Archives pour la catégorie carnet personnel

La peur du gendarme n’effraie en rien l’épeire diadème.

Sachant que l’habit ne fait pas le moine, tiré à quatre épingles, un ‘gendarme’ ou ‘Suisse’ (Pyrrochorus) prend la poudre d’escampette. Abusé, prenant vessies pour lanternes, il s’élance sur le fil comme il ferait sur un pont de lianes. Le rouge et le noir lui vont si bien, le protègent tant d’ordinaire des coups de becs qu’il en oublie que les oreilles ennemies sont toutes ouïes. « Vas où tu veux, meurs où tu dois ! » bravache il n’en a cure et se soucie comme de l’an 40 de toutes ces fariboles entendues, colportées, oubliées.

gendarme ou suisse = Pyrrhocoris apterus

Pyrrochorus apterus

Las, comme la misère sur le monde, la flèche qui vole en plein midi, l’ennemi fond sur lui, le pique, l’endort. Attend quelque peu, revient. Se dit ‘qu’un tien vaut mieux que deux tu l’auras’. L’emballe de cent tours de soie. Quel (co)con pense-t-il un peu tard.

fils de soie de la tégénaire recouvrant un insecte

du producteur au consommateur, emballage très écolo pour cette tégénaire

Plat de roi ? Je ne sais. L’épeire diadème (Araneus diadematus), semble apprécier, qui laisse ses sucs en sauce préparer le mets.

au final un beau cocon pour une table bien mise et bien garnie

autre toile d'une autre espèce, à l'horizontale

Ces beaux jours d’automne que nous apprécions permettent d’observer tous ces drames, ces facéties de la nature. La rosée du matin tend dans les rayons du soleil naissant des constructions fabuleuses qu’il faut regarder patiemment, faisant varier l’angle de vue qui va permettre la meilleure mise en valeur de cette architecture :

toiles des épeires revêtues de rosée

l’espèce Epeire, Araneus diadematus, construit des toiles admirables et parfaitement fonctionnelles

Quant aux enfants ils savent rendre la perception immédiate et juste de ce type de scène naturaliste telle l’expression ci-dessous recueillie sur « la toile du web » et issue apparemment d’une école de Doue en Seine-et-Marne, sauf erreur de ma part. Le site a pour source :

http://cyberechos.creteil.iufm.fr/cyber19/Environ/index.htm

une courte vidéo de la même scène :‘gendarme’ emballé par une tégénaire

 

 

Braine : En son couronnement, en son assomption Notre-Dame veille, et saint Yved..

ne pas vous faire lanterner

Perfection géométrique de la tour-lanterne de Saint-Yved de Braine

 s’approcher en douceur

Saint-Yved depuis la route de Fère-en-Tardenois

paisible coup d'oeil la-haut, en montée vers 'La Folie'

Saint-Yved de Braine

nef raccourcie, flèche absente mais quelle présence !

Entrons enfin, car là est notre contentement

l'oeil parcourt l'espace agréablement flatté par la douce harmonie d'ensemble

Que Dieu vous bénisse !

Christ bénissant de Braine

Christ bénissant à la clé de la chapelle des fonts

et Marie de même, avec Jésus :

Notre-Dame de Braine

Vierge à l'enfant assise, en pierre, avec traces de polychromie, dernier quart du XIIe siècle, sauf la tête de la Vierge qui est moderne

cependant que les anges encensent :

ange thuriféraire de Braine

la fumée d'encens lancée par l'ange nuit à la netteté de la photographie mais embaume l'espace de la chapelle mariale de Braine. Habile sculpteur qui anime pour toujours la pierre.

Malicieux, le sculpteur a presque caché un autre ange décorant la clé des voûtes du choeur :

ange caché dans une boule de végétaux à Braine

inattendue exubérance végétale, dont a profité l'oiseau pour son nid et qui cache encore un peu plus un ange blotti là

tandis qu’un autre devient portefaix au tympan, à moins que, les anges étant asexués, elle ne soit cariatide. Traces de polychromie verte et pourpre :

ange supportant une charge, Braine

et que vibrent les couleurs mises en scène par Jacques Gruber à la fin des Années Vingt et jusqu’en 1934:

vitrail des béatitudes à Braine par Jacques Gruber

toutes les verrières de Braine ont été composées par le peintre verrier Jacques Gruber dans un style allant de l'Art Déco le plus vif à une figuration plus sage en référence aux imagiers du XIIIe siècle

rose du transept sud de Braine par Jacques Gruber

Notre-Dame de Braine vue par Jacques Gruber dans la rose du transept sud illustrant les Vertus de Marie

sculptures XVIe s Braine

sculptures du XVI e siècle, ayant sans doute orné une poutre de gloire, de nos jours dans la chapelle des fonts

vie de Marie par Jacques Gruber dans les verrières de Braine

deux scènes illustres inscrites dans un quadrilobe et une mise en scène toute médiévale pour les verrières de la chapelle mariale de Braine par Jacques Gruber

et maintenant retournez-vous, sortez en esprit et voyez :

tympan de Braine, le couronnement de la Vierge

comme si vous étiez dehors contemplez cette scène du Couronnement de Marie par le Christ, scène remontée à Braine en 1970 et présentée avec d'autres éléments au revers de la façade actuelle

