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Maternité : constantes et surprises.

Au niveau de l’espèce quoi de plus banal qu’une naissance. Elle perpétue tout en modifiant légérement, elle est sensée adapter en permanence l’individu à son environnement global par le processus évolutif. En somme rien que de la normalité.

A titre personnel elle est événement, suscite les émotions. Les artistes l’ont en permanence représentée, dans tous les domaines du sensible. J’en retiens trois en peinture. Deux que l’on peut qualifier de ‘classique’ et une plus inattendue dans le traitement de la scène. La plus simple, sobre en moyens est extraite de l’oeuvre de Mary Cassatt : une pointe sèche de 1891, 23,5 x 17,6 cm, des collections du MMA de New-York que j’ai copiée dans Jay Roudebush, Mary Cassatt, Flammarion, 1989, p. 66

mère et enfant par Mary Cassatt 1891

A peine plus complexe d’apparence, des traits à la pierre noire et quelques notes colorées au pastel, nous vient du talent de Whistler : ‘Mother and Child, the Pearl’. Pastel sur papier gris-brun de 18,4 x 27,7 cm, v. 1880-90, conservée à la Freer Galery of Art de Washington. Elle est publiée dans James Abott McNeill Whistler, pastels, par Robert H. Getscher (trad. Pierre Janin), ed. Anthese, Arcueil, 1991, p. 150.

Whistler, mère et fille, la perle.

‘Mère et Fille, la Perle.’

La dernière, sobre mais délicatement réfléchie, est une sanguine rehaussée de blanc qui révèle immédiatement son auteur, Auguste Renoir. Elle mesure 92 x 73 cm, exécutée sur toile préparée. Présentée au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg elle figure dans l’ouvrage récent (2009) édité chez Hazan : Renoir, Pastels, crayons, sanguines, aquarelles par Emmanuelle Amiot-Saulnier, pl. 30 p. 119.

Auguste Renoir, Maternité

deux petits portraits du bambin, comme apparitions dans un nuage, s’accrochent  discrètement dans les volûtes de craie blanche. Des anges en langes ?

Evénement, émotions.

Simone de Beauvoir va jusqu’à écrire quelque part dans ‘le deuxième sexe’ que :

« le mystère de l’incarnation se répète en chaque femme ; tout enfant qui naît est un Dieu qui se fait homme ».

Joie et allégresse pour nous grands-parents de découvrir Benoît le premier jour de sa vie ce 17 juillet 2010. Nous lui souhaitons tout le bonheur du monde, toutes découvertes et tous émerveillements. Exceptionnellement nous dévoilons à nos lecteurs deux images de sa présence parmi nous.

« Lorsque l’enfant paraît… » vers toujours d’actualité…

Benoît

 

Benoît et sa maman

 

s’il pleure je lui ferai entendre Schubert : Mille cherubini in coro

Dormi, dormi, sogna, piccolo amor mio

Dormi, sogna, posa il capo sul mio cor.

Ma tonkiki matonkiki ma tonkinoise…

jonque tonkinoise, maquette du XIXe s.

Comme vous le voyez, ma tonkinoise est cette jonque. Elle me vient d’un arrière-grand-oncle côté maternel qui selon la tradition orale familiale aurait participé à l’une des guerres du Tonkin, il était du reste surnommé le Tonkinois. Loin dans le temps et l’espace mais essayons d’y comprendre quelque chose. Le Tonkin est une ancienne province annamite, aujourd’hui rattachée au Viêt-nam, lui même issu d’une partie de l’Indochine française.

France et Tonkin sur un globe allemand de 1869

La France est intervenue dans cette région à partir de 1873. Elle a lutté (Garnier, Courbet) contre des troupes irrégulières chinoises nommées les ‘Pavillons noirs’ -T’ai-P’ing jusqu’en 1885 (Lang Son) puis la Chine accorde à la France le Tonkin et un protectorat sur l’Annam. A la fin du siècle la Chine est démantelée, la France et la Grande-Bretagne dominent le monde et l’Europe est la première puissance mondiale.

image d'Epinal représentant la guerre du Tonkin

troupes françaises contre ‘Pavillons noirs’ sur une image d’Epinal.

 

le Tonkin sur une carte d'atlas en 1923

carte du Bas-Tonkin sur l’Atlas Universel Quillet, le Monde français, 1923

 

Voilà comment à partir d’un objet on peut refaire le monde, s’interroger sur l’histoire, voyager jusqu’à cette magnifique Baie d’Along (orthographe française) et ses étranges pains de sucre surgissant des flots, formation karstique que l’on retrouve aussi dans la province de Guangxi, à Guilin en Chine. Bien des souvenirs de la colonisation demeurent, amers ou heureux, témoins d’une page de notre histoire souvent disputés avec nos voisins, britanniques en premier lieu car on ne prête qu’aux riches. Il est vain de débattre des avantages et inconvénients de la colonisation car c’est le principe même de colonisation qui est vicié dès l’origine ; il ne pouvait aboutir qu’à la décolonisation. Entre les deux points des êtres humains ont souffert pendant que d’autres ont amassé des biens, souvent dans des zones de non droit où règne la loi du plus fort.

