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Piégeur piégé

« Tel est pris qui croyait prendre » mais l’erreur reste humaine. Dans un article du journal « Le Monde » en date du mardi 19 juillet 2011, hier donc, page 8, ‘Planète’, madame Catherine Vincent publie « le massacre illégal d’oiseaux sauvages, une pratique très répandue en Europe. »

Remarques judicieuses et chiffres fournis à partir des données de Bird Life, de Face et de la LPO hélas probablement aussi vraies que peuvent l’être des sources se référant à des pratiques illégales. On lit, on s’émeut et une fois de plus l’erreur reste humaine. Les pratiques ancestrales ne sauraient se justifier par l’habitude dès lors que l’on sait que bien des espèces sont en danger à cause des hommes affairés à la production et oublieux de la préservation.

L’erreur est également humaine, selon l’acception ordinaire de l’adage quand la journaliste légende : « Un pinson piégé ». Peut-être a-t-elle été poussée vers cette erreur par « Nicolas Lelièvre, de Sud-Ouest » ? Toujours est-il que ce pauvre pinson est un chardonneret, ce qui ne change rien à son sort ni à la teneur de l’article.

un chardonneret pris au piège

chardonneret élégant (Carduelis carduelis)

Cet article du ‘Monde‘ me remet en mémoire une lettre que j’avais adressée en juillet 2005 à Madame Laurinda Dixon, chercheure américaine, après la lecture de l’un de ses articles dans la revue « FMR » aujourd’hui disparue dans sa version française, lettre dont voici le contenu résumé :

« Madame, je viens de lire l’article que vous avez publié dans la revue FMR au sujet de « la tentation de Saint-Antoine ».
… …Un oiseau qui figure à deux reprises est un chardonneret, une fois sous sa forme ‘normale’, [je ne dispose pas ici des photographies dont il s’agit et ne peux donc les joindre, du moins dans l’immédiat. La copie par copier/coller rend de plus bien imparfaite la présentation de cette note, veuillez m’en excuser chers lectrices et lecteurs]

une autre fois en représentation symbolique : on perçoit ses ailes avec leur bande alaire blanche caractéristique et variable. Dans ce second cas on peut lire également qu’il s’agirait de la plante qu’il affectionne et qui lui donne son nom : le chardon.
A mon sens c’est bien du chardon qu’il s’agit, représenté avec son capitule et son allure épineuse. Il fait office de casque ou de coiffe pour le cavalier (photo absente ici). S’agissant de l’oiseau vous savez qu’il fut souvent représenté avec des « Vierges à l’enfant », plusieurs ayant un enfant tenant un chardonneret. Quant à Jérôme Bosch il le fait figurer également dans « le jardin des délices » et je ne sais quelle signification vous lui avez trouvée dans vos travaux. On lit aussi qu’il était associé à l’Enfant Jésus à cause d’une légende médiévale selon laquelle, il devait sa tache rouge à une goutte du sang du Sauveur. Le Christ, en route vers le calvaire, l’aurait éclaboussé alors qu’il descendait sur sa tête pour lui arracher une épine du front. … … Chez Hildegarde de Bingen le chardonneret est dit chaud. Le chardon est également pris en compte au chapitre des plantes mais je n’ai pas l’ouvrage dans ma bibliothèque.
S’agissant de la plante on la trouve citée avec un emploi médicinal : notamment ses graines qui contiennent de la silymatine efficace pour lutter contre les infections ou empoisonnement. Sur les tableaux de ‘Vierge à l’enfant’ on dit parfois que l’oiseau représenterait l’âme, mais la plante dont les feuilles présentent des marbrures blanches sont parfois associées au « lait de la Vierge ».
Une variété répandue porte le nom de ‘Chardon-Marie‘. (Carduus marianus) Le nom de chardon-Marie vient d’une jolie légende du Moyen âge. La Vierge Marie, voulant cacher l’enfant Jésus aux soldats d’Hérode le Grand le dissimula sous les larges feuilles d’un chardon. Dans sa hâte, quelques gouttes de lait tombèrent de son sein sur les feuilles de chardon, qui en ont gardé une trace héréditaire près de leurs nervures. Je n’ai pas le texte originel de cette légende mais peut-être le connaissez-vous ? Autrefois il était utilisé comme substitut de l’ergot de seigle. Mais quand ? Cela est cependant assez curieux pour être signalé ici.

Une autre espèce, très proche d’aspect, Eryngium campestre, ou Chardon Roland était utilisée contre certaines maladies de la peau.
On aurait alors une double allusion, plante et oiseau associés. Reste à trouver comment rapporter cela au ‘mal des ardents’, à moins que vous n’ayez déjà trouvé la solution ? Le chardon entrait-il dans la composition des remèdes ?
L’espèce Cnicus benedictus contient de la cnicine qui peut provoquer des brûlures dans la bouche. On l’utilise en usage externe contre les engelures. Tout cela est en accord avec la maladie soignée par les Antonins. »

Nous voilà ainsi entraînés, au travers des mailles du filet, à de plus amples réflexions qui vont bien au-delà de l’erreur d’illustration qui m’a servi d’amorce. Il est certain que l’Homme ferait bien de réfléchir avant d’agir comme le montre, entre autre et s’il le fallait, cette évocation du chardon et du chardonneret. Merci donc, Madame Catherine Vincent, de m’avoir permis involontairement ce vagabondage culturel.