Dormition de la Vierge au tympan de Braine

Dormition de la Vierge au tympan de Braine, sur le linteau, en vis-à-vis d'une Assomption aujourd'hui disparue

Cette trop courte présentation de l’abbatiale Saint-Yved de Braine devrait vous inciter à venir sur place observer l’un de ces joyaux médiévaux qui sont la renommée du Soissonnais et du Laonnois, en dépit des énormes destructions de 1914-1918. Elevée vers la fin du XIIe siècle ou le tout début du XIIIe siècle, l’abbatiale des ex-chanoines prémontrés de Braine fondée en ce lieu vers 1130 doit une part de sa splendeur à la richesse des initiateurs de la nouvelle église dont la tradition donne la date de 1216 pour sa consécration. Elle découle de la volonté d’Agnès et de Robert de Dreux, frère du roi de France Louis VII. Elle servit ensuite de nécropole à cette famille de Dreux et présentait dans l’église de splendides tombeaux de bronze émaillé dont nous n’avons conservé que des dessins aquarellés qui en disent assez la richesse et la dextérité d’exécution. Bâtie selon les proches modèles de Soissons et de Laon, elle inspira Saint-Michel en Thiérache, Notre-Dame de Trêves et la Sainte-Chapelle de Dijon. Malmenée lors des guerres du XVIe siècle elle fut vendue en 1793 et heureusement restaurée en grande partie sous la Monarchie de Juillet.

plaque marquant l'emplacement de l'ancienne façade de l'abbatiale

Utilisée chaque semaine lors des offices, elle est généralement ouverte au public lors des après-midi d’août et lors des Journées Européennes du Patrimoine en septembre (merci à celles et ceux qui assurent ces animations).

Dans un style proche on rencontre à proximité les églises de Mons-en-Laonnois, Orbais l’Abbaye et le souvenir de l’ancienne église détruite de Mont-Notre-Dame. Des vestiges de son tympan sont présents au Musée Saint-Léger de Soissons et des fragments de ses vitraux dans la cathédrale de Soissons.

Pour en savoir plus lire par exemple l’excellente synthèse rédigée par M. Dany Sandron dans :

Dany Sandron, La Picardie gothique, Autour de Laon et Soissons, l’Architecture religieuse, Paris, A. et J. Picard, 2001, p.110-119.

 

Taille de guêpe

L’homme aime beaucoup rendre perceptibles ses déclarations en accentuant ses propos à l’aide d’images, de comparaisons et certaines d’entre elles sont si prisées qu’elles deviennent locution. Ainsi en est-il de la forme du corps de la guêpe et autres hyménoptères de même allure qui montrent une quasi rupture entre thorax et abdomen.

Le mot ‘guêpe’ au sens figuré au XIXe siècle désigne une personne à l’esprit fin et rapide, d’où l’expression : « pas bête la guêpe ». S’en suit un relatif oubli, puis en 1939 Arletty, dans le film  » Circonstances atténuantes » remet à l’honneur notre insecte avec la nouvelle expression : « pas folle la guêpe » encore conservée aujourd’hui.

Quant à la taille fine, très à la mode vers les années 1880, elle prend en anglais l’appellation de ‘wasp wait’ = taille de guêpe‘ depuis la création de la ‘Gibson Girl‘ par Ch. Gibson en 1887. Mais n’oublions pas que le mot guêpière trouve son origine au XVIe siècle en France, [guespière]mot désignant une sorte de corset serré à la taille et la faisant ressortir. L’habit ne faisant pas le moine, venons-en cependant à l’insecte lui-même.

Il se trouve que cette année, à l’été d’abord précoce avant que d’être frais et humide en juillet, certaines espèces d’hyménoptères, dont certaines guêpes ont été favorisées par ce type de climat. Ainsi ai-je pu photographier; à cause d’une destruction hélas nécessaire car en un lieu de passage obligé, le nid de l’espèce Dolichovespula media. En voici quelques images.

coupe d'un nid de Dolichovespula

on observe les étages successifs enveloppés à mesure dans des couches isolantes, hauteur 20-30 cm

Dolichovespula media, alvéoles

de la régularité dans le travail

larve de Dolichovespula media

larve de Dolichovespula en phase tardive

reine de Dolichovespula de profil

reine de Dolichovespula media, légèrement plus grande que les ouvrières

Cette espèce, à la différence de la guêpe commune, Vespula vulgaris, construit à l’extérieur. Elle mesure environ 15 à 22 mm de long contre 11 à 19 mm pour l’espèce commune. Elle peut présenter sur son clypeus tout jaune (entre yeux et mandibules) de face, un bâtonnet vertical noir.

face de Dolichovespula media

entièrement jaune comme ici (reine) ou bien avec bâtonnet vertical

le thorax de la Dolichovespula media ressemble fort à celui du frelon

Dans le nid dont il est question étaient rassemblées environ 200 individus et plusieurs dizaines de larves réparties sur les étages d’alvéoles empilées.