carte postale de la présence française au Tonkin

carte postale extraite de l’ouvrage d’E. et G. Deroo et M.-C. de Taillac « Aux Colonies, où l’on découvre les vestiges d’un empire englouti », France-Loisirs, Paris, 1992, p.99

Je ne saurais clore sans évoquer l’illustre chanson ‘Ma tonkinoise’ musique de Vincent Scotto et paroles d’Henri Christiné, inspirée par ‘le Navigatore’ de G. Villard. Chantée par Polin en 1906 elle a intégré le répertoire de nombreux artistes dont Mistinguett, M. Chevalier puis Joséphine Baker en 1930. Ses paroles ont été détournées par Théodore Botrel qui en fit une romance d’amour troupier également célèbre. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette chanson qui fait partie du répertoire culturel français en chansons vous pourriez consulter avec profit :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Petite_Tonkinoise

et sur l’Indochine le très beau et riche site lié ci-dessous où vous pourrez admirer entre autres quelques clichés d’époque coloniale et lire des écrits des plus signifiants :

http://belleindochine.free.fr/sommaire.htm

Blaireau, un vrai blaireau, je vous le dis, vous le montre !

« Meles meles L. 1758«  ainsi est-il officiellement enregitré. Je ne lui demande pas ses papiers chaque fois que je croise ses pas. Il est en veille et il me faudrait l’être, de préférence de nuit. Cela étant je vois bien ses traces dans le sable ou la neige, ses photos et séquences automatiquement enregistrées, elles me renseignent bien sur ses moeurs.

patte de blaireau dans le sable

trace de patte de blaireau sur le sable

blaireau sortant d'une creute

blaireau sortant de son terrier installé à l’intérieur d’une creute

Notre blaireau est un mustélidé partiellement carnivore : il mange tout ce qui l’intéresse en fonction des disponibilités environnementales, aussi n’est-il guère apprécié par certains qui craignent quelques dégâts de sa part aux cultures, quelque effondrement imprévisible de terrier. Ses mâchoires présentent la particularité d’être liées et l’inférieure ne peut se désarticuler de la supérieure comme on peut voir sur la photographie d’un crâne ci-dessous :

crâne de blaireau

Ainsi ne peut-il ‘rire à s’en décrocher les mâchoires.’ Autre particularité, voyez la forte crête sagittale à la partie postérieure de la boîte crânienne ; sur elle se greffent de puissants muscles temporaux qui lui donnent une grande force de broyage et d’arrachage.

Notre petit-fils Yannick, dix ans, le voit ainsi, nous aussi, je veux dire cette étrange signalétique en barres noires (ou blanches) qui le rend immédiatement identifiable.

tête de blaireau = aquarelle d'enfant

aquarelle par Yannick Boureux

Elle lui vaut du reste son nom anglais: badger, le bien nommé dans cette langue. Dans la nôtre aussi mais il faut chercher un peu pour comprendre.

En effet le nom français ‘blaireau’ provient, cas relativement rare, du gaulois ‘blaros’ terme qui suggère l’idée de blancheur comme le vieux français ‘bler’ = tache blanche sur la robe d’un animal. De même les termes ‘blarel’ ou ‘blariau’ ont été employés au moyen-âge. Ses autres désignations communes : ‘tesson, taisson’ et dérivés locaux sont issues du celte ‘tasgos, tascos, taxos’ tout comme ‘taxonaria’ qui nomme sa tanière dont le mot dérive du reste. Chez nos voisins c’est le terme celte et latin qui a aussi servi de base : ‘tejon, texigo, tasso, Dachs’. Existe encore en langue celtique insulaire : ‘broccos’.  Ce mot associé au latin broccus pour broche, pointe -et il en va de même avec taxos, peuvent faire référence à la forme pointue et conique de l’animal. Plus curieux est le fait que tant taxos que broccos font également référence, à l’époque, à un personnage que l’on tient en dénigrement. Décidément il y a de la persistance dans nos pensées ordinaires ! Pour en savir plus sur la question vous pourriez lire par exemple, le ‘dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux-celtique continental’ par Xavier Delamarre, ed. Errance, 2003, 440 p.

blaireau de retour au terrier

semble paisible. Un mâle peut atteindre 20 kg, sa longueur est comprise entre 70 et 90 cm et sa hauteur est d’une trentaine de cm. On s’en rend compte si l’on s’arrête pour observer, hélas, les nombreux cadavres au long des routes. Il est pourtant souvent facile d’éviter de le percuter, ce qu’il est prudent de faire car sa masse peut infliger quelques dommages à votre véhicule dans les zones où il est répandu.

blaireau en ses latrines

Soucieux de marquer son territoire et de le spécialiser notre blaireau use de latrines. Soit il creuse des sortes de pots dans lesquels il dépose ses excréments, soit il utilise un diverticule de son terrier à cet usage (vérifié localement dans une galerie de creute très sableuse réservée à cet usage)