 

Lumières d’orage

L’été est là et d’un coup sa lumière habituelle fait place à un étrange éclairage connu et craint tout à la fois. Dans le même temps de lourds nuages d’abord fixes se déplacent en tous sens et des tourbillons de vents tempétueux font ployer les arbres, onduler leurs rameaux et soulever de menus débris du sol.

Vous avez deviné l’approche de l’orage.

 

nuages d'avant l'orage
peu avant de lourds nuages emplissent le ciel et semblent conquérir l’horizon

       Puis l’affaire se précise. Les teintes vives s’estompent et font place à une lumière laiteuse qui enrobe tout. Les verts deviennent bleutés puis gris puis jaunâtres, suivant les lueurs dans le ciel tourmenté. Peu avant le paroxysme un jaune orangé terreux suinte de partout :

début d'orage

Sauve-qui-peut ! On est dedans, on attend. L'éclatement va se produire.

Alors tout peut arriver, la crainte est vive. De grosses gouttes explosent que la lenteur du déclenchement de l’appareil convertit en têtards :

des gouttes d'orage

attendues les gouttes d'orage laissent craindre néanmoins la grêle.

Puis la pluie omniprésente jaillit d’un horizon l’autre, dans tous les sens, portée par des vents en bourrasques imprévisibles.

pluie d'orage

à choisir entre 'bâche qui perce' ou 'vache qui pisse'

La période du romantisme d’abord a maintes fois privilégié cette forme d’intempérie pour la traduire en mots, en couleurs et sonorités : Chateaubriand, Hugo… Rousseau, Troyon et toute « l’école de Barbizon« , suivis d’autres, et Beethoven et cent autres depuis. Les cimbales et toutes variétés de caisses ont résonné dans tant de ‘symphonie fantastique’. En peinture le rendu technique de l’éclairage le plus proche qui me soit venu à l’esprit en observant le ciel devant ma vue est celui plaqué de main de maître sur un panneau peint à l’huile par Constant Troyon, appartenant aux collections du ‘Musée Pouchkine’de Moscou. Il date de 1851 et s’intitule justement ‘avant l’orage’. Splendide restitution, voyez ci-dessous :

scène d'avant orage brossée par Troyon

une exactitude des tons et de l'ambiance à couper le souffle (d'Eole ?)

Image subtilisée à Jean Bourete, L’école de Barbizon et le paysage français au XIX ème siècle, Ed. ‘Ides et calendes’, Neuchatel,1972, 272 p.

André Gide, dans ‘les nourritures terrestres’ (1897) décrit ainsi le phénomène météorologique et son ressenti :

« …Le ciel s’était chargé d’orage et toute la nature attendait. L’instant était d’une solennité trop oppressante, car tous les oiseaux s’étaient tus. Il monta de la terre un souffle si brûlant que l’on sentit tout défaillir ; le pollen des conifères sortit comme une fumée d’or des branches. Puis il plut. »

J’aime beaucoup également le synthétisme abrupt et signé de Jean Giono, ici à partir de ‘Jean le Bleu’ (1932) :

« …Les rossignols du lavoir chantaient encore. L’orage maintenant tenait tout le rond du ciel. »

Soleil et lumières d’été de retour roulent les dernières billes de glace, simple jeu naturel vécu comme tel quand, par chance, les éléments déchaînés n’ont pas causé de dégâts.

pour jouer

« T’as d’beaux yeux tu sais ! »

Toujours dans l’oreille et l’oeil en dépit de sa date, 1938, cette interjection prononcée par J. Gabin à Michelle Morgan suivant les dialogues de J. Prévert et la conception de M. Carné. Nelly réplique alors : « embrassez-moi !  » Nous sommes dans la transposition du roman « le quai des brumes » de Pierre Mac Orlan, paru en 1927.

Amoureux de nature comme vous savez j’ai succombé aux charmes tout frais tout neufs d’une jeune libellule de marque « grande Aeschne » sortant des ateliers de cette nature très prodigue tant que l’homme ne la tue pas. En effet ses yeux alors encore en construction étaient superbes. La belle avait quitté son exuvie (non retrouvée in situ cette fois) voici peu et prenait de l’ampleur très lentement aux rayons du soleil, agrippée à la première plante venue. J’ai eu tout temps de photographier car elle ne s’est envolée que 36 heures plus tard. Les photos suivantes sont suffisamment évocatrices pour se passer de commentaire. J’ai déjà par le passé, vers 2000, marqué mon intérêt pour cet insecte ici, reproduisant par le dessin aquarellé l’une de ces exuvies :

http://jpbrx.perso.sfr.fr/aeschna.htm

imago de Grande Aeschne

jeune Grande Aeschne aux ailes non perpendiculaires au corps

imago de Grande Aeschne

insecte presque parfait, prêt au vol

thorax et ailes de Garnde Aeschne

demie carlingue en tenue de première sortie

gros plan sur yeux de libellule Grande Aeschne

thorax et tête de Grande Aeschne fraichement éclose

 