Cette guêpe que piquante vous craignez, qu’à taille de guêpe et esprit subtil vous louez, vous raillez, vous… voyez-là ci-dessous telle qu’illustrée dans l’excellent blog graphiste : ‘Design et Typo le Blog‘ à partir de la revue « L’essentiel de la Mode« , année 1943, juin.                                                                   http://paris.blog.lemonde.fr/2011/08/01/l%E2%80%99officiel-de-la-mode-les-archives-de-la-mode-depuis-1920-publication-2/  

couverture de l'officiel de la Mode, juin 1943

retour temporaire de la 'taille de guêpe'

 

Piégeur piégé

« Tel est pris qui croyait prendre » mais l’erreur reste humaine. Dans un article du journal « Le Monde » en date du mardi 19 juillet 2011, hier donc, page 8, ‘Planète’, madame Catherine Vincent publie « le massacre illégal d’oiseaux sauvages, une pratique très répandue en Europe. »

Remarques judicieuses et chiffres fournis à partir des données de Bird Life, de Face et de la LPO hélas probablement aussi vraies que peuvent l’être des sources se référant à des pratiques illégales. On lit, on s’émeut et une fois de plus l’erreur reste humaine. Les pratiques ancestrales ne sauraient se justifier par l’habitude dès lors que l’on sait que bien des espèces sont en danger à cause des hommes affairés à la production et oublieux de la préservation.

L’erreur est également humaine, selon l’acception ordinaire de l’adage quand la journaliste légende : « Un pinson piégé ». Peut-être a-t-elle été poussée vers cette erreur par « Nicolas Lelièvre, de Sud-Ouest » ? Toujours est-il que ce pauvre pinson est un chardonneret, ce qui ne change rien à son sort ni à la teneur de l’article.

un chardonneret pris au piège

chardonneret élégant (Carduelis carduelis)

Cet article du ‘Monde‘ me remet en mémoire une lettre que j’avais adressée en juillet 2005 à Madame Laurinda Dixon, chercheure américaine, après la lecture de l’un de ses articles dans la revue « FMR » aujourd’hui disparue dans sa version française, lettre dont voici le contenu résumé :

« Madame, je viens de lire l’article que vous avez publié dans la revue FMR au sujet de « la tentation de Saint-Antoine ».
… …Un oiseau qui figure à deux reprises est un chardonneret, une fois sous sa forme ‘normale’, [je ne dispose pas ici des photographies dont il s’agit et ne peux donc les joindre, du moins dans l’immédiat. La copie par copier/coller rend de plus bien imparfaite la présentation de cette note, veuillez m’en excuser chers lectrices et lecteurs]

une autre fois en représentation symbolique : on perçoit ses ailes avec leur bande alaire blanche caractéristique et variable. Dans ce second cas on peut lire également qu’il s’agirait de la plante qu’il affectionne et qui lui donne son nom : le chardon.
A mon sens c’est bien du chardon qu’il s’agit, représenté avec son capitule et son allure épineuse. Il fait office de casque ou de coiffe pour le cavalier (photo absente ici). S’agissant de l’oiseau vous savez qu’il fut souvent représenté avec des « Vierges à l’enfant », plusieurs ayant un enfant tenant un chardonneret. Quant à Jérôme Bosch il le fait figurer également dans « le jardin des délices » et je ne sais quelle signification vous lui avez trouvée dans vos travaux. On lit aussi qu’il était associé à l’Enfant Jésus à cause d’une légende médiévale selon laquelle, il devait sa tache rouge à une goutte du sang du Sauveur. Le Christ, en route vers le calvaire, l’aurait éclaboussé alors qu’il descendait sur sa tête pour lui arracher une épine du front. … … Chez Hildegarde de Bingen le chardonneret est dit chaud. Le chardon est également pris en compte au chapitre des plantes mais je n’ai pas l’ouvrage dans ma bibliothèque.
S’agissant de la plante on la trouve citée avec un emploi médicinal : notamment ses graines qui contiennent de la silymatine efficace pour lutter contre les infections ou empoisonnement. Sur les tableaux de ‘Vierge à l’enfant’ on dit parfois que l’oiseau représenterait l’âme, mais la plante dont les feuilles présentent des marbrures blanches sont parfois associées au « lait de la Vierge ».
Une variété répandue porte le nom de ‘Chardon-Marie‘. (Carduus marianus) Le nom de chardon-Marie vient d’une jolie légende du Moyen âge. La Vierge Marie, voulant cacher l’enfant Jésus aux soldats d’Hérode le Grand le dissimula sous les larges feuilles d’un chardon. Dans sa hâte, quelques gouttes de lait tombèrent de son sein sur les feuilles de chardon, qui en ont gardé une trace héréditaire près de leurs nervures. Je n’ai pas le texte originel de cette légende mais peut-être le connaissez-vous ? Autrefois il était utilisé comme substitut de l’ergot de seigle. Mais quand ? Cela est cependant assez curieux pour être signalé ici.

