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Journées européennes du Patrimoine

Lors des Journées européennes du Patrimoine l’association vaillysienne APEV et des membres d’associations amies (archers, anciens combattants, pompiers, comédiens…) se propose de mettre en lumière certains points de son terroir par des animations locales présentées lors d’une marche d’environ 2h 30 autour du bourg. Le rendez-vous de départ est fixé entre les deux ponts, entre canal et Aisne et le retour s’établira à la Salle Culturelle.

flyer Patrimoine 2016

Toute première fois.

Anthropisation et éthologie font mauvais ménage, en toute connaissance et avec risque, je vous livre cette journée contée par un oisillon gobemouche gris qui se présente ci-dessous :

Bein mon canardJe suis né vers le 26 juillet et ce 10 août mes parents se demandent encore si je marcherais un jour, tous les parents sont ainsi ! Bien fier sur mon nid moussu et douillet construit dans une niche de la corniche calcaire je piaille et criaille tout à loisir :

ChezMoiWSans savoir pourquoi ni comment je me suis lancé, splash, un à-plat sur la pierre du dessous, puis, ouf, le tapis d’herbe tondue. Ebouriffé j’ai crié, sifflé, de toutes mes forces, agité mes ailes inexpertes. Mes parents attentifs sont alors venus, voletant de perchoir en piquet, chuintant et claquant du bec, et leurs sons familiers m’ont rassuré.

EssaiVoilureW LibelluleW PercheeW LaHautWAlors je me suis enhardi, j’ai parcouru le monde et ses montagnes, piétiné une vaste zone désertique et grise. Soit j’ouvrais le bec comme chez un dentiste, au plus vaste du gosier, soit j’agitais ces accessoires d’albatros dont je ne savais que faire, si ce ne fut, un instant, de me sentir autrement, ne sentant plus mes pattes.

AlaMontagneW AlbatrosW EnfournementWTous ces exercices d’exception dignes des J.O me donnent faim. Je tente une commande à la carte : guêpe, taon, libellule, papillote de papillon et mouchette…Mille excuses à Myrtil, Vulcain, Demoiselle ! Chacun lutte.

PapillonPapillesW DuCostaudW DeuxMyrtilsW ChapeauVulcainW AutantPourLeTaonWEpuisé aussi, parfois je m’endors dans le vent d’août, rêve d’hier encore dans le nid douillet. J’entends les tsit, tsuit, tec-tec d’appel, les schreu, tchrecht, vrouit de danger et sors du sommeil.

GrosDodoW RepuWPuis, soudain, ce qui devait arriver est advenu, tout étonné, soulevé d’enthousiasme, je prends mon vol ! « Je n’m’enfouis pas je vole. Comprenez bien je vole… » (Sardou, Je vole, 1983, Louane, Famille Bélier, 2015). Certes, comme il en fut du premier vol humain le record d’altitude ne fut pas battu cette seconde là !

premier vol d'un oisillon gobemouche gris, enregistré officiellement à Paissy le 11 août 2016 à 17 h 30.

premier vol d’un oisillon gobemouche gris, enregistré officiellement à Paissy le 11 août 2016 à 17 h 30.

Je n’oublierai jamais ma merveilleuse enfance près des creutes de Paissy (02160). Bientôt je vais rejoindre l’Afrique de l’Ouest, vers fin août, début septembre. Promis je reviendrai l’an prochain.

Récit de jeunesse par Muscicapa striata rédigé le lendemain des événements relatés, après conversation de l’auteur de ce blog avec le témoin direct.

Dans la caverne le monde chtonien frémit…

Une fois passé l’émerveillement que déclenche le monde souterrain s’il n’est craint, une fois dissipées les idées ordinaires qui voilent l’intimité du monde de la nuit, le spectacle peut commencer. Revenons en images sur « l’émerveillement ordinaire » :

DiaperiesW GouttesW StalacW monde souterrain puis observons avec attention soutenue les parois rocheuses qui bordent notre marche. Ici scintille une toile d’araignée couverte de perles d’eau :