A Reims, les anges sourient de nouveau

Ces derniers jours des forces maléfiques conduites par l’arachnéide Kumo ont régné sur la Cité des sacres

Kumo l'araignée machine

proclamant haut et fort par le moyen d’une propagande subtile crachée depuis les entrailles de la Bête immonde, la puissance des esprits malins

Kumo darde son venin

Pour cela ces diables redoutés ont su obtenir l’alliance de ces vieilles gardiennes cracheuses d’eau (mais par la gueule) que sont les gargouilles

gargouilles de Reims

Même la Reine de Saba, Reine de Midi -habituée aux énigmes et impressionnée par la sagesse de Salomon- et saint Rigobert lui-même et peut-être Isaïe demeuraient interdits, blancs d’effroi devant ces imprévisibles ennemis :

saint Rigobert, la Reine de Saba et peut-être Isaïe à Reims

Puis soudain, à pas de loup, voltigeant sans bruit dans la nuit champenoise du 5 mai 2011, des anges se réunissent en conseil et décident d’un plan d’action, en fait d’une véritable guerre, une guerre d’éclairs, de feu, de vive lumière, et déclenchent immédiatement la Grande Bataille. Avisés quelques Rémois accourent et constatent la merveille

spectacle de lumière Cathédrale de Reims

Assurés du concours céleste, aidés par quelques hommes de bonne volonté les anges contre-attaquent, se lancent à l’assaut de la forteresse encore occupée par l’ennemi. C’est miracle et splendeur de voir la multitude terrestre et céleste gravir l’ancien monument

spectacle de lumière Reims 800 ans Notre-Dame

spectacle de lumière 800 ans Reims

Tumultueux, âpre mais victorieux est le combat. Bientôt la rumeur circule par toute la Cité colportée par les faucons pélerins que les hommes savent dresser

Reims illuminations mai 2011

Des quatre horizons et des quatre fleuves du Paradis la nouvelle se répand, les trompettes sonnent, les tambours battent. Accourez, oyez, venez et voyez ! Les anges victorieux reprennent peu à peu leur place et savourent leur victoire :

l'Ange au sourire et ses compagnons

la Reine de Saba et saint Rigobert ont repris couleurs :

Reine de Saba en couleurs à Reims

Demain le Couronnement de Marie à Notre-Dame de Reims fera à nouveau mémoire des 800 ans de la construction de la cathédrale de Reims

le couronnement de Marie à Reims

et « l’ANGE AU SOURIRE » veillera à nouveau sur la belle Cité de Reims

Ange au sourire de Reims

« …La Reine de Midi se lévera au jour du Jugement… …pour entendre la sagesse de Salomon,

et voici, il y a ici plus que Salomon. »

Luc, 11 : 31

Couronnement de Marie à Reims

l’original de cette sculpture est déposé au « Musée du Tau » au sud de la cathéderale

 

Voici donc ici mis en récit le spectacle que pourront voir les Rémois et les visiteurs à partir de cette nuit du vendredi 6 mai 2011, dans le cadre des nombreuses cérémonies qui vont se dérouler à l’occasion du 8 ème centenaire de Notre-Dame de Reims. Mai 1211-Mai à octobre 2011.

Tous renseignements vous sont accessibles sur le site des « Amis de la cathédrale de Reims » et celui établi par la Ville de Reims :

http://www.amis-cathedrale-reims.fr

http://www.cathedraledereims.fr

Spectacle de lumière par « Skertzo » conception Jean-Michel Quesne et Hélène Richard

« Kumo » = compagnie « la Machine » direction artistique François Delarozières

Texte de cette note et photographies de Jean-Pierre Boureux, reproduction interdite sauf accord de l’auteur, comme il en est des autres notes de ce blogue.

Ces spectables de lumière sont programmés en mai les vendredi, samedi et dimanche à partir de 22 h 30 (3 spectacles de 25 minutes chacun, toute la période)

                                                                     en juin, du jeudi au dimanche à partir de 23 h 

                                                                     en juillet, du mardi au dimanche  »            « 

                                                                     en août,   »                   »                 22 h

en septembre, du jeudi au dimanche à 21 h

                                                                     en octobre, du vendredi au dimanche à 20 h 30 

 

Pour deux sergents au Chemin des Dames

L’un, Paul Dumont, connu par son fait d’armes peu ordinaire d’avoir libéré le Fort de Douaumont, a été blessé à Paissy, canton de Craonne sur le Chemin des Dames, le 16 avril 1917, l’autre, Eduard Miles, sergent de l’armée allemande, fut tué au « Winterberg » près de Craonne le 5 mai 1917. L’un héros presque malgré lui ne s’est jamais lui-même auréolé de sa bravoure, l’autre a trouvé une mort qu’il ne recherchait pas. Les deux sont des soldats du rang entraînés dans une guerre atroce.