Une autre espèce, très proche d’aspect, Eryngium campestre, ou Chardon Roland était utilisée contre certaines maladies de la peau.
On aurait alors une double allusion, plante et oiseau associés. Reste à trouver comment rapporter cela au ‘mal des ardents’, à moins que vous n’ayez déjà trouvé la solution ? Le chardon entrait-il dans la composition des remèdes ?
L’espèce Cnicus benedictus contient de la cnicine qui peut provoquer des brûlures dans la bouche. On l’utilise en usage externe contre les engelures. Tout cela est en accord avec la maladie soignée par les Antonins. »

Nous voilà ainsi entraînés, au travers des mailles du filet, à de plus amples réflexions qui vont bien au-delà de l’erreur d’illustration qui m’a servi d’amorce. Il est certain que l’Homme ferait bien de réfléchir avant d’agir comme le montre, entre autre et s’il le fallait, cette évocation du chardon et du chardonneret. Merci donc, Madame Catherine Vincent, de m’avoir permis involontairement ce vagabondage culturel.

 

Lumières d’orage

L’été est là et d’un coup sa lumière habituelle fait place à un étrange éclairage connu et craint tout à la fois. Dans le même temps de lourds nuages d’abord fixes se déplacent en tous sens et des tourbillons de vents tempétueux font ployer les arbres, onduler leurs rameaux et soulever de menus débris du sol.

Vous avez deviné l’approche de l’orage.

 

nuages d'avant l'orage
peu avant de lourds nuages emplissent le ciel et semblent conquérir l’horizon

       Puis l’affaire se précise. Les teintes vives s’estompent et font place à une lumière laiteuse qui enrobe tout. Les verts deviennent bleutés puis gris puis jaunâtres, suivant les lueurs dans le ciel tourmenté. Peu avant le paroxysme un jaune orangé terreux suinte de partout :

début d'orage

Sauve-qui-peut ! On est dedans, on attend. L'éclatement va se produire.

Alors tout peut arriver, la crainte est vive. De grosses gouttes explosent que la lenteur du déclenchement de l’appareil convertit en têtards :

des gouttes d'orage

attendues les gouttes d'orage laissent craindre néanmoins la grêle.

Puis la pluie omniprésente jaillit d’un horizon l’autre, dans tous les sens, portée par des vents en bourrasques imprévisibles.

pluie d'orage

à choisir entre 'bâche qui perce' ou 'vache qui pisse'

La période du romantisme d’abord a maintes fois privilégié cette forme d’intempérie pour la traduire en mots, en couleurs et sonorités : Chateaubriand, Hugo… Rousseau, Troyon et toute « l’école de Barbizon« , suivis d’autres, et Beethoven et cent autres depuis. Les cimbales et toutes variétés de caisses ont résonné dans tant de ‘symphonie fantastique’. En peinture le rendu technique de l’éclairage le plus proche qui me soit venu à l’esprit en observant le ciel devant ma vue est celui plaqué de main de maître sur un panneau peint à l’huile par Constant Troyon, appartenant aux collections du ‘Musée Pouchkine’de Moscou. Il date de 1851 et s’intitule justement ‘avant l’orage’. Splendide restitution, voyez ci-dessous :

scène d'avant orage brossée par Troyon

une exactitude des tons et de l'ambiance à couper le souffle (d'Eole ?)

Image subtilisée à Jean Bourete, L’école de Barbizon et le paysage français au XIX ème siècle, Ed. ‘Ides et calendes’, Neuchatel,1972, 272 p.

André Gide, dans ‘les nourritures terrestres’ (1897) décrit ainsi le phénomène météorologique et son ressenti :

« …Le ciel s’était chargé d’orage et toute la nature attendait. L’instant était d’une solennité trop oppressante, car tous les oiseaux s’étaient tus. Il monta de la terre un souffle si brûlant que l’on sentit tout défaillir ; le pollen des conifères sortit comme une fumée d’or des branches. Puis il plut. »

J’aime beaucoup également le synthétisme abrupt et signé de Jean Giono, ici à partir de ‘Jean le Bleu’ (1932) :

« …Les rossignols du lavoir chantaient encore. L’orage maintenant tenait tout le rond du ciel. »

Soleil et lumières d’été de retour roulent les dernières billes de glace, simple jeu naturel vécu comme tel quand, par chance, les éléments déchaînés n’ont pas causé de dégâts.

pour jouer

France et Allemagne à Cerny-en-Laonnois et Paissy

Samedi 21 mai 2011 le Mémorial de Cerny-en-Laonnois accueille une famille allemande venue manifester sa volonté d’honorer un ancêtre tué au Chemin des Dames en mai 1917. Une plaque de marbre fut posée dans le Mémorial. Après quelques brefs discours orientés dans le sens de la réconciliation franco-allemande, un moment de recueillement et des évocations historiques (dont la rencontre de De Gaulle et Adenauer en juillet 1962 *) se sont déroulés dans les cimetières français et allemands.