MetaToileW PerlesToileWQue vient faire une araignée dans la grotte ? Il faut savoir que quelques espèces apprécient grandement le nombre considérable de moustiques qui se tiennent à quelques mètres des entrées. Elles tissent leurs toiles parallèlement à la paroi et capturent ainsi ces hôtes grégaires. Dans ma région ce sont des araignées Meta menardi (Latreille, 1804) qui occupent cette niche écologique ; on les trouve parfois également à l’entrée des caves anciennes. Graciles, aux membres allongés poilus colorés de roux, elles peuvent inquiéter le visiteur, mais ne sont pas dangereuses pour notre espèce :

MeaTisseWcelle-ci tisse

MeaProieWcelle-ci mange

MeaRocheW

celles-ci guettent

MetaDessousW MetaTGPWtout comme celle-là, vue de dessous car suspendue au plafond

Plus avant dans la carrière se blottissent au moins deux espèces de papillons, de nuit, évidemment ou pourquoi pas ! Ce sont généralement des Triphosa dubitata qui hibernent là, semblant apprécier leur voisine empreinte coquillère endormie là depuis tant de millénaires  :

Triphosa dubitata

Triphosa dubitata

EmpreinteCoquilleWMais ce sont également ces jolies « Découpures » colorées de brun, d’ocre orangé, ponctuées de points blancs et équipées de chaussettes comme portent des jeunes filles nippones des mangas ou de la rue :

Scoliopteryx libatrix, "la Découpure"

Scoliopteryx libatrix, « la Découpure »

Etrangement, bien étonnemment, elles peuvent être couvertes de perles d’eau, minuscules gouttelettes qui ne se rejoignent pas et demeurent en l’état sur l’insecte. Combien de temps ? Je l’ignore tout à fait :

Découpure couverte d'eauIl en est de même de quelques chiroptères tels des petits murins et des pipistrelles, que je ne photographie guère pour ne pas déranger leur longue sieste hivernale.

Plus curieux encore, serait-ce ce « M » que les découpures portent au sommet des ailes antérieures qui les incite à passer à l’acte ? J’en doute, cet ‘aime‘ bien entendu, est pour les lettrés, pour les adeptes de l’anthropomorphisme réducteur et nullement pour ces hôtes de la nuit éternelle. Pourtant j’ai bien souri, tout comme vous, peut-être en voyeurs de scènes copulatives que la torche allume soudain et anime dans son halo blafard :

accouplement de "découpures"

accouplement de « découpures »

Vous voudrez bien excuser svp la médiocrité de la photographie, mais il me fallait me tenir accroupi dans le boyau et je n’ai pas pu fignoler les aspects techniques du cliché.

Que de beautés, même en la nuit, et notre satellite ne démentira pas, j’en suis certain ; tant de merveilles sont à découvrir pour les futurs plongeurs, en la Mer de Tranquillité et ailleurs, sans compter la face cachée d’autant plus intrigante et qu’hélas je ne peux vous montrer.

lune du 16 février 2016 vers 17 h 30

lune du 16 février 2016 vers 17 h 30

LuneNuit16Fevrier19H30Wlune du 16 février 2016 de nuit, vers 19 h 30

quant à la magie du conte nocturne estival, je me permets de vous renvoyer vers cette page de ce blog :

http://voirdit.blog.lemonde.fr/2009/08/12/songe-dune-nuit-dete/

Giboulées en février

ça se couvre !« Le temps se couvre, ça se gâte ! Entend-on sur le zinc, en même temps que : « y a plus de saison ou le temps est détraqué ! » Fichtre alors. Serait-ce un effet du réchauffement climatique qui déclenche un mois à l’avance ces célèbres perturbations cycliques nommées ‘giboulées de mars‘ et que nos voisins anglais si originaux de caractère disent d’avril ?

Toujours est-il qu’hier 12 février et déjà lundi et mardi dernier des nuages chargés de lourdes gouttes puis de grésil lachêrent sur nos contrées de copieuses draches ; cette fois c’est le Belge qui s’exprime dans ce terme évocateur, allusion certaine à ces autres tournures signifiantes de « vache qui pisse » ou de « bâche qui perce« . Le mot ‘giboulée’ serait quant à lui la déformation de l’occitan « giaconda« .