 

blaireaux, gravure de Robert Hainard

très expressive et artistique représentation de blaireaux par le peintre naturaliste Robert Hainard. Cette gravure sur bois est reproduite sur le site officiel qui lui est dédié ; adresse web ci-dessous :

http://www.hainard.ch/images/oeuvres/RHONE_41.JPG

Sur notre terrain avec creutes il abonde au point de se promener dans notre jardin en toute tranquilité nocturne. Depuis 2008 il a pris l’habitude en hiver de couper des frondes de scolopendre pour améliorer sa couche, auparavant il ne procédait pas ainsi. Manque d’autres végétaux utilisables à cette fin ?

entrée de creute avec frondes de scolopendres découpées

frondes découpées et emportées dans un terrier dont l’entrée est situéau fond de cette creute

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce mammifère assez peu connu, peut-être y reviendrai-je dans une autre note ultérieurement. Bonnes rencontres avec lui si c’est le cas !

voir une vidéo de nuit

 

Châlons-en-Champagne honore Robert-Louis Antral.

Si vous ne connaissez pas Châlons-en-Champagne ci-devant Châlons-sur-Marne ce pourrait être l’occasion de flâner un peu dans ses rues et ruelles, au long du Mau, du Nau ou de la Marne, vers St-Alpin, vers N.-Dame-en-Vaux… dans cette ville injustement méconnue et quelque peu dénigrée par ses voisines plus prestigieuses que sont Reims et Troyes. Constatez de vous-même que les quatre photographies ci-dessous vont dans le sens de cette introduction.

Châlons, maisons à colombages

St-Alpin toute englobée dans le bâti urbain

préfecture et jardin de Châlons

ancien couvent XVIIe s.

Je ne suis pas venu déambuler sans but mais pour redécouvrir Robert Antral en ses murs : il naquit dans cette ville en 1895 et y séjourne jusqu’en 1899 année du décès de sa mère, c’est alors qu’il devient parisien tout en conservant, comme le fera sa femme un attachement affectif certain à sa ville natale.

L’exposition présente plus d’une centaine d’oeuvres qui retracent le parcours de ce peintre figuratif et économe en effets qui mourut jeune en 1939. Ainsi peut-on contempler bien des ports, des scènes, des paysages et quelques travaux d’illustration d’ouvrages.

L’impression d’ensemble laisse s’écouler une sorte de sérénité bon enfant, toute contenue dans des tons le plus souvent froids mis en valeur par de larges touches englobant des surfaces où la lumière jaillit des toits, de l’eau, des ciels ou de la neige. Un peu celle de ce jour à Châlons où, d’appartion en cachette le soleil s’habituait au phénomène des giboulées de mars survenu tardivement cette année et restituait sur les toitures, dans les flaques et les nuages l’atmosphère des visions d’Antral. Je donne seulement quelques exemples non commentés, localisés à la souris pour ne pas déranger votre propre observation et parce qu’il est préférable que vous veniez. Ou bien encore, mais c’est moins riche d’émotions, achetez le catalogue au prix très abordable référencé plus bas.

Antral, cavalier

Sous-bois au cavalier, aquarelle, 48,3 x 31,7cm, Nantes, Musée des Beaux-Arts,

Antral, Granville

port de Granville, huile sur toile, 54 x 65 cm, Paris, musée d’Art moderne de la ville

port de Toulon par Antral

port de Toulon, huile sur toile, 50 x 65 cm, coll. particulière

Antral, Paris, Panthéon

Paris, le Panthéon, huile sur toile, 54 x 65 cm, coll. Lucien Menez

Antral, bords de Marne à Châlons

bords de Marne à Châlons, aquarelle, 32 x 47,6 cm, musée des Beaux-Arts et d’archéologie de Châlons

Et pour finir cette note de manière figurative, pourquoi pas un buste de Robert-Louis Antral exécuté par le sculpteur Léon Borgey (1888-1959) et offert à la Ville de Châlons par Madeleine Antral veuve de l’artiste, en 1953 ?

buste d'Antral, bronze de Léon Borgey

Robert-Louis Antral, buste de bronze par Léon Borgey, cire perdue d’Attilio Valsuani, 1952

A supposer qu’en quittant Antral il vous reste quelque liberté, prenez l’escalier et repérez quelques sculptures, meubles, tableaux -flamands notamment et même une galerie ornithologique très riche (2818 individus ! dont la grande outarde qui parcourait naguère nos plaines), façon cabinet de curiosité… Pour ma part j’ai sélectionné une tête d’évêque en pierre provenant de Notre-Dame-en-Vaux (dont le cloître à lui seul vaut une découverte) et un aperçu général de la galerie. J’avais souligné d’entrée que Châlons méritait bien votre visite…alors il vous faudra même revenir !

tête d'évêque musée de Châlons

galerie d'ornithologie

 

« …quoiqu’il soit l’un de nos plus cultivés peintres actuels, Antral n’est souillé d’aucune littérature, il a devant le monde une vision directe. »  Henri Vendel (conservateur d’alors et bibliothécaire) in ‘le Journal de la Marne’, 1940

Catalogue de l’exposition : ANTRAL, Musée des Beaux-Arts et d’archéologie de Châlons-en-Champagne, 2010

Exposition ouverte du 5 février au 29 août 2010

 

Musée : Place Alexandre Godart 51022 Châlons-en-Champagne

Tél : 03.26.69.38.53. Mél : musee.mairie@chalons-en-champagne.net

 

 

La Russie et Paissy, curieuse rencontre.

