s’éloigner au plus loin et le plus vite possible, pour ne pas mourrir ou souffrir !

éboulement sous l'effet du gel

éboulement dû au gel

     Y aurait-il une morale de l’histoire ? La seule recevable est une forme d’analyse prudente et hors jugement moral. Opposables aux forces naturelles seule la science apporte quelque indication thérapeutique et la pensée théologique relativise leurs effets en obligeant l’homme à se chercher une place entre cette nature, lui-même et les autres. L’homme trouve bonheur et malheur en parcourant ce monde en tout temps. Se réjouir dans la contemplation des beautés naturelles sans doute, s’indigner des effets de cette même nature, à quoi bon ? Hasard et ? Le risque est là, la joie aussi. A quelle aune les mesurer ?

     Le peintre préfère doser à sa manière, ainsi croit-il peser sur le rendu de son art.    J’ai donc pris du charbon bien noir qu’on nomme alors fusain, pour rendre au mieux l’effet supposé de la neige et du gel, car c’est connu, si le bleu blanchit, le noir éclaircit.       Que de réflexion avant de poser ces parcelles carbonisées sur le papier blanc au relief accusé qui accroche le moindre trait, que de précaution pour ne pas salir, et de vigueur retenue pour placer les valeurs maximales qui vont obliger l’oeil à circuler dans le dessin comme la lumière est sensée faire parmi les flocons amassés ! Ici le seul danger serait de prendre froid ou de s’exaspérer du fait de n’avoir pas réussi l’entreprise folle de raconter sur le papier l’incident d’un jour de décembre.

fuain pour la neige

église de Paissy sous la neige

Je souhaite une année 2009 la plus heureuse possible à mes lectrices et lecteurs !

 Afin de varier un peu l’approche de ce blogue, dans les semaines à venir nous évoquerons subjectivement quelques lieux entre Champagne, Picardie et Ile-de-France.