Ronde épistolaire du 15 juin 2017

En ce mois de juin j’ai la satisfaction d’accueillir les propos de Jacques dans le contexte d’une ronde amicale devenue tradition. Le thème en est : Parfum(s). Elle tourne dans le sens suivant déterminé par tirage au sort sous la vigilance habituelle de Dominique :

Guy (Emaux et gemmes des mots que j’aime ) / chez  Noël (talipo) / chez Dominique A.  (la distance au personnage) / chez  Élise (Même si) / chez  Dominique H. (Métronomiques) / chez  Giovanni  (Le portrait inconscient)  / chez Hélène (simultanées)  / chez   Jacques ( jfrisch)  / chez  Jean-Pierre (Voir et le dire, mais comment ?)  chez  Franck (à l’envi)  / chez Marie-Christine (Promenades en Ailleurs) / chez Guy …

Mon texte est publié chez Franck (à l’envi) que je remercie.

IXELLES

Comme le mot tombe
Sur la terre
Le bruit des étoiles est
Leur signature dans
Le ruissellement du ciel

Sur la tranche de l’arbre
Le temps trace des cercles
Ainsi le bois qui dure
Et le temps qui passe
Dansent
Se rencontrent

Je rentre, je m’arrête dans le soir à l’écoute d’un chant
De merle 
Et le mauve ne
Touche pas l’instant

Hésitation de la pie
Sur les feuilles mortes
Cette décoration d’un instant
Me comble

Un moment
Je ne crois plus à la mort
Je chante, je respire

Parfums offerts
Dans la brocante du monde
Je tremble au milieu de vous dans Bruxelles

Merci à tous les participants et organisateurs de cette ronde.

Cent ans, dix ans : in memoriam Pierre-Gilles De Gennes

Le 18 mai 2007 Pierre-Gilles De Gennes nous quittait, il manque à ceux qui l’ont aimé. Sa présence à la science et la technologie demeure partiellement par ses écrits, par le Prix Nobel qui l’honora. Les journalistes de nos médias oublient trop souvent les hommes de la science, à tort car cela participe de la désaffection de cette dernière. Ayant eu la chance de connaître ce savant fidèle en amitié, j’évoque ici quelques souvenirs qui mystérieusement reviennent à ma pensée selon des circonstances liées au fonctionnement cérébral qui reste quelque peu obscur.

Combien étais-je ravi et honoré de recevoir un jour un mail, un autre l’une de ses cartes enrichie bien souvent d’un dessin au trait, trace récupérée au hasard d’un cheminement dans ses pensées ou dans une allée du Jardin du Luxembourg. Evocation fréquente d’un imaginaire miroir de la beauté féminine, parfois humoristique, condensé de la pensée qu’il aimait ailleurs illustrer lors des nombreuses conférences qu’il fit pour les scolaires et les étudiants et, en ce qui me concerne, événement déclencheur de notre amitié. Le contenu de nos échanges épistolaires n’avait pas de direction obligée ni contrôlée, et pour cause : je ne suis pas physicien et lui s’intéressait à tous les domaines de la pensée. Dix ans ! Cent ans pour celle-ci :

montage photographique d’un recto-verso et d’une illustration de P.-G. De Gennes en date du 7-12-2005

… »J’ai déjeuné aujourd’hui dans un restaurant de la rue Laplace. Un des desserts avait pour nom « 17 mai 1917″. Le patron (Frédéric Bethe) m’a expliqué que son grand-père était au Chemin des Dames. Avant l’attaque du 17 mai l’artillerie devait battre les tranchées allemandes, en étant guidée  par des fusées lancées au dessus d’elles. Par erreur une fusée est partie droit au dessus des tranchées françaises : désastre. Parmi les survivants le grand père a eu le courage de ramper et d’envoyer une fusée depuis le côté allemand. Il a sauvé ses amis, mais il est revenu aveugle et amputé. … »

J’ajoute encore ce témoignage publié avec d’autres sur le site : « le complot des papillons » du journaliste scientifique Patrice Lanoy : témoignage pour P.-G. De Gennes

Pierre-Gilles De Gennes, 24 octobre 1932 (Paris) – 18 mai 2007 (Orsay)