M. Edgar Gerstner, Mme de La Maisonneuve, M. le Général Pillon
personnalités présentes
délégation du VdK
délégation du VdK
famille Paul Dumont
présence de la famille « sergent Paul Dumont »
dévoilement d'une plaque au "sergent Eduard Miles"
dévoilement de la plaque « sergent Eduard Miles »
plaque au sergent Eduard Miles
sergent Eduard Miles tué ‘au Winterberg’ près de Craonne en mai 1917

Le thème de la journée trouvait un écho l’après-midi à Paissy : le sergent Dumont a en effet été blessé dans cette localité en avril 1917 et là encore une plaque fut posée en sa mémoire dans l’espace jouxtant la Salle Communale où figurent déjà des plaques d’émail relatant des épisodes de la Première Guerre Mondiale en ce village du front.

discours à Paissy
discours des officiels
discours des officiels à Paissy
M. le Général Pillon présente le sergent « Paul Dumont »
plaque "sergent Paul Dumont"

dévoilement de la plaque "Sergent Paul Dumont" à Paissy

"sergent Dumont"

plaque commémorative "sergent Paul Dumont"

Dans le même temps une exposition de documents racontait dans la Salle Communale la présence à Paissy en guerre de Pierre Teilhard de Chardin, celle de l’ancien « Arbre de Paissy » et évoquait la vie des deux sergents :

Pierre Teilhard de Chardin à Paissy
évocation de « l’arbre de Paissy » et de Pierre Teilhard de Chardin
Paul Dumont vu par M. Marc Cola
le sergent Paul Dumont librement interprété en peinture par M. Marc Cola
chope de réserviste 'sergent Miles'

la chope de réserviste du sergent Eduard Miles

carte de décès du sergent Eduard Miles

carte du décès du sergent Eduard Miles

Auparavant, selon les souhaits du Conseil municipal un nouvel « Arbre de Paissy » a été planté à proximité de l’endroit où il était jusqu’en 1914, sur le plateau surplombant Paissy :

explications historiques par M. J.-P. Boureux à côté de M. F. Béroudiaux maire de Paissy

M. Fabrice Béroudiaux maire de Paissy

discours de M. F. Béroudiaux maire de Paissy

extrait du Journal des Marche et Opérations du 4ème RTA en septembre 1914 mentionnant "l'arbre de Paissy" et le décès du Commandant Barrois

En soirée une messe fut célébrée en l’église saint-Remy de Paissy par M. l’abbé S. Servais, aumônier militaire, autour du thème de la paix, de la réconciliation et des textes extraits de l’oeuvre de Pierre Teilhard de Chardin ont été lus par des membres de la famille du Passage-Teilhard.

Que toutes les personnes qui d’une manière ou d’une autre nous ont apporté leur aide ou soutenu par leur présence soient remerciées.

Les photographies de cette page sont de MM. J.-Pierre Boureux et Edgar Gerstner

* cette rencontre n’a pas eu lieu. Dans « La lettre du Chemin des Dames », n°25, été 2012, M. Guy Marival explique comment il est arrivé à cette certitude. En historien objectif il rétablit la vérité sur cet épisode inventé et propagé entre 1962 et aujourd’hui. Pour décevante qu’elle soit, peut-être, seule la vérité importe.

Guy Marival, Enquête sur sur un événement qui n’a pas eu lieu, dans « La lettre du Chemin des Dames », n°25, été 2012, p.3-7.

 

A Reims, les anges sourient de nouveau

Ces derniers jours des forces maléfiques conduites par l’arachnéide Kumo ont régné sur la Cité des sacres

Kumo l'araignée machine

proclamant haut et fort par le moyen d’une propagande subtile crachée depuis les entrailles de la Bête immonde, la puissance des esprits malins

Kumo darde son venin

Pour cela ces diables redoutés ont su obtenir l’alliance de ces vieilles gardiennes cracheuses d’eau (mais par la gueule) que sont les gargouilles

gargouilles de Reims

Même la Reine de Saba, Reine de Midi -habituée aux énigmes et impressionnée par la sagesse de Salomon- et saint Rigobert lui-même et peut-être Isaïe demeuraient interdits, blancs d’effroi devant ces imprévisibles ennemis :

saint Rigobert, la Reine de Saba et peut-être Isaïe à Reims

Puis soudain, à pas de loup, voltigeant sans bruit dans la nuit champenoise du 5 mai 2011, des anges se réunissent en conseil et décident d’un plan d’action, en fait d’une véritable guerre, une guerre d’éclairs, de feu, de vive lumière, et déclenchent immédiatement la Grande Bataille. Avisés quelques Rémois accourent et constatent la merveille

spectacle de lumière Cathédrale de Reims

Assurés du concours céleste, aidés par quelques hommes de bonne volonté les anges contre-attaquent, se lancent à l’assaut de la forteresse encore occupée par l’ennemi. C’est miracle et splendeur de voir la multitude terrestre et céleste gravir l’ancien monument

spectacle de lumière Reims 800 ans Notre-Dame

spectacle de lumière 800 ans Reims

Tumultueux, âpre mais victorieux est le combat. Bientôt la rumeur circule par toute la Cité colportée par les faucons pélerins que les hommes savent dresser

Reims illuminations mai 2011

Des quatre horizons et des quatre fleuves du Paradis la nouvelle se répand, les trompettes sonnent, les tambours battent. Accourez, oyez, venez et voyez ! Les anges victorieux reprennent peu à peu leur place et savourent leur victoire :

l'Ange au sourire et ses compagnons

la Reine de Saba et saint Rigobert ont repris couleurs :

Reine de Saba en couleurs à Reims

Demain le Couronnement de Marie à Notre-Dame de Reims fera à nouveau mémoire des 800 ans de la construction de la cathédrale de Reims

le couronnement de Marie à Reims

et « l’ANGE AU SOURIRE » veillera à nouveau sur la belle Cité de Reims

Ange au sourire de Reims

« …La Reine de Midi se lévera au jour du Jugement… …pour entendre la sagesse de Salomon,

et voici, il y a ici plus que Salomon. »

Luc, 11 : 31

Couronnement de Marie à Reims

l’original de cette sculpture est déposé au « Musée du Tau » au sud de la cathéderale

 

Voici donc ici mis en récit le spectacle que pourront voir les Rémois et les visiteurs à partir de cette nuit du vendredi 6 mai 2011, dans le cadre des nombreuses cérémonies qui vont se dérouler à l’occasion du 8 ème centenaire de Notre-Dame de Reims. Mai 1211-Mai à octobre 2011.