Ces faits, ainsi que la décision du Conseil municipal de Paissy de replanter un arbre vers le lieu-dit « l’arbre de Paissy » nous ont incité à organiser une journée franco-allemande du souvenir, placée sous l’égide du Comité du Mémorial de Cerny-en-Laonnois et soutenue par des fondations, associations et dons privés. Elle s’est dès l’origine positionnée dans un esprit participatif familial et non officiel et étayée pour ceux qui le souhaitent par une remembrance religieuse d’inspiration oecuménique dans la lignée de la création du Mémorial et de la volonté de construire une Europe fraternelle.

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Sous l’égide du Comité du Mémorial du Chemin des Dames et des communes de Cerny-en-Laonnois et Paissy 

JOURNEE DU SOUVENIR  FRANCO-ALLEMAND

AU CHEMIN DES DAMES 

Samedi 21 mai 2011

MATIN 

Mémorial de Cerny-en-Laonnois 

10 H 30 : début de la cérémonie

Allocution de Madame de La Maisonneuve Présidente du Comité du Mémorial

Evocation du Sergent allemand Eduard MILES (1885 – 1917) par Monsieur Edgar                       GERSTNER, son petit-fils, puis dévoilement d’une plaque

11 H : fin de la cérémonie officielle au Mémorial


11 H 10 : Evocations historiques dans les cimetières français et allemands : Sergent Paul Dumont (1895 – 1976), héros de Douaumont blessé à Paissy le 16 avril 1917, parrain de la 273ème promotion de l’ENSOA « Sergent DUMONT » avec allocution du Général (2S) Baudouin PILLON. Rappel de la visite de Charles De Gaulle et Konrad Adenauer au Mémorial le 8 juillet 1962 (*)

APRES-MIDI

Commune de Paissy 

15 H :

– Plantation d’un nouvel « Arbre de Paissy » vers son précédent emplacement sur le plateau à la sortie de Paissy vers le ‘Poteau d’Ailles’ (D102), premier chemin pierré à droite ; allocutions de la Municipalité et de M. Jean-Pierre Boureux, historien

15 H 45 :

Hommage de Paissy à Paul Dumont et à des officiers, sous-officiers et soldats de la 38ème Division d’Infanterie du Général Guyot d’Asnières de Salins.

Allocutions et dévoilement d’une plaque commémorative « Paul Dumont »
Visite patrimoniale de Paissy avec exposition d’objets symboliques prêtés par les familles DUMONT et GERSTNER et présentation de documents audiovisuels dont certains inédits.

18 H :

-Messe en l’église de Paissy, en hommage aux combattants de tous les belligérants du Chemin des Dames, et en mémoire des deux sergents E. MILES et P. DUMONT.
L’homélie du Père Servais sera accompagnée de la lecture de textes de Pierre Teilhard de Chardin, caporal brancardier au 4ème RMZT de la 38ème DI durant toute
la Grande Guerre.

sergent Paul Dumont

Photographie officielle du sergent Paul Dumont effectuée par le service photographique des armées en 1916

 (*) cette rencontre n’a pas eu lieu. Dans « La lettre du Chemin des Dames », n°25, été 2012, M. Guy Marival explique comment il est arrivé à cette certitude. En historien objectif il rétablit la vérité sur cet épisode inventé et propagé entre 1962 et aujourd’hui. Pour décevante qu’elle soit, peut-être, seule la vérité importe.

Guy Marival, Enquête sur sur un événement qui n’a pas eu lieu, dans « La lettre du Chemin des Dames », n°25, été 2012, p.3-7.

Organisation :

Jean-Pierre Boureux : jp[arobase]boureux.fr

André Peltre : ajpeltre[arobase]aol.com

Mi-avril au Chemin des Dames

en sous-bois, PaissyChaque année la magie du printemps opère en ces sous-bois lumineux encore ponctués de verts tendres, en ces ravins moussus bruissants d’eaux vives, en ces entrées de carrière et creutes redevenues fraîches.

fontaine

Le ramier choisit de fines branches, envie de bâtisseur, instinct d’éleveur, appel sensuel dans un fracas d’ailes claquantes

ramier

Cette année le morillon (Mitrophora semilibera) abonde, drôle de coiffe et plus encore, et pied granuleux vers le sommet. En groupes.

Mitrophora semilibera ou Morillon

Mi-avril sur ce Chemin des Dames ne peut passer sans rappel des trépassés de ce sanglant printemps 1917. Lisons et relisons le désespoir, les souffrances, la mort partout. Cette année je vous livre un passage de Georges Gaudy extrait de : Le Chemin des Dames en feu (décembre 1916-décembre 1917), souvenirs d’un poilu du 57e d’infanterie, Paris, Plon, 1923.

