« Le Kodachrome est mort dans le Kansas » titre M. Michel Guerrin, un article étoffé et synthétique publié dans « le Monde » des 1-3 janvier 2011. Ainsi se manifeste l’influence des technologies dans le développement, l’essor et la mort des entreprises, dont ‘Kodachrome’, qui n’a pourtant démérité en rien. Simplement un changement de support qui rend peu à peu obsolète une technique qui s’était pourtant répandue sur toute la surface de la planète ou peu s’en faut. Ce faire-part a réveillé en moi des souvenirs qu’un bain dans les sels d’une enfance revisitée réactive. Laissons apparaître ces reflets d’antan. Des images dont je n’étais pas l’auteur avaient déjà fixé dans les années de l’après-guerre, entre autres ilustrations propres à résurgence, nos galopades insouciantes de cow-boys ou indiens des steppes :

Mais très vite la passion de l’image me vint, elle commença je crois vers 1958 avec la boîte en bakélite toute carrée qui se nommait « Kodak Brownie Flash » et utilisait des rollfilm de 6×6. Au début surtout en noir et blanc, puis peu à peu en couleurs ; ainsi s’ébauchèrent sur le papier mes premières révélations d’une image que j’aimais aussi voir apparaître à la surface de la cuve, en une magie sombre à peine réveillée d’une lueur rouge. Tout un monde ! Les deux photographies suivantes témoignent de cet éveil à l’art photographique et l’on voit d’ailleurs que c’était presque une agence qui oeuvrait alors dans cette expérience qui prit fin en 1961, du moins avec cet appareil.


L’intérêt de cette photographie est, outre son renvoi vers un passé connu de moi, de montrer ce qui reste aujourd’hui de l’une de ces photos enregistrées alors sur film 6×6 positif (peut-être un Agfachrome ?) et placée entre deux minces feuilles de verre dans un support destiné aux projections de diapositives qui allaient connaître une grande vogue dans les années 60. J’ai encore de nombreuses diapositives de cette catégorie, certaines ont assez bien résisté à l’épreuve du temps (en gros 50 ans !), d’autres, à l’image d’un caméléon que je fréquentais alors, sont passées par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
En 1961 ou 1962, bénéficiant du concours d’un frère alors ‘sous les drapeaux’ en Algérie, secteur de l’Oranais, je m’équipe de mon premier reflex, un « Savoyflex Royer », objectif ‘Berthiot’ 50 mm – 1/2.8, svp !

Dès lors des milliers de diapositives dont nombre de ‘Kodachrome’ se sont accumulées en boîtes rectangulaire plastique d’origine, en boîtes rectangulaires métalliques de rangement, en boîtes cylindriques de projection. La plupart sont répertoriées numériquement, beaucoup sont en excellent état de santé, quelques-unes ont un teint blafard virant au bleu, au verdâtre, ou même présentent des attaques de rougeole et autres ponctuations diaboliques et éruptives de maladies de peau.

L’une de ces « diapos » du début des années 60 ; le fabricant, prudent, a bien imprimé sa marque. Si la photo se perd, au moins l’inscription survivra. Un temps.
Pour notre ‘Kodachrome’, 75 ans d’existence est déjà une longue vie, et radieuse : ce support disparaît en pleine possession de ses moyens.
Clic-clac. L’Histoire retiendra.
Il résulte de tout cela que la fin des choses et des êtres est inscrite dans leur commencement et que l’évolution fait naître, souvent à la marge, d’autres choses et êtres qui contiennent, dissimulés, les gènes tueurs de leurs géniteurs. Entrepreneurs souvenez-vous en, inventeurs prenez-en de la graine, révélez-vous !
















Il a donc neigé à Reims ce 8 décembre 2010, comme il arrive en hiver. Pourtant on dit en ville et dans les fauxbourgs que le Général Hiver tente un blocus de notre bonne ville désormais en état de siège au point qu’on ne pourrait plus ni y entrer ni en sortir. Bigre, ça fait froid dans le dos et plus grave, on se les caille. Bien au chaud après avoir accueilli un rescapé de la route très habitué de nos murs j’ai attendu le lendemain pour apprécier la situation.














os et feutrage confondus

