De l’horizon sud, entre Mont de Fléau et Plateau de Madagascar qui bordent les rives de l’Aisne au niveau de la bourgade Bourg-et-Comin cavalcadent vents et nuées qui voilent d’or un pâle soleil d’hiver.

averse

entre or et nacre on ne sait trop qu’admirer en premier

Puis s’exprime le déluge, la vitre extérieure du double vitrage en est toute troublée tandis que le cliquetis léger propre au grésil grésille. Derrière le rideau de pluie le paysage a disparu de ma vue.

la drache

Cependant le filtre polarisant, ajouté au violent contre-jour, produisit un bokeh inattendu bien que prévisible : la faible lumière d’hiver impliquait une grande ouverture et donc une courte profondeur de champ favorable à ces effets parfois agréables. Au reste, une fois le soleil en faction cet effet se teinta, en rappel à la situation antérieure, de merveilleuses franges dorées.

L’atmosphère lumineuse me renvoyait alors de mémoire au Victoria and Albert Museum vers les toiles ‘atmosphériques’ de Frederik Walter, imprécises dans mes souvenirs, tandis que la forme des gouttes déformées en pastilles et leur positionnement sur la toile

gouttes d'or me rappela immédiatement une oeuvre de Redon que je savais où trouver. Cela se fît en effet lorsqu’ayant tiré d’un rayon l’ouvrage : « Redon » par Anne Marie Mascheroni, Edda Fonda et Florence Cadout, CELIV, 1989, n°44, je découvris de nouveau avec plaisir la toile intitulée « l’Arbre rouge » sur laquelle la floraison disperse sur les branches des gouttes florales argentées si proches de celles dorées de la vitre :

Odilon Redon, l'Arbre Rouge

Odilon Redon, l’Arbre Rouge, collection particulière.

Tout cela parce que mémoire et instant se confondent à la faveur de variations ‘climatériques’ infinies et que les sentiments qui affluent en surface de pensées s’alimentent dans les mélanges de tonalités que culture et événements tricotent sur une trame légère et aussi mouvementée que nos giboulées de mars qui pointent le museau en février.

Premier septembre 1715, « le roi est mort, vive le roi ! »

Un bien long règne et la jeunesse du roi artiste enfouie sous le poids de la fonction, des convenances et des pressions diverses. Trois cents ans, un espace de temps à la fois loin et proche selon le regard et les connaissances que l’on a. Vous avez lu sur ce blog ici et là, au gré de ma fantaisie, quelques notes relatives au bourg de Vailly-sur-Aisne. Y aurait-il aujourd’hui un rapport entre cette modeste agglomération et ce roi si connu de par le monde ? C’est la question que je me pose, sans pouvoir, une fois de plus, trouver une réponse immédiate. Un rapport oui, voyez donc :

Notre église Notre-Dame de Vailly abrite en son sanctuaire de remarquables boiseries XVIIIe siècle que l’on dit sans preuves provenir de l’abbaye de Vauclair. Pourquoi pas puisque des habitants du lieu ont acheté des objets ou biens nationaux mis en vente par les liquidateurs d’un temps. Ces boiseries ont été pillées par les Allemands durant le premier conflit mondial puis en partie restituées par la commission de Wiesbaden. Fort bien.

De fort belle facture, celle d’un professionnel à n’en pas douter, voyez en particulier les chérubins, elles attirent le regard et incitent à comprendre. Elles illustrent la fonction du sanctuaire qui est avant tout liturgique et qui ici met en avant l’eucharistie, l’ancienne et la nouvelle alliance ; elles s’organisent notamment autour de la célébration liturgique de la veillée pascale. A cela rien d’étonnant si ce n’est la qualité de ces sculptures sur chêne.CherubinsPuttiJPBW

DessinBibleCiboireManipuleColoriseWDessinArcheGlaiveEncensoirColoriseWDessinTablesTiareCroixEtoleColoriseWLes dessins favorisent la lecture des motifs et thèmes visibles sur les photographies ci-dessous :

VaseEtolleOffrandesW TablesLoiSacerdoceCroixWEncensoirArcheTrompettesWD’accord, un excellent travail de sculpteur qui connaît son affaire. Mais Louis XIV dans tout cela ?….