Allez donc faire se rencontrer ces deux-là, drôle d’idée. Un espace géant, un espace minuscule et partiellement souterrain. Et bien justement il y a du souterrain là-dessous.
Dans les multiples galeries souterraines de Paissy, en un endroit donné figure, inscrit  au charbon de bois : 1814.

1814 écrit au charbon de bois sur la paroi

Ailleurs, un peu plus loin on devine gravée dans la paroi rocheuse une liste de noms propres et des mots tels que peur, cachés… Alors l’historien de service fait une rapide recherche :

1814 à Paissy

Mais oui c’est vrai existait à Hurtebise avant la Première Guerre mondiale un monument du reste remplacé par un autre de nos jours. Et puis à l’horizon au-delà et un peu caché par un château d’eau la silhouette de l’empereur se détache sur l’horizon plat du Chemin des Dames. Massif et lorgnant, c’est lui, Napoléon. Alors tout s’explique d’un coup. 1814 ce sont les dernières batailles d’un empire français acculé par les ennemis en nombre, des sursauts à Montmirail et puis ici encore le 7 mars.
Et à quelques enjambées à l’occident une église se découpant sur le ciel : Saint-Remy de Paissy, remplacée de nos jours par une autre, comme le susdit monument . Toujours est-il qu’au soir de la bataille, certains des braves villageois de Paissy, n’eurent qu’une idée en tête : châtier les ennemis prisonniers, leur faire payer diverses exactions. Bien que quelques habitants aient secouru des blessés, d’autres ont été achevés et certains prisonniers ont été enterrés vivants après avoir été grillés sur de la paille enflammée : nos sources sont contradictoires ! Ce qui fâche des officiers russes. Les Russes et c’est de bonne guerre se mettent donc en chasse des Paissois détrousseurs de cadavres. Voilà nos villageois contraints de trouver refuge dans une ancienne carrière de pierres qu’ils connaissent bien. L’ennemi les y retrouve, bouche les entrées/sorties et y met le feu. Onze Paissois vont mourir dans les boyaux, enfumés comme blaireaux et renards. « Un de nos témoins, M. Billiard, était dans la carrière avec sa mère. Le nombre de personnes qui périrent atteignit le chiffre de onze » relate l’instituteur dans une monographie de Paissy rédigée en 1888. Les autres, connaissant des galeries ignorées de l’ennemi parvinrent à s’échapper. Quelle histoire !

La Russie ensuite n’inquiète plus Paissy. Ni la France. Mieux même une véritable russomania se met en place à la fin du XIXes. dans le contexte des recherches d’alliance. Ainsi une convention d’assistance militaire est signée dès 1891 entre la France et la Russie et ratifiée officiellement par les Etats en 1893 et 1894. Elle met fin à la stratégie de Bismarck et scelle l’alliance franco-russe.

buvard des « Entremets Francorusses » établissement « La Confiserie Franco-Russe » fondé par Emile Cornillot en 1896

Vous ne me croirez pas mais Paissy joue le jeu et s’invite indirectement à la table des grands, fait la fête et lève son verre au tsar Alexandre III. Incroyable, non ? Lisez-vous-même :

le Conseil municipal lève son verre à la santé d'Alexandre III

Procès-verbal du Conseil Municipal de Paissy le 15 octobre 1893

(l’amiral Avellan commandait l’escadre russe ancrée à Toulon)

Chacun alors pressentait la guerre mais personne ne savait que son imminence allait provoquer tant de souffrances et de deuils. Avec Louis-Robert Carrier-Belleuse et son frère Pierre (dont le père Albert-Ernest Carrier de Belleuse sculpteur célèbre était né à Anizy-le-Château en 1824) on préférait s’illusionner d’une guerre rapide, vivement victorieuse grâce à la force de nos armées et celles de nos alliés :

victoire des Alliés vue et illustrée par L.-R. Carrier-Belleuse

A l’heure où des pourparlers discrets font écho à ces anciennes alliances dans les couloirs de la diplomatie française, ce jour de la venue du Président de Russie, M. Dmitri Medvedev, il n’est pas sans intérêt de signaler qu’un modeste village du Chemin des Dames caché dans les creux de ses falaises, Paissy, a subi, avec bien d’autres lieux, les péripéties qui lui ont été imposées par l’histoire de la Nation. Espérons du moins que de nos jours la grande Russie, la France et nos voisins puissent construire un espace de paix en Europe, dans une commune Maison Europe comme aiment à formuler les Russes. Saint-Petersbourg et l’Ermitage Oui, Leningrad et la guerre Non.