Jardin des Poilus à Paissy

A Paissy, 34 rue de Neuville, le « Jardin des Poilus » sera ouvert le samedi 3 juin 2017 de 10 h à midi et de 14 h à 18 h. Même horaire le dimanche 4 juin 2017. Visite libre, des guides seront à votre disposition pour toute question et documentation.
Cette ouverture correspond au week-end national des « Rendez-vous au jardin » dont le thème de l’année est : ‘le partage au jardin’. Nous échangerons donc autour des écrits des soldats de la Grande Guerre qui concernent des plantes, ces dernières étant, autant que faire se peut, présentées au pied des panneaux documentés. Le partage se poursuivra encore par l’exposition de la plasticienne Céline Prunas qui suspendra des toiles ornées de gravures, ainsi que par un stand du Conservatoire des espaces naturels de Picardie animé par un scientifique du conservatoire et une représentante de la Communauté de Communes du Chemin des Dames.Jardin des Poilus à Paissy

Ronde du 15 mars 2017

Selon ce qui est quasiment devenu une habitude, voire une coutume, nous avons le plaisir d’accueillir pour la ronde du 15 mars la contribution de M.- Christine Grimard : ‘Promenades en Ailleurs’ — https://mariechristinegrimard.wordpress.com/

Le thème de la ronde s’appuie sur le mot « cuisine(s) et l’incipit : « ils vont où les oiseaux ? » Pour ma part je serai accueilli par Jacques, ‘la vie de Joseph Frisch’ : https://jfrisch.wordpress.com/

_______________________________________________________

« Ils vont où, les oiseaux, maman, quand l’hiver revient ?

Ils se cachent au fond de leur nid ?

Ils s’envolent jusqu’au bout du ciel ?

Ils partent pour les îles ?

Dis maman : ils vont où les oiseaux ? »

L’enfant, le menton dans les paumes, regarde l’oiseau noir posé sur la fenêtre de la cuisine. Le petit animal réchauffe ses plumes au premier soleil de mars. Il déploie ses ailes, les secoue puis les replie. Il regarde sans crainte l’enfant qui l’observe. Au moindre geste inquiétant, il lui suffirait de s’envoler. Ses ailes sont sa planche de salut, elles ne lui ont jamais fait défaut. Mais il n’en aura pas besoin, il a vu le regard de l’enfant. Il sait qu’il l’aime. Il n’a rien à craindre.

L’enfant chantonne pour l’oiseau :

« Il est allé où, l’oiseau, posé là sur mon balcon ?

Il est allé dans les îles pour goûter à la vanille

Il est allé dans la plaine pour tricoter de la laine

Il est allé dans la brume pour lisser ses belles plumes

Il est allé sur la mer pour trouver des éphémères

Il est allé en forêt pour y cueillir des bleuets

Il est allé au marché pour trouver sa fiancée

Il est venu par ici pour devenir mon ami. »

Maman s’approche, le sourire aux lèvres. Son petit poète a bien du talent ! Il déroule les mots comme un peintre étale ses couleurs. Il entend son pas et se tourne vers elle :

« Ecoute, écoute, Mamounette, ma chanson pour l’oiseau !

Tu crois qu’elle lui plaira ? Tu crois qu’il m’aimera ?

Oh, il est parti…

Tu crois qu’il reviendra demain ?

Je voudrais qu’il soit mon ami ! 

Et toi, tu l’aimes ma chanson ? »

La mère entoure ses épaules de ses bras. Elle est si fière de lui. Elle lui murmure à l’oreille :

« Elle est très belle ta chansonnette mon poussin. Belle et douce comme ton cœur. L’oiseau l’aime beaucoup, je l’ai vu dans ses yeux. Il reviendra demain et les autres jours pour que tu lui chantes encore. Et il chantera avec toi, tu verras… »

L’enfant ferme les yeux. Il rêve qu’il vole avec l’oiseau. Il appuie sa joue contre le bras de sa mère. Elle sent si bon. Son parfum le berce, mélange de cannelle et de jasmin.

L’air est doux, on sent que le printemps arrive.

« Tu sens la fleur de sucre, maman. Tu sens bon comme le printemps ! »

« C’est parce que je t’ai préparé des petites surprises sucrées pour le goûter. Elles seront bientôt cuites, il suffit d’un peu de patience. »

L’enfant fait la moue. Il n’aime pas le mot « patience », un mot qui signifie qu’il faut attendre son plaisir. Un mot qui montre que l’on a du temps devant soi. Il sait qu’il n’a pas de temps à perdre. Il a tant de choses à voir, à entendre, à goûter. Il n’est pas sûr d’avoir tant de temps à vivre. Demain est si loin et le monde est si grand.

« Mamounette, claque tes doigts et ça sera prêt ! »

Maman sourit. Elle jette un coup d’œil vers le four où des cannelés dorés caramélisent doucement. Encore quelques minutes et la cuisson sera parfaite, ils seront craquants à extérieur et moelleux à l’intérieur, doux et savoureux comme le miel à peine sorti de la ruche.