Tous renseignements vous sont accessibles sur le site des « Amis de la cathédrale de Reims » et celui établi par la Ville de Reims :

http://www.amis-cathedrale-reims.fr

http://www.cathedraledereims.fr

Spectacle de lumière par « Skertzo » conception Jean-Michel Quesne et Hélène Richard

« Kumo » = compagnie « la Machine » direction artistique François Delarozières

Texte de cette note et photographies de Jean-Pierre Boureux, reproduction interdite sauf accord de l’auteur, comme il en est des autres notes de ce blogue.

Ces spectables de lumière sont programmés en mai les vendredi, samedi et dimanche à partir de 22 h 30 (3 spectacles de 25 minutes chacun, toute la période)

                                                                     en juin, du jeudi au dimanche à partir de 23 h 

                                                                     en juillet, du mardi au dimanche  »            « 

                                                                     en août,   »                   »                 22 h

en septembre, du jeudi au dimanche à 21 h

                                                                     en octobre, du vendredi au dimanche à 20 h 30 

 

Pour deux sergents au Chemin des Dames

L’un, Paul Dumont, connu par son fait d’armes peu ordinaire d’avoir libéré le Fort de Douaumont, a été blessé à Paissy, canton de Craonne sur le Chemin des Dames, le 16 avril 1917, l’autre, Eduard Miles, sergent de l’armée allemande, fut tué au « Winterberg » près de Craonne le 5 mai 1917. L’un héros presque malgré lui ne s’est jamais lui-même auréolé de sa bravoure, l’autre a trouvé une mort qu’il ne recherchait pas. Les deux sont des soldats du rang entraînés dans une guerre atroce.

Ces faits, ainsi que la décision du Conseil municipal de Paissy de replanter un arbre vers le lieu-dit « l’arbre de Paissy » nous ont incité à organiser une journée franco-allemande du souvenir, placée sous l’égide du Comité du Mémorial de Cerny-en-Laonnois et soutenue par des fondations, associations et dons privés. Elle s’est dès l’origine positionnée dans un esprit participatif familial et non officiel et étayée pour ceux qui le souhaitent par une remembrance religieuse d’inspiration oecuménique dans la lignée de la création du Mémorial et de la volonté de construire une Europe fraternelle.

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Sous l’égide du Comité du Mémorial du Chemin des Dames et des communes de Cerny-en-Laonnois et Paissy 

JOURNEE DU SOUVENIR  FRANCO-ALLEMAND

AU CHEMIN DES DAMES 

Samedi 21 mai 2011

MATIN 

Mémorial de Cerny-en-Laonnois 

10 H 30 : début de la cérémonie

Allocution de Madame de La Maisonneuve Présidente du Comité du Mémorial

Evocation du Sergent allemand Eduard MILES (1885 – 1917) par Monsieur Edgar                       GERSTNER, son petit-fils, puis dévoilement d’une plaque

11 H : fin de la cérémonie officielle au Mémorial


11 H 10 : Evocations historiques dans les cimetières français et allemands : Sergent Paul Dumont (1895 – 1976), héros de Douaumont blessé à Paissy le 16 avril 1917, parrain de la 273ème promotion de l’ENSOA « Sergent DUMONT » avec allocution du Général (2S) Baudouin PILLON. Rappel de la visite de Charles De Gaulle et Konrad Adenauer au Mémorial le 8 juillet 1962 (*)

APRES-MIDI

Commune de Paissy 

15 H :

– Plantation d’un nouvel « Arbre de Paissy » vers son précédent emplacement sur le plateau à la sortie de Paissy vers le ‘Poteau d’Ailles’ (D102), premier chemin pierré à droite ; allocutions de la Municipalité et de M. Jean-Pierre Boureux, historien

15 H 45 :

Hommage de Paissy à Paul Dumont et à des officiers, sous-officiers et soldats de la 38ème Division d’Infanterie du Général Guyot d’Asnières de Salins.

Allocutions et dévoilement d’une plaque commémorative « Paul Dumont »
Visite patrimoniale de Paissy avec exposition d’objets symboliques prêtés par les familles DUMONT et GERSTNER et présentation de documents audiovisuels dont certains inédits.