Dans la neige, des traces, des tracés.

Paissy, ravin du Mourson enneigé

Une fois laissée en son lointain stratifié, la plaque neigeuse, tout près, garde la trace de ses passants, indique leurs moeurs, leurs élans.

traces d'un merle

un merle a atterri, ses ailes et ses pattes révèlent son passage.

et la vieille motte, comme le hérisson se planque sous ses pointes

motte herbue devenue hérisson de neige

traces de garenne

la marche du garenne dans la neige en petits bonds tranquilles

et celle pataude du blaireau, chut… taisson(s)-nous !

traces de blaireau

on dirait la patte d’un petit ourson, d’un fouisseur né

gros plan sur trace de patte de blaireau

traces à la sortie du terrier

marche assurée du blaireau dès la sortie du gîte

coeur de neige

sur l’antique rocher la neige trace un coeur ourlé de broderies alors que sur le plateau du Chemin des Dames, quelques mètres plus haut

vieux rouleaux

elle renforce la rudesse du plateau en hiver par le contraste du métal des vieux rouleaux et la mise en avant d’une mâchoire d’acier aux dents broyeuses ; tout cela  par oubli de grasse graisse grince et grelotte.

crosskill

coudrier = noisetier

le général hiver n’en finit pas de manifester sa victoire… alors qu’en contrebas

pente enneigée paisible

la fine couche neigeuse renforce les lignes et les structures organisées par le fontainier auprès de la mare.

Sur la lune : certains n’ont pas voulu croire à cet exploit magique. Mais qui refusera de voir en cette sculpture appuyée la trace des semelles de sabots de votre serviteur ?

traces de semelles dans la neige

et la gendarmerie vous dira que c’est du 41 Made in France.

Mais là. Fichtre, quel bazar ! « bien que sous un joli toit protecteur… »

abri pour plante gélive

Vous trouverez la réponse en compagnie de Hermann Hesse dans une lettre qu’il envoie le 20 février 1934 à Gunter Böhmer :

« Le grand cactus devant l’atelier, qui cette année a passé pour la première fois l’hiver dehors, bien que sous un joli toit protecteur, me cause du souci. Nous ignorons encore s’il s’en sortira ou s’il a gelé… »

Hermann Hesse, Brèves nouvelles de mon jardin. Calmann-Lévy, 2005    depuis Freude am Garten, Insel Verlag Frankfurt am Main, 2002

P.S. : pour ce qui est du ‘joli toit protecteur’, chacun appréciera.

…pas très catholique !

Largement déployée par les médias ces jours derniers l’expression « pas très catholique » employée par M. Georges Frêches fait effectivement partie du registre populaire français. Dire que dans sa bouche elle fut neutre est une affaire entre lui et sa conscience mais elle pouvait et fut relevée dans la mesure où elle fait référence à M. Laurent Fabius.

Mme Martine Aubry chante-t-elle pour autant l’une des célèbres rengaines des Années Trente ? C’est à voir ou à entendre…

En effet écoutant avec attention : « c’est un mauvais garçon » je ne peux m’empêcher d’y découvrir une analogie de mots sinon de sens avec l’affaire qui occupe la pré-campagne des Régionales. Le refrain de cette chanson extraite et inspirée du film de Jean Boyer et Raoul Ploquin « Un mauvais garçon » (1936) interprétée par Henri Garat en 1936 (Emile-Henri Garat 1902-1959) est le suivant :

« C’est un mauvais garçon, il a des façons pas très catholiques, on a peur de lui quand on le rencontre la nuit, c’est un méchant P’tit gars, qui fait du dégât sitôt qu’il s’explique ; mais y a pas mieux pour donner de grands frissons qu’un mauvais garçon »

L’écriture bleue n’est qu’un clin d’oeil de ma part et ne saurait avoir aucun lien avec la querelle évoquée ci-dessus. Au reste le fait d’employer des tournures d’expressions populaires permet bien évidemment de jouer sur les mots quand on a assez de sagacité dans le maniement de la langue. Le plus souvent nos politiques n’en manquent pas.

Autant le dire en chantant. Ou en écoutant la chanson, par exemple sur ‘Youtube‘ telle que référencée ci-dessous, ou bien de manière plus approfondie sur le site de l’INA http://www.youtube.com/watch?v=Am9xDJgzvHo

http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/CAF91031349/henri-garat.fr.html

Henri Garat

Henri Garat, photographie dérobée au site « Encinematheque » ici :

http://encinematheque.net/seconds/S40/index.asp

Au pied de la lettre des douceurs inattendues : un citoyen au coeur tendre.

« Rethel 6 floreal an 4

Vous me renderiez service mon cousin / si vous vouliez bien m’acheter a Charleville /

Un mord de bride dans la forme / du mord anglais. Le mien est un / peut rude pour mon cheval qui / à la bouche tendre. Vous me / livreriez par la premiere ocation /

            Si messsieurs nos arbitres ne / veulent pas finir, il faudera brendre / un autre party.