« La cuisine c’est de l’amour et c’est aussi du plaisir à partager, toi et moi. » dit-elle en berçant l’enfant.

« Ta cuisine c’est de la magie, Mamounette. Répond l’enfant. Tu mélanges des choses bizarres dans un grand pot, tu claques des doigts et c’est parfait ! »

« Même la magie a besoin de temps, mon poussin. Une grande dame nommée Colette qui aimait les animaux autant que tu les aimes, disait : « Si vous n’êtes pas capable d’un peu de sorcellerie, ce n’est pas la peine de vous mêler de cuisine. »

« Tu vois, dit l’enfant, j’avais raison. Ta cuisine, c’est de la magie ! »

Maman, sort les cannelés du four. Un parfum de sucre mêlés de fleur d’oranger embaume la cuisine. Le regard de l’enfant est doux comme le goût du plaisir qu’ils partageront bientôt. Elle n’oubliera pas ce regard, celui de l’amour infini qu’ils ont l’un pour l’autre. Un amour plus fort que le temps.

L’homme pose le sachet sur la tablette. La vieille dame se redresse sur ses oreillers. Elle regarde ce grand jeune homme et le trouve très beau.

« Vous êtes très beau, jeune homme, lui dit-elle. Qui êtes-vous ? »

Il ne relève pas, lui sourit et sans se décourager, lui dit :

« Regarde, Mamounette, je t’ai apporté des cannelés. Ils embaument la fleur d’oranger. »

Sa mère ouvre le sachet. Elle se délecte du parfum qui s’en dégage. Son regard pétille. Elle sort un cannelé et le tend au jeune homme, puis se ravise, le dévisage et lui dit :

« Tiens mon poussin, ils ont l’air très bons ces cannelés. Je ne me souviens pas les avoir sortis du four, même s’ils sont encore tièdes. Tu t’es bien amusé à l’école aujourd’hui ? Raconte-moi pendant qu’on partage le goûter. Après, on ira voir si l’oiseau est revenu pour écouter ta chanson. »

L’homme la regarde, un peu interdit. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas prononcé autant de mots à la suite. Elle ne parlait plus depuis quelques semaines. Il prend le cannelé qu’elle lui donne et le pose au coin de la table, puis la serre dans ses bras et l’embrasse. Elle se blottit contre lui. Il fait durer l’étreinte, il est inutile qu’elle voie les larmes qui coulent sur sa joue. Puis elle s’écarte de lui et dit :

« Tu vois, mon poussin, Colette avait raison, la cuisine c’est de la sorcellerie ! ».

Texte et photos : M. Christine Grimard

« Villedo » et Reims

Laissons « Villedo » et l’île de Sumbawa, bien lointaine, bien proche pour nous intéresser ce jour à Ville-Dommanche vu par un auteur qui rédige en 1827. Ecriture fort éloignée de notre temps, esprit cultivé qui fait référence aux cultures chrétienne et antiques selon l’habitude de cette époque toute imprégnée de références gréco-latine et biblique. L’article est long, nous ne donnons qu’un large extrait.

Il est encore nécessaire de préciser que d’un point d’observation tel que la colline de Saint-Lié le paysage est un « belvoir, un beauvais, un montmirel, un beauregard… », soit un lieu d’où l’on voit au mieux et qui, en principe, se voit également de loin. Tel est bien le cas de Saint-Lié, visible autrefois depuis Reims, et endroit où la vue s’étend jusque Reims et l’étendue de la Champagne environnante. Pas surprenant qu’il fut un lieu sacré hérité des cultures celte, romaine et leurs héritières successives. Ici souffle de par nécessité le vent des âges, sans commencement ni fin. Ni finalité mais avec faim. Nous donnons sens aux choses qui n’en ont pas, c’est bien ainsi.

Tableau historique statistique et topographique de la montagne de Saint-Lié, et des villages de Ville-Dommange et Sacy, canton de Ville-en-Tardenois, arrondissement de Reims, département de la Marne, présenté à la société d’agriculture, commerce, science et arts du département de la Marne en 1827 par Povillon-Piérard, de Reims, l’un de ses membres correspondants.