« [Beaurieux] Cette bourgade aux toits crevés me parut, durant une semaine, un asile délicieux. Le printemps l’égayait. Personne certes ne pensait à la tuerie prochaine. Les hommes dormaient, le ventre au soleil , dans les jardins pillés et piétinés. La rivière n’était pas loin. Elle étendait ses flaques bleues dans la fraîche prairie. Des poilus, sous l’ombre des feuillages légers, allongeaient près de la rive leurs corps nus et bruns, livrant leurs peids meurtris à la caresse de l’eau. » 

Demain à l’aube une détonation fera mémoire de tout cela, de cette tragique « Heure H », lancera paisibles à l’assaut des crêtes pacifiées ourlées de pins des troupes de marcheurs. Au soir, dans le cimetière de Craonnelle ponctué de mille lucioles s’élèveront les chants rythmés d’une chorale venue d’ailleurs. Ainsi sont et résonnent nos « 16 avril » depuis quelques années, comme une litanie douce et amère dans l’éveil du printemps.

« Viens dans les prés , le gai printemps

fait frissonner les vastes chênes,

l’herbe rit, les bois sont contents,

Chantons ! Oh! les claires fontaines ! »

Victor Hugo, Les chansons des rues et des bois, -IV pour d’autres, IX. Hauteville house, octobre 1865.

Cormicy et Jehan Froissart

 

Des Cormiciens sont à la recherche de leur passé, entreprise louable qui a la vertu de fortifier un ancrage positionné dans le temps et assuré par des références historiques fiables. Pour ce faire ils rassemblent des données et engagent des inspections topographiques notamment avec l’implication déterminée d’une association locale nommée « Cormicy, ma ville, son histoire » ou « Cmvsh ».

C’est pourquoi je n’ai pas hésité, devant autant de détermination, à leur apporter mon concours sous la forme d’une visite des dessous de Cormicy d’abord, puis, à cause du peu de ressemblance de ses dessous avec ceux que j’ai pu connaître jusque-là, sous la forme d’une conférence qui se tiendra à Cormicy le vendredi 25 mars prochain à 20 h 30 en la salle ‘omnisports’ de cette bourgade.

affiche conférence JP Boureux à Cormicy

Cette conférence visera à montrer comment travaillent les historiens, bien évidemment à partir des textes mais aussi à partir de l’existant topographique souvent constitué de vestiges ‘virtuels’ qu’il convient d’apprendre à déchiffrer.

Des textes des chroniqueurs Froissart et Knighton décrivant la prise de Cormicy en décembre 1359  seront utilisés à titre de sources patrimoniales pour cette commune et seront interprétés dans une mise en scène présentée par des jeunes de classe de cinquième de Cormicy.

Nous donnons ci-dessous le texte de Jehan Froissart, extrait des « Grandes chroniques de France », dans l’édition de Siméon Luce, Livre 1, 466

  « Quant messire Bietremieus, qui le chastel avoit assieget, l’ot bien aviset et consideret le force et le manière, et que par assaut il ne le poroit avoir, il fit apparillier avec quantité de mineurs que il avoit avoecques lui et à ses gages, et leur commanda qu’ils vosissent faire leur pooir de le forterèce miner, et trop bien il les paieroit. Cilz respondirent : ‘volontiers !’ Adonc entrèrent cil ouvrier en leur mine et minèrent continuelment nuit et jour, et fisent tant que il vinrent moult avant par devant le grosse tour ; et, à le mesure que il minoient, il estançonnoient, et cil dou fort riens n’en savoient. Quant ils furent au dessus de leur mine que pour faire reverser le tour, quant il vorroient, il vinrent à monsigneur Biètremieu, et li disent : ‘sire, nous avons telement appareilliet nostre ouvrage que ceste grosse tour trebuchera, quant il vous plaira’. – ‘Bien est, respondi li chevaliers, n’en faites plus riens sans mon commandement. Et cil disent :’volontiers’.
Adonc monta à cheval messires Bietremieulz et enmena monsigneur Jehan de Ghistelles avoecques li, qui estoit de sa compagnie, et s’en vinrent jusques au chastiel. Messires Bietremieus fit signe que il voloit parlementer à chiaus dedens. Tantost messires Henris de Vaus se traist avant et vint as crestiaus et demanda qu’il voloit. ‘Je voeil dist messires Bietremieus, que vous vos rendès ou aultrement vous estes tout mort sans remède.’ -‘et comment ? respondi li chevaliers françois qui prist à rire ? Jà sommes nous ceens tout hetiet et assès bien pourveu de toutes coses ; et vous volès que nous nos rendons si simplement : ce ne sera jà’. -‘Messire Henri, repondi li chevalier d’Engleterre, se vous saviés en quel parti vous estes, vous vos renderiés tantost et à peu de parolles.’ -‘en quel parti poons nous estre, sire ? respondi li chevaliers françois. ‘Vous isterès hors, dist messire Bietremieus et je vous mousterai, par condition que se vous volès retourner en vostre tour, je le vous acorderai et assegurance jusques adonc’.
Messire Henris entra en ce trettiet et crut le chevaliers englès et issi hors de son fort, lui quatrime tant seulement, et vint là où messires Bietremieulz et messires Jehan de Gistelles le veurent mener. Sitost comme il fu là venus, il le menèrent à leur mine et li monstrèrent comment la grosse tour ne tenoit, fors sus estançons de bos. Quant li chevaliers françois vei le peril, si dist à monsigneur Bietremieu : ‘certainement sire vous avès bonne cause ; et ce que fait en avès, vous vient de grant gentillèce : si nous mettons en vostre volenté et le nostre ossi’. Là les prist messires Bietremieus comme ses prisonniers et les fist partir hors de le tour, uns et aultres, et le leur ossi, et puis fit bouter le feu en le mine.
Si ardirent li estançon ; et quant ils furent tous ars, li tours qui estoit malement grosse et quarrée, ouvri et se parti en deux et reversa d’autre part. ‘Or regardès, ce dist messire Bietremieus à monsigneur Henri de Vaus et à chiaus de le forterèce, se je vous disoie verité’. Il respondirent : ‘sire, oil, nous demorons vostre prisonnier à vostre volenté, et vous remercions de votre courtoisie, car li Jake Bonhomme qui jadis regnèrent en ce pays, se il euissent ensi esté de nous au deseure que vous estiés orains, il ne nous euissent mies fait la cause parelle que vous avès’. »