Mille choses a la cousine salut amities

Gorges martinet

Ma femme plaide pour /

faire un petit garçon

 

adresse : Citoyen michaux

huissier du tribunal

a Charleville »

Une de ces surprises qui remplit de bonheur, des mots doux dans la lettre. Une lettre du 25 avril 1796 quand la Révolution abandonne certaine férocité venue des extrèmes et transite vers quelque chose de nouveau par l’étape incertaine du Directoire.

Pas de difficulté à comprendre ces mots (excepté le passage des ‘arbitres’ et du ‘party’ à suivre, incompréhensible par absence de contexte plus développé) laissés ici dans l’orthographe et la forme du document. On retiendra que ce citoyen Martinet prend soin de son cheval dont il veut éviter une blessure à la bouche, ainsi que de sa femme qu’il souhaite accompagner dans ses visées maternelles. Heureuses et tranquilles perspectives donc, à Rethel à la fin du XVIIIe s.

Lettre du 25 avril 1796 Georges Martinet vous semblez honnête homme !

AVEc CESAR sur l’Aisne

Vous l’avez vu, contemplé sur tous supports de communication depuis l’an passé, depuis que l’un de ses plus beaux bustes a été découvert dans le Rhône à Arles. Lui était venu, avait vu, avait vaincu selon la vie que mène souvent un général.

buste de César découvert à Arles

buste de César trouvé à Arles, publié sur Paperblog

Peut-être ne savez-vous pas qu’il est venu le long des rives de l’Aisne et qu’il a rédigé des notes sur sa campagne militaire ? que les lieux qu’il a parcourus, que les camps qu’il a installés ou occupés sont encore décelables de nos jours ?

Sans entrer dans le détail du récit nous allons suivre quelques paragraphes qui vont nous servir de guide dans cette balade rémo-romaine, suessionne, belge… Les passages césariens qui concernent notre région se situent au livre II,ch. I à XI, pp. 45 à 50 de l’édition Garnier Flammarion de 1964.

César apprend la révolte des peuples belges et transporte ses légions afin de la combattre. Sur place il reçoit l’appui des Rèmes, sans doute pas fâchés de pouvoir se libérer de leurs encombrants voisins Suessions en cas de victoire des Romains. Dès lors …« il se hâta de faire passer à son armée la rivière de l’Aisne, qui est à l’extrême frontière des Rèmes, et y plaça son camp. »

Vous vous doutez bien que nombreux furent par le passé des chercheurs ou indigènes qui cherchèrent à s’approprier les lieux de ce récit et dès le XVIIIe s. des luttes acharnées voient s’opposer les tenants de telle ou telle localité. Napoléon III, empereur féru d’archéologie gauloise propre à fortifier l’appartenance des Français à une nationalité bien identifiable (ah, ces vains débats…), fit conduire des fouilles au lieu-dit ‘Mauchamp‘, commune de Juvincourt, excavations qui furent positives quant à l’identification d’un fossé de camp romain provisoire. Dans les années soixante et au-delà dans le XXe s. d’autres travaux permirent de confirmer l’hypothèse, appuyés par des photographies aériennes prises par mon frère Michel lors de la sécheresse de 1976. Dès lors est-il possible d’affirmer qu’il existe bien à Mauchamp des vestiges d’un camp de César correspondant au récit qu’il fit lui-même de son expédition. Sur place on voit peu mais on accepte la probabilité de l’existence de ce camp en ce lieu car rien ne contredit cette localisation.

Camp de César à Mauchamp Napoléon III

Plan du camp de César à Mauchamp (Juvincourt-et-Damary) lors des fouilles de Napoléon III, reproduit par Lambot et Casagrande en 1997, Carte Archéologique de la Gaule, L’Aisne 02, Paris, 2002, p.268.

Marchons avec les légions : …« A huit milles de ce camp était une ville des Rèmes nommée Bibrax : les Belges lui livrèrent en passant un grand assaut. » S’en suit un récit des combats et les Rèmes par leur député Iccios interposé sont amenés à demander des secours d’urgence à César. Ce dernier envoie alors des Numides, des archers crétois et des frondeurs baléares. Après un bivouac dans la plaine, des combats de cavalerie alentour, le général décide alors de renforcer la défense de la colline. « Il fit creuser aux deux extrémités de la colline un fossé transversal d’environ quatre cents pas, au bout de ces fossés il établit des forts… » 

vue satellite du camp gaulois de Saint-ThomasSaint-Thomas, le Vieux Laon ou Camp des Romains

Saint-Thomas, « le vieux Laon » ou « Camp des Romains », photographie extraite et retouchée à partir du site « Géoportail »