                « En effet il suffit de choisir la plus belle journée, soit en été, soit en hiver, pour apprécier les jouissances que procurent à l’œil et à l’âme du voyageur les lieux qu’on découvre lorsque l’on est sur cette montagne. Au lever de l’astre du jour, et lorsqu’il commence à dorer les guérets de nos campagnes, on voit la ville de Reims dans toute sa plus grande étendue, sortir d’une épaisse rosée, et semblait s’élever vers le ciel avec cette belle forêt qui borde si avantageusement ses murs de ce côté ; autour d’elle et dans le lointain on croit voir à ce même moment toutes les montagnes qui l’environnent prendre naissance de ces nuages légers qui en surgissent, afin de ceindre cette ville superbe d’un double diadème formé par la nature. Les vastes plaines, les riches prairies, plus de trente-deux villages qui se trouvent dans cet espace de près de vingt lieux de circuit, attendent ainsi que les rayons de cet astre, principe de chaleur et de vie, les faisant naître peu à peu, en les dégageant de ce fluide nutritif, qui en se balançant majestueusement devant lui, se perd insensiblement dans l’atmosphère, pour y reparaître encore à son coucher, et recommencer nos jouissances. … …

                La Vesle, cette belle naïade aux cheveux argentés, et qui lui tresse, le matin et le soir, de ses mains humides, une couronne de nuages légers, verse à ses pieds son urne salutaire, si chère à la santé des habitans de cette ville, et si précieuse pour leur industrie. Çà et là s’élèvent majestueusement de vastes bâtimens, vrai s foyer d’activité commerciale ; partout aussi sur les bords fleuris du lit de cette nymphe rémoise, sont des usines utiles à la vie de plusieurs milliers d’individus, peuplant l’immense terrain que nous explorons. »

                L’auteur évoque encore, plus loin, « Bacchus majestueusement assis sur sa pente, et le thyrse à la main montrant avec orgueil son vaste empire établi sur cette longue chaîne de montagnes et de collines. … À nos pieds et sur la pente de la montagne de Saint-Lié, ce n’est plus Bacchus au visage rubicond, qui y étale ses brillantes productions mais Vertumne, assise sur un modeste gazon qui de ce côté tapisse la montagne, et semble se perdre dans un espace de terrain moins fécond encore. » Précédemment il avait mis en valeur l’histoire religieuse de Reims et celle de la paroisse Notre-Dame de Saint-Lié qui contrôlait Jouy, Villedommange, Sacy, Clairizet et Saint-Euphraise, non sans avoir longuement évoqué la vie de saint-Lié, la dédicace à Saint-Jean Baptiste en 830, le transfert des reliques du saint éponyme après sa mort qui est datée de 533 ou 534.

Reims et les villages proches de Villedommange depuis la butte de Saint-Lié

La butte de Saint-Lié mesure environ 150 m x 120 m, elle a une élévation d’environ 5m par rapport aux vignes environnantes et se situe à une altitude de l’ordre de 225 m. Nous donnons ici une vue aérienne extraite du site Google Earth. Nous terminons l’article par la photographie de la sculpture figurant Notre-Dame de Saint-Lié, bien connue des pélerins et des promeneurs.

« Villedo », l’île de Sumbawa et le volcan du mont Tambora

Comment peut-il y avoir un rapport quelconque entre deux lieux si éloignés, l’un dans le département de la Marne en France, l’autre dans une île d’Indonésie au nord-ouest de l’Australie ? La notion de globe rapproche ces entités géographiques dans la mesure où notre terre est un système, une biosphère, dans lequel une modification locale d’importance affecte l’ensemble.

Villedommange

Villedommange sous la neige, fusain J.-P. Boureux 2009

Comme aurait ouvert Clémenceau : de quoi s’agit-il ? Nous sommes en 1815 et, bien loin de la « Montagne de Reims, entre en éruption le volcan Tambora, puissante explosion, la plus importante des cinq derniers siècles. Le mont s’est effondré d’environ 1400 m et la base de son cratère, la caldeira, avoisine quatre kilomètres de diamètre. Le dégagement de gaz, lave, cendres sulfureuses est considérable et se répand très haut dans l’atmosphère terrestre. Le climat est modifié pour au moins trois années, avec une baisse moyenne de 1 à 3° des températures, selon la circulation des masses d’air, l’incidence des rayons solaires et la proximité des faits. 1816 est connu comme étant « l’année sans été« , l’éruption principale ayant eu lieu entre le 5 et le 10 avril 1815.

localisation approximative des lieux cités dans l'article

localisation approximative des lieux cités dans l’article

Après la lecture d’un article de Nathaniel Herzberg dans Le Monde ‘Sciences et Médecine’ du mercredi 25 janvier 2017 qui relate les travaux de Karen Alexander de l’Université du Massachusetts à Amherst relatifs à la modification des pratiques de pêche dans le golfe du Maine suite à cette éruption volcanique géante, j’ai idée de vérifier une éventuelle incidence en Champagne. Or nous disposons de plusieurs éléments quantifiés quand il s’agit des vendanges.