Bien entendu c’est une transcription en français moderne qui sera présentée par les élèves !

La seconde partie de la conférence portera sur les rapports existants entre le sol et le sous-sol dans la transmission de vestiges du passé qu’il convient de décrypter. Ainsi sera abordée la question de la datation des souterrains, thème difficile s’il en est, à cause du manque de documents écrits et de la similitude des manières de faire dans le temps. L’historien propose des pistes de réflexion et n’avance pas de certitudes, toutefois des hypothèses très fragiles peuvent être abandonnées au profit de recoupements d’idées allant vers un même sens d’interprétation.

La conclusion abordera les thèmes de la conservation et de la mise en valeur de tels vestiges apparents ou cachés, thèmes par ailleurs chers à l’association ‘Cmvsh’.

Cormicy sens dessus dessous ? ou bien plutôt : Cormicy, du sens dessus et dessous ! A entendre pour admettre ou contester.

Bien que ma proposition de dater la plupart des souterrains de la seconde moitié du XVIII e siècle, période fort proche alors que les habitants eussent préférer une haute antiquité à leur vestige, l’accueil de mes propos s’est vu entouré d’écoute attentive. J’ai retenu par ailleurs que les élèves qui ont eu la possibilité, grâce à l’aide de leurs parents et de membres de l’association, de participer à la courte expérience théâtrale, en furent ravis.

Que tous soient remerciés !

éléves de cinquième de Cormicy

élèves de Cormicy et de sa région revisitant Froissart

Rapportée par M. Karl Lagerfeld dans un numéro publicitaire du Monde de mars 2011 la citation du photographe de mode Richard Avedon (1923-2004) :

« il faut s’occuper de la surface pour trouver ce qu’il y a dessous » résume, dans sa simplicité et son in-à propos contextuel, tout l’intérêt de l’observation approfondie dans une perspective d’étude. Nul doute que les souterrains de Cormicy referont surface un jour ou l’autre.

Compte-rendu de cette conférence par lke journal « L »union » en date du vendredi premier avril 2011 à retrouver sur le site du journal ici :

http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/cormicy-histoire-du-village-les-5e-tres-impliques

photographie et article reproduit à partir du journal :

 

 

 

 

 

 

 

Mésange à longue queue : Aegithalos caudatus europaeus

Après les semaines hivernales pendant lesquelles de petites bandes de mésanges à longue queue voletaient dans les bois-taillis arrivent désormais, accompagnateurs du printemps, des couples agiles et virevoltants d’Aegithalos caudatus europaeus. Leur queue plus longue que le corps, leur chant aisément reconnaissable une fois identifié, leur quête de mousse, lichen et toiles d’araignée et leur parade nuptiale embellissent certaines journée de mars.

Ainsi ai-je eu la satisfaction ce matin d’observer puis photographier cet élégant oiseau.

mésange à longue queue

Il voltige à l’extrêmité de fines branches, s’y pose et inspecte alentour. Bientôt appelle le congénère en un chuintement peu puissant, en une trille sifflante. Ce dernier répond à l’invite puis vient.

mésange à longue queue

J’observe l’attention de l’oiseau orientée vers son partenaire, elle se manifeste par un léger balancement du corps et un lent déplacement du corps autour ou au long du support, un peu comme ferait une perruche ou un petit perroquet. Une rapide toilette ajoute de la prestance à l’élu.