Nous sommes bien là en présence d’un oppidum gaulois typique que les fouilles de Gilbert Lobjois publiées en 1965 ont clairement identifié comme tel. De plus un ramassage de surface a permis plus récemment de trouver une pièce de monnaie attribuée à Ibiza, l’une des îles Baléares et on a lu la présence des frondeurs baléares nommés par César (renseignement de M. J. Terrrisse, archéologue rémois dans une communication de sa part à l’Académie Nationale de Reims en janvier 2010). De plus cette fortification est à 12 km du camp de César sur l’Aisne, soit les huit milles mentionnés par César. Depuis ce camp César fait combattre ses troupes, vers le nord et l’ouest. La situation est complexe, les belligérants ne se décidant pas à franchir une zone marécageuse. Les Belges finirent par décider de contourner l’obstacle et d’attaquer César vers la Miette et l’Aisne, dans la zone géographique de son premier camp. Ils sont finalement battus et poursuivis.

le camp des Romains au sol

la colline puis les contreforts du Chemin des Dames au nord-ouest du camp

Le camp des Romains puis la plaine et le plateau du Chemin des Dame vers le nord-ouest.

L’Histoire a parfois des répliques étranges. Dans le même secteur de cette bataille de l’Aisne de 57 avant J-C eurent lieu les combats de Napoléon contre les armées impériales en 1814, et au printemps 1917 les terribles combats d’infanterie et des chars d’assaut lors de l’offensive Nivelle.

César se dirige ensuite vers Soissons et fait le siège de l’oppidum de Noviodunum (à Pommiers), ‘capitale’ des Suessions,  qu’il ne prend pas mais devant l’ampleur des travaux de terrassement menés par les Romains pour le siège, les Suessions préfèrent se rendre. L’oppidum est parfaitement visible aujourd’hui mais le camp d’attaque et de siège installé par César ne l’est pas. Sur la photographie ci-dessous extraite de Google Earth j’ai entouré d’un rapide trait vert l’oppidum et en rouge la situation probable du camp de César qui, de toute évidence ne pouvait être qu’à proximité. Soissons se trouve dans l’angle à droite en bas de l’image et c’est au premier siècle après J-C qu’elle va se développer en tant que cité romaine.

l'oppidum de Noviodunum à Pommiers

La rivière Aisne ici en bleu sépare l’oppidum de l’emplacement de Soissons. L’oppidum est du type « éperon barré » très répandu parmi les modes d’installation défensive gauloise.

Les fortifications romaines (ou = gallo-romaines) sont des plus rares dans notre région : elles n’avaient pas lieu d’être puisque la frontière avec les autres peuples non romanisés = « limes » était située beaucoup plus à l’est. Un cas cependant des plus significatifs est celui du camp romain dit d’Arlaines, sur la commune de Ressons-le-Long. Découvert dès 1810 et assez convenablement fouillé au milieu du XIXe s. par des membres de la Société Archéologique de Soissons il présente toutes les caractéristiques connues d’un camp militaire permanent de la fin du Ier s. après J-C. Les fouilles de cette époque et celles menées par M. Reddé de 1976 à 1983 permettent même de déceler une étape initiale avec défenses de terre et de bois puis une seconde période avec murs en pierres. L’objet de cette note n’est pas de développer l’histoire ou les acquis de cette fouille dont on trouve facilement des compte-rendus en bibliothèque.

Je termine cet article en montrant à mes lecteurs et lectrices deux photographies puisées sur Google Earth, images qui précisent les difficultés de l’exercice d’observation aérien. Des photographies de l’IGN, de MM. R. Agache et M. Boureux entre autres ont apporté bien des renseignements sur ce camp hors intervention archéologique. Ici j’utilise ce moyen bon marché pour l’internaute qu’est l’imagerie satellitale et qui dans certains cas favorables permet de lire, en annonant certes, dans les sols. Sur la première, datant de 2004, dans les céréales, on ne voit rien du tout ; sur la suivante de 2006, sur terre nue, la partie ouest du camp, est presque lisible et je l’ai renforcée par un traitement logiciel adéquat (à l’intérieur du trait vert). Voyez vous-même et peut-être serez-vous surpris d’interpréter des formes que César et ses successeurs avaient antérieurement suggérées par l’écrit, à l’époque des faits. Cependant ne pensez pas trouver beaucoup de vestiges enfouis sur Google Earth car les conditions idéales sont rarement présentes pour faciliter cet exercice pourtant si précieux à l’archéologue historien. Celui-ci s’émerveille forcément quand il peut, par une sorte de hasard heureux, associer textes et réalité terrain en une même lecture de l’Histoire.

un champ cultivé quelque part le long de l'Aisne

au même lieu, en des temps différés, possibilité ou non de voir apparaître des indices archéologiques.

camp romain d'Arlaines à Ressons-le-Long

Les fossés et l’ordonnancement du camp se signalent à l’observateur aérien.

Copenhague en habits verts, si je veux, si je peux.

C’est bien de volonté dont il s’agit dès lors que l’on s’efforce de mieux gérer l’environnement. Les Indiens des plaines savaient faire, bien d’autres encore. Nos ancêtres lointains aussi. Mais la pollution de l’environnement par l’homme a déjà des siècles d’existence. Mais l’extermination des espèces… Mais la concentration des pollutions et son stockage pour des siècles… = cependant accélération des faits de nos jours avec lesmoyens technologiques dont nous disposons.