A ‘Villedo’, comme on raccourcit ici en lieu de Villedommange, une source documentaire d’un grand intérêt est « le Livre vert » dont la rédaction fut entamée par un paroissien en 1776 et jamais arrêtée totalement. En 1995 un oncle de ma femme, Pierre Dhuicq, constatant l’état de vétusté avancée du registre, prend alors pitié de l’ancêtre à la mémoire d’éléphant et prend contact avec votre serviteur, qu’il sait amoureux des antiquités bavardes -à l’écrit. Alors chargé de mission du Président de l’Université de Reims-Champagne-Ardenne, Jean Rémond, dans le cadre de la première évaluation nationale de cette institution, je prends en considération le malade et sollicite l’intervention complémentaire du Président du Conseil Général Albert Vecten. Ensemble nous imposons au malade une cure de rajeunissement qu’il accepte, sous condition d’être soigné par le relieur rémois expert et reconnu, Laporte, relieur-doreur, rue Maillefer, à Reims. Aujourd’hui chacun se félicite de l’ouvrage, si l’on peut dire et le « Livre Vert » continue sa vie dans les mains des paroissiens de Villedommange et villages réunis qui relatent les éléments majeurs de la vie locale, à la suite de leurs ancêtres. Des copies ont été déposées à la Bibliothèque municipale de Reims, Carnegie et aux Archives Départementales de la Marne.

livreverttxttitrew

article de l'Union après remise du nouveau Livre Vert le 15 décembre 1990

article de l’Union après remise du nouveau Livre Vert le 15 décembre 1990 et au-dessus Incipit de l’ouvrage en 1776 par Gérard Philippart, marguillier

On lit dans ce grand registre d’environ 42 x 32 x 2,5 cm et 203 pages, relié en vert comme il se doit, que les vendanges de 1815, 1816 et 1817 ont été calamiteuses. Je cherche donc à élargir ce point de vue étroit et consulte l’ouvrage de Benoît Musset, Vignobles de Champagne et vins mousseux, histoire et mariage de raison : 1650-1830, Fayard, 2008. Dans cet ouvrage figure deux diagrammes des rendements entre 1674 et 1830 : l’année 1816 est la plus sinistrée de toutes les données relevées dans différentes sources. Point de doute désormais, l’éruption du mont Tambora a bien provoqué un refroidissement généralisé du globe terrestre. Que ceux qui doutent de l’effet des rejets dans l’atmosphère, quelle qu’en soit la cause, prennent conscience que tout phénomène, anthropique ou naturel, qui modifie les basses couches de l’atmosphère entraîne des modifications importantes du climat.

Ronde de novembre 2016

Comme il est devenu coutumier nous poursuivons cette ronde qui semble sans fin, lors de riches échanges amicaux. Ce mois j’ai le grand plaisir d’accueillir Hélène, de http://simultanees.blogspot.fr/                                        qui en des circonstances tragiques pour moi, me fait l’honneur et le plaisir de rédiger quelques lignes en mémoire d’un frère récemment décédé. Lisons.

En mémoire de Michel Boureux

__________________________

Il était 5 heures du soir, à Poitiers

Il est des regards que l’on n’oublie pas, venus du fond des âges. Nous nous regardâmes. Face à face silencieux qui faisait oublier la violence des spots, rêver de lumières filtrées par d’étroites ouvertures, de chandelles aux flammes vacillantes. Sous le pinceau du temps, la peinture écaillée de ses yeux grands ouverts apportait des éclats de vie. J’aimais ces cernes rouge d’ocre, la coiffure arrêtée d’une ligne, narines et bouche peintes. Stuc et chaux en mélange et enduit. Des prophètes dit-on, venus de plus loin encore, d’autres temps en rebonds, de l’orient en passant par Ravenne, comme flèches décochées dans l’espace et le temps, portant sur volumen la parole sans voix.

vers l'infini du temps

Musée Sainte-Croix de Poitiers, 8 novembre 2016, en provenance des fouilles de Vouneuil-sous-Biard, un ensemble exceptionnel de 2500 fragments, VIème siècle.

Le stuc, visage oublié de l’art médiéval, catalogue d’exposition sous la direction de Christian Sapin, Somogy, 2004

Notre ronde suit cette fois ce mouvement :










Franck etc.