Aegithalos caudalus europaeus

Voici le couple rassemblé. L’un pique les jeunes bourgeons, l’autre attrape des fragments de toile d’araignée et les organise tant bien que mal en boule en les coinçant dans une fissure du bois.

couple de mésanges à longue queue

Envolée rapide dans un grand épicéa et descente vertigineuse dans l’enchevêtrement des branches et aiguilles suivi, m’a-t-il paru, d’un accouplement des plus fugaces, avant de voleter à nouveau de tiges en brindilles, devant la vitre d’une baie, au long d’un mur refuge de tant de toiles d’araignée si prisées. Soudain, sautillant et lançant sa trille puissante le troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) participe lui aussi aux ébats, joint sa note aigüe au babillage assourdi, se réchauffe dans le levant.

troglodyte mignon

Ainsi viennent, devant ma fenêtre, un printemps et ses hôtes qui, dans l’éclat des trilles, la douceur pastel des couleurs et la frénésie reproductrice clament à tous vents la rupture des temps astronomiques que ce long hiver avait trop longtemps masquée.

Dans un ouvrage presque ancien rédigé par Otto Fehringer(1922), dans une autre musique de langue que la nôtre puisque allemande, ces mésanges sont rattachées à la famille des Paridés -celui de la plupart des autres mésanges visibles ici, alors que désormais elles sont les seules classées dans la famille des Aegithalidés. Cet hiver de nombreuses bandes de la variété A. caudatus caudatus, qui est nordique, ont envahi notre pays ; sa caractéristique principale est la tête blanche. Sur la planche aquarellée par Walter Heubach ci-dessous illustrant cet ouvrage les deux espèces sont représentées.

 

Otto Fehringer, Singvögel

mésange à longue queue par Walter Heubach

Vous n’aurez aucune difficulté à compléter votre information si besoin en cherchant sur le web, mais n’oubliez pas d’abord de guetter l’oiseau, de l’écouter et de bien l’observer dans la nature. Maintes fois répétées dans ces notes de blog ces remarques sont à mon sens capitales : rien ne remplacera jamais l’observation directe de la nature. Les écrans de toute nature qui envahissent nos vies sont un moyen rapide et pratique de s’informer, ils ne mettent cependant pas en branle l’ensemble de nos sens, ne permettent pas un stockage efficace de l’information. Un leurre, un miroir à alouettes alors ? Pas exactement non plus. Plutôt un pis-aller pour l’homme pressé du XXIe siècle qui ne prend pas assez le temps de vivre véritablement, de se passionner assez et donc, dit autrement, de s’aimer lui-même et d’aimer alentour en partageant les biens communs engrangés. Pensez à cela une fois ou l’autre même si vous n’êtes pas alors en présence de cette gracieuse boule de plumes à balancier, car ce qui vaut pour l’oiseau est vrai pour toute autre forme de vie ou d’espace. Quant au temps il perd de sa prégnance dans l’attention vive et concentrée, il s’annihile par oubli tant vous êtes immergés dans l’instant qui …dure, sans avant et sans après perceptibles : un éternel paradis sur terre en quelque sorte.

Frais. Léger. Rémanent. -Sommelier : champagne ?

Quoi donc, ou avec qui ?

Mais la poésie ou certaine littérature sans doute, quelque musique et touches de peinture encore ! Et si j’ajoute des mets puis-je les incorporer au festin de l’esprit ? Ne vont-ils pas engendrer de ces lourdeurs qui ballonnent et le ventre et la tête ? Essayons, les recettes sont d’abord empiriques avant de rejoindre quelque illustre traité.

En ces jours je m’égaie en la compagnie fraîche et légère de James Gressier. Il est probable que vous ne le connaissez pas. Lui demander qui il est serait prudent, [http://www.james-gressier.fr ] à défaut de vous fier à cet avis.

Frais donc, léger aussi. Rémanent ? Son court recueil (30 feuillets disponibles chez : http://www.lesadex.com )  intitulé : « Mémoires d’automne » puise dans l’enfance du poète et dessinateur, en Valois, lors des années quarante. Là est sa propre rémanence. Y en aura-t-il une pour ses lecteurs ? Au futur de l’exprimer.

L’historien a ses rémanences du temps lu, étudié, intégré. Poétique, pourquoi pas. Flash venu de la fin du XIIe siècle d’une auteure dont on ne sait rien ou presque, sinon son nom et sa résidence outre-Manche : Marie de France. Après Hésiode et Esope, avant notre Jean de La Fontaine donc. Peu courageux au clavier ou au scanner j’ai choisi la plus courte des Fables du recueil publié par Françoise Morvan, Marie de France, Fables, chez Actes Sud / Babel, 2010

Avec ces nourritures de l’esprit fraîches, légères et rémanentes comme dit est, l’ami échanson m’a proposé judicieusement l’un de ces breuvages que l’on goûte parmi les collines autrefois du Saint-Empire qualifié encore de romain et même germanique, un « vin de glace », léger, frais, très rémanent.

Comme il est rare que des vers seuls nourrissent et sustentent assez le corps j’ai confectionné pour mes hôtes une recette élaborée par Bernard Loiseau qu’il serait hasardeux et injuste de ne pas associer aux trois adjectifs déjà trois fois énumérés (= abus dangereux). Je vous dis seulement qu’elle comprenait une purée d’oignons ragaillardie d’un coulis de crustacés, lui-même soutenu d’une once de girofle en infusion lente. Je suppose ainsi déclencher chez vous une inoffensive salivation, procédé traître à ne pas suivre souvent si je souhaite encore être lu.