La prochaine fois que vous visiterez la chapelle royale de Versailles créée vers les années 1700 et terminée en 1710 regardez donc de près les sculptures sur bois, sur pierre et les bronzes ciselés et vous constaterez que le dessin de certains des trophées d’église qui ornent ce superbe édifice établi pour la gloire du roi et celle de l’Eglise sont très proches de celui présent à Vailly. Bien entendu si inspiration il y a, que nos boiseries proviennent ou non de Versailles, il faut bien considérer que ces motifs ont sans doute été copiés sur ceux de Versailles. Les artistes qui ont travaillé à Versailles n’ont peut-être pas oeuvré ailleurs mais les dessins de leurs sculptures ont été copiés. Ce n’est pas très original mais il serait très précieux d’en connaître davantage sur nos magnifiques boiseries vaillysiennes.

Pour des raisons de droits d’images je place ici un extrait iconographique capturé sur le travail de M. Sébastien Bontemps, chargé de cours à Paris I qui a étudié les sculptures de la chapelle royale de Versailles. Je mettrai ici plus tard de meilleurs documents si je peux en trouver qui soient libres de droits. Ci-dessous un lien vers l’article de M. Bontemps.

http://www.academia.edu/4348843/Lornement_sculpt%C3%A9_autour_de_1700_le_troph%C3%A9e_d%C3%A9glise_et_la_chapelle_royale_de_Versailles

L’ornement sculpté autour de 1700 : le trophée d’église et la chapelle royale de Versailles

VersaillesChapRoyaleTropheesArticleDenisBontempsWVous constatez sans peine qu’une analogie est présente dans le dessin entre Versailles et Vailly, ce qui surprend tout de même un peu, même si on lit entre Vauclair et Versailles !

Qu’on se le dise et que chacun apporte sa pierre à cet édifice de recherches, toujours en mouvement, jamais terminé.

Le « Jardin des Poilus »

Ce jardin, au fond comme tout jardin composé, n’existe que par la volonté de ses créateurs, il a du jardin la nécessaire artificialité. A sa manière il raconte un pan d’Histoire et n’appartient à la catégorie des jardins botaniques qu’à la marge. Sa petite surface vous permettra d’en faire rapidement le tour, si vous vous y perdez ce ne sera que par votre imagination.

Dans Paissy suivez la falaise, comme si vous étiez au bord de la mer. Vous êtes arrivés. Notre jardin s’ordonne dans l’opposition visuelle entre le vertical rocheux et l’horizontalité végétale, d’où de nombreuses lignes de niveau en correspondance avec les strates géologiques.
Ce n’est pas sa seule raison de paraître. En effet de sanglants combats affectèrent ce lieu dans les sombres années 1914-1918. Au printemps 1917, le seize avril, fut déclenchée ici la bataille du Chemin des Dames.
Alors pour promouvoir la paix quoi de mieux qu’un Eden parsemé d’arbustes et de fleurs ! Cent ans plus tard vous déambulez en compagnie d’espèces végétales souvent communes sur une faible surface d’un demi hectare, accompagnés de citations d’époque en provenance d’écrits de « Poilus ».
Notre choix : mettre en scène dans ce jardin l’histoire locale marquée par la vie des troglodytes qui ont perforé la falaise pour en extraire la pierre des cathédrales et le drame national et mondial que fut la Grande Guerre. Ici interfèrent la topographie du lieu et le souvenir des Poilus vivifié par des textes qu’ils ont écrits et dans lesquels le monde végétal qu’ils évoquent fut comme un havre de paix, un paradis perdu.
Ouvert les samedi 6 et dimanche 7 juin, de 10 à 12 et de 14 à 18 heures
Chez M. et Mme Boureux Jean-Pierre, 34 rue de Neuville, 02160 Paissy.
Contact :  jpbrx[arobase]club-internet.fr
Coordonnées GPS : 49° 25’ 37,67 N et 3° 41’ 58,30 E
Parking à proximité pour trois voitures, les autres le long de la rue.
Quelques détails supplémentaires ici : http://www.jardindespoilus.wordpress.com
Le « Jardin des Poilus » sur le site national du « Rendez-vous au jardin » :
http://rendezvousauxjardins.culturecommunication.gouv.fr/Histoire-s-de-jardins/Paix-retrouvee

Logo officiel "Jardin des Poilus" Paissy

 

 

 

 

 

un aspect du jardin en mai une arche découpée par la guerre dans le sous-boisci-dessous article du journal « l’Union« , édition de Soissons, datée du 30 mai 2015, p. 12 :

 article L'Union30mai2015W

image Google Earth

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exemple d'un des textes affiché dans le jardin

exemple d’un des textes affiché dans le jardin