Bref le citoyen peu lettré, peu au fait des relations complexes entre l’homme et l’environnement ne parvient pas à faire la part des choses et se lasse des informations sur le sujet. C’est du moins ce que je crois comprendre en fréquentant le café du commerce du coin. Pourquoi ?

La raison première est la difficulté pour l’esprit à comprendre des évolutions peu visibles au prime abord. Ainsi sur ce blog j’ai tellement dit et raconté autour du spectacle de la nature que le premier lecteur venu aura l’impression qu’il n’y a pas changement de mon environnement depuis que le monde est monde. De même l’archéologie et la géologie sont compréhensibles par des initiés d’abord. Les spécialistes ne font jamais assez attention à cette réalité. Localement, sur ce secteur du Chemin des Dames, le facteur déterminant d’une relative préservation de la nature, qui laisse croire à l’immuable, est curieusement la destruction et ce paradoxe n’est pas perceptible immédiatement. En revanche la chute de la densité démographique consécutive au grand chambardement de la guerre est très présente dans les esprits.

Explication : aussitôt le premier conflit mondial tout mon secteur géographique a été profondément modifié ; nature et constructions saccagées, au point que l’on a pensé que cette « zone rouge » demeurerait à jamais irrécupérable pour l’homme. Du même coup tous les revers de pente jadis occupés de vergers et vignes ont été colonisés par la force de la nature : espaces gagnés de broussailles, de bosquets épars puis de forêt aérée. Là-dedans prospérent quantité de plantes et d’animaux que je photographie et vous montre. Mais si je vais chercher dans mes souvenirs et dans des inventaires anciens je constate la grande faiblesse actuelle de la biodiversité, même en ce paysage épargné. Au-dessus la « grande culture » use les sols et tue par traitements insecticides et fongiques ou suppression de zones en friches, en bordures, talus…, en-dessous la pression humaine gagne : chacun sa part de responsabilité. Mais presque personne ne s’en rend compte puisque cela n’est visible que par comparaison et étude. Souvent seuls des drames majeurs induisent hélas des réactions salutaires.

La raison seconde est le sentiment d’impuissance devant le phénomène, lié au manque d’espoir sous-jacent à l’état d’esprit actuel des ‘civilisés’ occidentaux. Lutter pourquoi et comment ? Les grandes institutions ont été tant décriées que l’on n’attend plus rien d’elles (état, église, armée, justice…), l’absence d’espoir dans le progrès des sciences a un effet paralysant, alors que l’aspiration au progrès avait été le moteur de l’occident entre 1850 et 1950 environ (rappelez-vous la belle scène chez Pagnol où le jeune instituteur développe devant la classe le fabuleux progrès qui vient, -scène d’ailleurs admirablement retranscrite dans le film). Sans espoir et sans but précis une partie de l’humanité occidentale erre à la recherche d’un seul immédiat, d’un présent d’ailleurs non présent ou peu présent sans futur attendu, espéré. Alors engager de grands débats écologiques, entreprendre des réformes qui pour certaines sont ‘mieux que rien’ -il faut le dire- n’attire absolument pas le peuple ces jours-ci, au moins en dehors de quelques espaces privilégiés urbains. Des enseignants font ce qu’ils peuvent, des politiques aussi, des religieux également. Mais si vous transformez ces représentants par l’institution qu’ils représentent vous constaterez immédiatement qu’il y a du pain sur la planche pour modifier la perception que nous en avons le plus souvent : Peu de motivation  pour apprendre, connaître, diffuser ; trop peu d’intérêt pour la chose publique ; évaporation de l’idée de Dieu. Et puis, alors que les scientifiques avaient mis le doigt là où ça fait mal depuis des lustres, les intervenants sus-nommés ont pris le train en marche et n’ont rien devancé. Alors fatalement ils tombent du marche-pied quand ce train prend de la vitesse. Et de haut aussi.

Voilà ce sera tout pour ces deux notes tristounettes sur le rendez-vous de Copenhague signalé par ce blog d’ordinaire optimiste et illustré, au sens propre du terme. Un point pourtant : dites et répéter autour de vous que la nature est le bien le plus précieux pour l’homme, à peu près à égalité avec un travail compris et presqu’aimé. L’écologie et le souci de l’Homme doivent aller de pair dans la mise en place d’un monde nouveau dont les soubresauts nous inquiètent et que seul le vouloir vivre ensemble dans un but choisi pourra atténuer les effets néfastes.

Faisant dérouler mon texte je m’aperçois que « zone rouge » apparaît en premier lieu. J’ai vu en ces termes et mis en valeur un intérêt imprévu quant à la préservation de la biodiversité. Nous sommes dans la zone rouge mais je suis sûr que les hommes vont mettre du vert : ils aiment la complémentarité, les contrastes de couleur et la couleur même. Alors vive le vert de Copenhague !