18 H :

-Messe en l’église de Paissy, en hommage aux combattants de tous les belligérants du Chemin des Dames, et en mémoire des deux sergents E. MILES et P. DUMONT.
L’homélie du Père Servais sera accompagnée de la lecture de textes de Pierre Teilhard de Chardin, caporal brancardier au 4ème RMZT de la 38ème DI durant toute
la Grande Guerre.

sergent Paul Dumont

Photographie officielle du sergent Paul Dumont effectuée par le service photographique des armées en 1916

 (*) cette rencontre n’a pas eu lieu. Dans « La lettre du Chemin des Dames », n°25, été 2012, M. Guy Marival explique comment il est arrivé à cette certitude. En historien objectif il rétablit la vérité sur cet épisode inventé et propagé entre 1962 et aujourd’hui. Pour décevante qu’elle soit, peut-être, seule la vérité importe.

Guy Marival, Enquête sur sur un événement qui n’a pas eu lieu, dans « La lettre du Chemin des Dames », n°25, été 2012, p.3-7.

Organisation :

Jean-Pierre Boureux : jp[arobase]boureux.fr

André Peltre : ajpeltre[arobase]aol.com

Mi-avril au Chemin des Dames

en sous-bois, PaissyChaque année la magie du printemps opère en ces sous-bois lumineux encore ponctués de verts tendres, en ces ravins moussus bruissants d’eaux vives, en ces entrées de carrière et creutes redevenues fraîches.

fontaine

Le ramier choisit de fines branches, envie de bâtisseur, instinct d’éleveur, appel sensuel dans un fracas d’ailes claquantes

ramier

Cette année le morillon (Mitrophora semilibera) abonde, drôle de coiffe et plus encore, et pied granuleux vers le sommet. En groupes.

Mitrophora semilibera ou Morillon

Mi-avril sur ce Chemin des Dames ne peut passer sans rappel des trépassés de ce sanglant printemps 1917. Lisons et relisons le désespoir, les souffrances, la mort partout. Cette année je vous livre un passage de Georges Gaudy extrait de : Le Chemin des Dames en feu (décembre 1916-décembre 1917), souvenirs d’un poilu du 57e d’infanterie, Paris, Plon, 1923.

« [Beaurieux] Cette bourgade aux toits crevés me parut, durant une semaine, un asile délicieux. Le printemps l’égayait. Personne certes ne pensait à la tuerie prochaine. Les hommes dormaient, le ventre au soleil , dans les jardins pillés et piétinés. La rivière n’était pas loin. Elle étendait ses flaques bleues dans la fraîche prairie. Des poilus, sous l’ombre des feuillages légers, allongeaient près de la rive leurs corps nus et bruns, livrant leurs peids meurtris à la caresse de l’eau. » 

Demain à l’aube une détonation fera mémoire de tout cela, de cette tragique « Heure H », lancera paisibles à l’assaut des crêtes pacifiées ourlées de pins des troupes de marcheurs. Au soir, dans le cimetière de Craonnelle ponctué de mille lucioles s’élèveront les chants rythmés d’une chorale venue d’ailleurs. Ainsi sont et résonnent nos « 16 avril » depuis quelques années, comme une litanie douce et amère dans l’éveil du printemps.

« Viens dans les prés , le gai printemps

fait frissonner les vastes chênes,

l’herbe rit, les bois sont contents,

Chantons ! Oh! les claires fontaines ! »

Victor Hugo, Les chansons des rues et des bois, -IV pour d’autres, IX. Hauteville house, octobre 1865.

Cormicy et Jehan Froissart

 

Des Cormiciens sont à la recherche de leur passé, entreprise louable qui a la vertu de fortifier un ancrage positionné dans le temps et assuré par des références historiques fiables. Pour ce faire ils rassemblent des données et engagent des inspections topographiques notamment avec l’implication déterminée d’une association locale nommée « Cormicy, ma ville, son histoire » ou « Cmvsh ».

C’est pourquoi je n’ai pas hésité, devant autant de détermination, à leur apporter mon concours sous la forme d’une visite des dessous de Cormicy d’abord, puis, à cause du peu de ressemblance de ses dessous avec ceux que j’ai pu connaître jusque-là, sous la forme d’une conférence qui se tiendra à Cormicy le vendredi 25 mars prochain à 20 h 30 en la salle ‘omnisports’ de cette bourgade.

affiche conférence JP Boureux à Cormicy

Cette conférence visera à montrer comment travaillent les historiens, bien évidemment à partir des textes mais aussi à partir de l’existant topographique souvent constitué de vestiges ‘virtuels’ qu’il convient d’apprendre à déchiffrer.

Des textes des chroniqueurs Froissart et Knighton décrivant la prise de Cormicy en décembre 1359  seront utilisés à titre de sources patrimoniales pour cette commune et seront interprétés dans une mise en scène présentée par des jeunes de classe de cinquième de Cormicy.