D’autant qu’en accompagnement, notes de fond ou épicerie d’ouïe la pianiste, du bout des doigts, avec fraîcheur et légéreté, égrenait avec délicatesse les mesures de (ainsi titré) « trois morceaux en forme de poires », « pièces froides » et à la demande des hommes (d’armes ?) « vieux sequins et vieilles cuirasses », le tout d’Erik Satie comme on peut l’entendre interprété par Anne Queffélec et Catherine Collard, par exemple, chez EMI, 2002, un CD nommé ‘Serenity’.

Sur ce, amis d’écran, qui me lisez à heure propice , tombez, sombrez dans les bras de Morphée ou d’une autre  personne très chère ou à défaut remontez le fil de ce blog qui commence à s’étendre, le résultat pourrait fort bien être de même effet.

P.S. En amuse-gueule j’avais écrit ‘touches de peinture’. Suggestion ici, pour ne pas alourdir ce menu qui se veut léger et frais je verrais bien -outre un tutti frutti, Edgar Degas avec quelque voile gazeux saupoudré de lumières, de ces tutus de tulle qu’il touchait si bien … au pastel. Alors, mais c’est vous qui déciderez, peut-être conviendrait-il, par surcroît, de ‘sabrer‘ l’un de ces carafons de vin lanceur d’étincelles (‘sparkling wine‘) empli de liqueur ‘pelure d’oignon‘ ou ‘oeil de perdrix‘ qui illustre désormais ma province, la Champagne, dont il a pris tardivement le nom ?

Musée d'Epernay verreries XVIII e siècle

Musée municipal d’Epernay, ensemble de verrerie, XVIIIe siècle, montage et cliché JPB avec l’aimable autorisation de M. le Conservateur

De la chaise à porteurs de Versailles, au mobile, en passant par Google Earth…

Louis XIV appréciait ses promenades fréquentes dans le parc de Versailles qu’il effectuait jeune à pieds, âgé en chaise à porteurs. Il a lui-même rédigé un livret afin de proposer à ses invités une visite descriptive de ses jardins dont voici un court extrait :

« …On ira à la montagne, on fera un demy tour dans la petite allée qui tourne devant que d’entrer dans le centre de l’Etoille, et quand on y sera, on fera un tour de la montagne.

 On ira après à Cérès pour aller au théâtre, on verra les changements, et l’on considérera les jets des arcades »

L’argent offrant toute possibilité de création quelle que soit l’époque, Mademoiselle de Scudéry a bien noté l’effet du pouvoir royal sur la nature, et nous le signale dans son opuscule : « la promenade de Versailles » écrit en 1669 :  « …Je n’ai qu’à vous dire que ce n’est pas une affaire pour lui [Louis XIV] des changer des étangs de place… ….on dirait à vous entendre parler, dit Glicère, que le roi change aussi facilement des étangs de place, qu’on change les pièces du jeu des échecs. »

les jardins de Versailles d'après Google Earth en 2010

Infiniment moins riche que les puissants de ce monde, qui oserait cependant m’interdire un vagabondage planétaire depuis ma tablette, mon mobile, mon Ipad ? Serai-je alors égaré, perdu, désorienté ou bien plutôt, ne trouverai-je pas quelques analogies de formes entre le parc du Roi Soleil, les composants électroniques du circuit assemblés en ordre et des coins de notre planète entrevus lors d’un survol virtuel et réel tout à la fois ? Humm, voyez plutôt, si vous ne me croyez :

montage électronique d'un combiné cellulaire

plaque d’assemblage d’un combiné téléphonique

Abu Dhabi d'après Google Earth en 2010

Abu Dhabi, complexe en aménagement via Google Earth revisité

Revenons sur terre. L’avais-je quittée ? Que nenni mais l’errance profite au rêve et l’enrichit, c’est pourquoi il faut savoir revenir sur le plancher des vaches pour dépenser l’acquit des songes. Voici donc « le coeur des pierres » -ainsi avait décidé de titrer le peintre Guillaume Corneille (Cornelis van Beverloo, 1922-2010, l’un des fondateurs du Mouvement CoBrA, acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) cette huile sur toile de 91,5 x 73 cm, datée de 1955, suspendue aux cimaises d’un ami :

 

Et n’oubliez pas qu’entre Louis XIV et ses allégories partagées avec Le Nôtre et bien d’autres, la richesse aménageuse des émirs et autres princes du monde, votre connexion urbi et orbi, l’imaginaire cornélien, le Koru new-zélandais et votre serviteur = même combat pour le rêve et tourne la planète !

aménagement en terre rapportée

quelque part en Nouvelle-Zélande des hommes ont pris et transporté de la terre, comme ont procédé des seigneurs d’occident des Xe-XIIe siècles avec leurs mottes, basses-cours et autres aménagements de terre, pour mettre en scène un symbole.

Le château de sable édifié à l’âge adulte, n’est-ce pas ?

Heureux parcours, douces rêveries à toutes et tous, le monde en a besoin (également) !