Nous donnons ci-dessous le texte de Jehan Froissart, extrait des « Grandes chroniques de France », dans l’édition de Siméon Luce, Livre 1, 466

  « Quant messire Bietremieus, qui le chastel avoit assieget, l’ot bien aviset et consideret le force et le manière, et que par assaut il ne le poroit avoir, il fit apparillier avec quantité de mineurs que il avoit avoecques lui et à ses gages, et leur commanda qu’ils vosissent faire leur pooir de le forterèce miner, et trop bien il les paieroit. Cilz respondirent : ‘volontiers !’ Adonc entrèrent cil ouvrier en leur mine et minèrent continuelment nuit et jour, et fisent tant que il vinrent moult avant par devant le grosse tour ; et, à le mesure que il minoient, il estançonnoient, et cil dou fort riens n’en savoient. Quant ils furent au dessus de leur mine que pour faire reverser le tour, quant il vorroient, il vinrent à monsigneur Biètremieu, et li disent : ‘sire, nous avons telement appareilliet nostre ouvrage que ceste grosse tour trebuchera, quant il vous plaira’. – ‘Bien est, respondi li chevaliers, n’en faites plus riens sans mon commandement. Et cil disent :’volontiers’.
Adonc monta à cheval messires Bietremieulz et enmena monsigneur Jehan de Ghistelles avoecques li, qui estoit de sa compagnie, et s’en vinrent jusques au chastiel. Messires Bietremieus fit signe que il voloit parlementer à chiaus dedens. Tantost messires Henris de Vaus se traist avant et vint as crestiaus et demanda qu’il voloit. ‘Je voeil dist messires Bietremieus, que vous vos rendès ou aultrement vous estes tout mort sans remède.’ -‘et comment ? respondi li chevaliers françois qui prist à rire ? Jà sommes nous ceens tout hetiet et assès bien pourveu de toutes coses ; et vous volès que nous nos rendons si simplement : ce ne sera jà’. -‘Messire Henri, repondi li chevalier d’Engleterre, se vous saviés en quel parti vous estes, vous vos renderiés tantost et à peu de parolles.’ -‘en quel parti poons nous estre, sire ? respondi li chevaliers françois. ‘Vous isterès hors, dist messire Bietremieus et je vous mousterai, par condition que se vous volès retourner en vostre tour, je le vous acorderai et assegurance jusques adonc’.
Messire Henris entra en ce trettiet et crut le chevaliers englès et issi hors de son fort, lui quatrime tant seulement, et vint là où messires Bietremieulz et messires Jehan de Gistelles le veurent mener. Sitost comme il fu là venus, il le menèrent à leur mine et li monstrèrent comment la grosse tour ne tenoit, fors sus estançons de bos. Quant li chevaliers françois vei le peril, si dist à monsigneur Bietremieu : ‘certainement sire vous avès bonne cause ; et ce que fait en avès, vous vient de grant gentillèce : si nous mettons en vostre volenté et le nostre ossi’. Là les prist messires Bietremieus comme ses prisonniers et les fist partir hors de le tour, uns et aultres, et le leur ossi, et puis fit bouter le feu en le mine.
Si ardirent li estançon ; et quant ils furent tous ars, li tours qui estoit malement grosse et quarrée, ouvri et se parti en deux et reversa d’autre part. ‘Or regardès, ce dist messire Bietremieus à monsigneur Henri de Vaus et à chiaus de le forterèce, se je vous disoie verité’. Il respondirent : ‘sire, oil, nous demorons vostre prisonnier à vostre volenté, et vous remercions de votre courtoisie, car li Jake Bonhomme qui jadis regnèrent en ce pays, se il euissent ensi esté de nous au deseure que vous estiés orains, il ne nous euissent mies fait la cause parelle que vous avès’. »

Bien entendu c’est une transcription en français moderne qui sera présentée par les élèves !

La seconde partie de la conférence portera sur les rapports existants entre le sol et le sous-sol dans la transmission de vestiges du passé qu’il convient de décrypter. Ainsi sera abordée la question de la datation des souterrains, thème difficile s’il en est, à cause du manque de documents écrits et de la similitude des manières de faire dans le temps. L’historien propose des pistes de réflexion et n’avance pas de certitudes, toutefois des hypothèses très fragiles peuvent être abandonnées au profit de recoupements d’idées allant vers un même sens d’interprétation.

La conclusion abordera les thèmes de la conservation et de la mise en valeur de tels vestiges apparents ou cachés, thèmes par ailleurs chers à l’association ‘Cmvsh’.

Cormicy sens dessus dessous ? ou bien plutôt : Cormicy, du sens dessus et dessous ! A entendre pour admettre ou contester.

Bien que ma proposition de dater la plupart des souterrains de la seconde moitié du XVIII e siècle, période fort proche alors que les habitants eussent préférer une haute antiquité à leur vestige, l’accueil de mes propos s’est vu entouré d’écoute attentive. J’ai retenu par ailleurs que les élèves qui ont eu la possibilité, grâce à l’aide de leurs parents et de membres de l’association, de participer à la courte expérience théâtrale, en furent ravis.

Que tous soient remerciés !

éléves de cinquième de Cormicy

élèves de Cormicy et de sa région revisitant Froissart

Rapportée par M. Karl Lagerfeld dans un numéro publicitaire du Monde de mars 2011 la citation du photographe de mode Richard Avedon (1923-2004) :

« il faut s’occuper de la surface pour trouver ce qu’il y a dessous » résume, dans sa simplicité et son in-à propos contextuel, tout l’intérêt de l’observation approfondie dans une perspective d’étude. Nul doute que les souterrains de Cormicy referont surface un jour ou l’autre.

Compte-rendu de cette conférence par lke journal « L »union » en date du vendredi premier avril 2011 à retrouver sur le site du journal ici :

http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/cormicy-histoire-du-village-les-5e-tres-impliques

photographie et article reproduit à partir du journal :